Rien n’ar­rête Jul

Le rap­peur mar­seillais de 28 ans sort au­jourd’hui un nou­vel al­bum et pré­pare un concert géant à l’Orange Vé­lo­drome.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - LOISIRS MUSIQUE - PAR MA­RIE POUSSEL

Vous avez peut-être échap­pé à Jul. Pas vos en­fants. Le rap­peur mar­seillais de 28 ans, dont le nou­vel al­bum « la Zone en per­sonne » sort au­jourd’hui, est l’ar­tiste le plus écou­té de l’an­née sur Dee­zer, la pla­te­forme de strea­ming. Une pre­mière place de plus alors qu’il col­lec­tionne les Disques d’or, de pla­tine et de dia­mant de­puis 2014. Plus d’une tren­taine. En cinq ans, 3,5 mil­lions d’exem­plaires écou­lés. Plu­sieurs al­bums en quelques mois, cer­tains mis en ligne gra­tui­te­ment.

Pas éton­nant alors qu’il ait an­non­cé hier un concert évé­ne­ment à l’Orange Vé­lo­drome le 6 juin 2020. « Chan­ter là-bas, c’est le rêve de toute une vie, nous confiait-il hier. J’au­rais ado­ré y jouer plus jeune en tant que foot­bal­leur… J’y se­rai en tant que chan­teur. J’ai ma re­vanche. Jeune, j’avais un abon­ne­ment à l’an­née pour les matchs de l’OM. Je veux faire un concert pour tous les Mar­seillais, c’est l’ac­com­plis­se­ment de ma car­rière. John­ny était ar­ri­vé sur scène en hé­li­co­ptère. Moi, mon truc, c’est la mo­to… » Jul, de son vrai nom Ju­lien Ma­ri, est un ov­ni, comme il l’a chan­té dans un de ses tubes qui cu­mule 63 mil­lions de vues sur YouTube. Un peu moins que « Mon bi­jou », 69 mil­lions, et « Ma jo­lie »… 93 mil­lions. Des chiffres ver­ti­gi­neux qui font de lui l’un des ar­tistes fran­çais les plus po­pu­laires. L’un des plus dis­crets pour­tant.

PAS BE­SOIN DE SE MON­TRER

DANS LES MÉ­DIAS

Avec ses ventes XXL et son mil­lion de fi­dèles sur Ins­ta­gram, pas be­soin de se mon­trer dans les mé­dias. Jul les fuit. « Beau­coup me jugent sans même écou­ter ma mu­sique ou ve­nir me voir à un concert. » Les cri­tiques sont acides, mo­queuses. Prin­ci­pal su­jet de raille­ries : son or­tho­graphe ap­proxi­ma­tive et ses énormes fautes de gram­maire sur les ré­seaux so­ciaux. « Si je vou­lais, je pour­rais écrire mieux. Mais j’ai pris l’ha­bi­tude d’écrire avec mon por­table, même mes textes pour mes chan­sons. Du coup, j’ai une écri­ture tex­to. Main­te­nant si j’écri­vais sans faute, mes fans, ma Team Jul, de­vi­ne­raient tout de suite que ce n’est pas moi. S’il y a des fautes, c’est que c’est moi ! Et ce qui compte le plus au monde, c’est de gar­der ma sin­cé­ri­té, de res­ter simple et tra­vailler beau­coup. » Au point d’avoir sor­ti 14 al­bums gra­tuits et payants en cinq ans. « C’est mon rythme, j’ai tou­jours beau­coup com­po­sé. De­puis que je suis jeune, je rappe tout le temps. Cette an­née, comme je ne fe­rai qu’un disque, j’ai vou­lu qu’il soit double (NDLR : avec 40 chan­sons) pour le prix d’un ! »

PRO­DUIRE TOU­JOURS

ET EN­CORE

Son truc à lui ? « Je tra­vaille tou­jours de la même fa­çon, dans ma chambre. Je ra­conte des choses tristes, j’ai gran­di dans un mi­lieu mo­deste, j’ai connu des dif­fi­cul­tés. J’en parle sur des mu­siques qui donnent en­vie aux gens de faire la fête. Tout ça fait par­tie de mon iden­ti­té. » Il n’en di­ra pas plus, tou­jours dis­cret sur sa vie pri­vée et son par­cours per­son­nel. On sait seu­le­ment que le suc­cès l’a pous­sé à dé­mé­na­ger. « Trop de gens sa­vaient où j’ha­bi­tais, on ve­nait son­ner chez moi à n’im­porte quelle heure de la nuit. Et le jour, j’ou­blie par­fois que je suis Jul et on se jette sur moi. Sor­tir dans la rue, c’est im­pos­sible… Le seul truc que je peux en­core faire, c’est al­ler au drive du McDo. Main­te­nant, je loue des mai­sons pour tra­vailler, comme ça, j’écris dans ma chambre comme à mes dé­buts. »

Pro­duire tou­jours et en­core. Il a même créé son propre la­bel, bap­ti­sé D’or et de Pla­tine comme tous ses disques qu’il a sto­ckés pour l’ins­tant dans son ga­rage, comme la marque de vê­te­ments du même nom. « Dans ce mi­lieu, ce sont les chiffres qui parlent et moi, à chaque al­bum, je dois tra­vailler pour prou­ver que je suis tou­jours là. Et tant pis si je ne peux pas plaire à tout le monde. Je plais dé­jà à beau­coup de gens. »

« La Zone en per­sonne », de Jul, Be­lieve. En concert le 8 no­vembre 2019 à Bor­deaux, le 9 à Tou­louse, le 12 à Lyon, le 13 à Pa­ris à l’Ac­co­rHo­tels Are­na, le 20 no­vembre à Rennes, le 21 à Nantes, le 27 à Am­né­ville, le 28 à Cler­mont-Fer­rand, le 29 mai 2020 à Bruxelles et le 6 juin 2020 à l’Orange Vé­lo­drome de Mar­seille. Les billets se­ront en vente à par­tir du 14 dé­cembre.

“JOHN­NY ÉTAIT AR­RI­VÉ SUR SCÈNE EN HÉ­LI­CO­PTÈRE. MOI, MON TRUC, C’EST LA MO­TO…

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