Les syn­di­cats prêts à mo­bi­li­ser leurs « gros bras »

Des res­pon­sables de la CGT et de FO ont pro­po­sé aux Gi­lets jaunes de mettre à leur dis­po­si­tion leurs ser­vices d’ordre pour pro­té­ger les cor­tèges.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - FAIT DU JOUR -

ALORS QUE SE PRO­FILE un nou­veau sa­me­di noir à Pa­ris avec la crainte des pires dé­bor­de­ments dans la ca­pi­tale, dé­jà vic­time de longues nuits d’émeutes, cer­tains au sein des syn­di­cats ont dé­ci­dé de tendre la main aux Gi­lets jaunes.

Se­lon nos in­for­ma­tions, des res­pon­sables de la CGT et de FO se sont dits prêts ces der­niers jours à mettre leurs ser­vices d’ordre et des moyens d’or­ga­ni­sa­tion à leur dis­po­si­tion. Ob­jec­tif : « sé­cu­ri­ser les cor­tèges de Gi­lets jaunes » et pro­té­ger des cas­seurs, des ul­tras et des vio­lences po­li­cières ces nou­veaux ve­nus dans le mou­ve­ment so­cial et qui, pour beau­coup, n’avaient même ja­mais ma­ni­fes­té de leur vie. Dans leurs offres de ser­vices, des res­pon­sables CGT et d’autres ins­tances syn­di­cales ont pro­po­sé d’en­voyer leurs mi­li­tants en ren­fort, à Pa­ris comme en pro­vince.

DES AP­PELS DU PIED RES­TÉS SANS RÉ­PONSE

« On a fait la dé­mons­tra­tion le sa­me­di 1er dé­cembre dans notre dé­fi­lé de Ré­pu­blique à Bas­tille que, quand une or­ga­ni­sa­tion syn­di­cale est là, les choses se passent bien », sou­ligne un haut cadre de la CGT. « Per­sonne n’a in­té­rêt à une guerre ci­vile, pour­suit-on de même source. Il faut que ce sa­me­di on in­suffle l’es­prit CPE. » Une ré­fé­rence au prin­temps 2006 au cours du­quel les ma­ni­fes­ta­tions étu­diantes contre le contrat pre­mière em­bauche, fi­na­le­ment aban­don­né, avaient été sou­te­nues par plu­sieurs syn­di­cats qui avaient par­ti­ci­pé au ser­vice d’ordre. Pro­blème : les ap­pels du pied aux Gi­lets jaunes sont res­tés sans ré­ponse.

« La dif­fi­cul­té est que l’on ne sait pas vrai­ment à qui s’adres­ser, on ne ne connaît même pas les lieux de ren­dez-vous de sa­me­di. On a lan­cé nos ha­me­çons et main­te­nant on at­tend », in­dique-t-on de même source. Pour­tant, les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales, et no­tam­ment la CGT, qui se sont do­tées dès les pre­miers pas du mou­ve­ment ou­vrier de ser­vices d’ordre consé­quents, ont, par le pas­sé, fait preuve de leur ef­fi­ca­ci­té dans l’en­ca­dre­ment des grandes ma­ni­fes­ta­tions. Ain­si, elles ont dé­ployé des cen­taines de mi­li­tants pour re­lé­guer les cé­lèbres black blocs en marge des cor­tèges lors de la contes­ta­tion de la loi El Khom­ri ou des or­don­nances de la loi Tra­vail.

En 2016, la CGT avait même dû re­cru­ter du sang neuf, ache­ter de nou­veaux équi­pe­ments et dis­pen­ser à ses « gros bras » des séances de re­mise à ni­veau face aux tech­niques de gué­rilla ur­baine des black blocs.

CA­THE­RINE GASTÉ ET MARC LOMAZZI

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