Gan­so, l’ami de Ney­mar, star ano­nyme à Amiens

Ar­ri­vé à Amiens cet été, l’an­cien grand es­poir du foot­ball bré­si­lien, ami de longue date de Ney­mar, trouve peu à peu ses marques dans une ville où il mène une vie pai­sible.

Le Parisien (Oise) - - LA UNE - DE NOTRE EN­VOYÉE SPÉ­CIALE SAN­DRINE LE­FÈVRE ET DE NOTRE COR­RES­PON­DANT RO­MAIN PECHON À AMIENS (SOMME)

« GAN­SO ? Re­gar­dez ça ! » Jé­rôme, ser­veur aux 3 Cailloux, montre le mo­ment qu’il a im­mor­ta­li­sé sur son smart­phone. « Le jour où il est ar­ri­vé à Amiens, il est ve­nu dé­jeu­ner ici avec son agent, juste avant son ren­dez-vous à la pré­fec­ture. C’était énorme de voir une star comme lui at­ta­blée en ter­rasse. Beau­coup ne sa­vaient pas qui il était, il n’a donc pas été em­bê­té. » La pho­to a été pu­bliée sur la page Fa­ce­book de l’éta­blis­se­ment. « J’ai aus­si une pho­to avec mon fils. Il a 6 ans, quand je lui ai dit que Gan­so était le co­pain de Ney­mar, il a vou­lu al­ler le voir à l’en­traî­ne­ment. »

Au stade de la Li­corne, ils sont nom­breux à louer les qua­li­tés du joueur au­quel tout le monde pré­di­sait, il y a quelques an­nées, un des­tin en­core plus somp­tueux que Ney­mar. « Dès qu’il touche le bal­lon, on sent qu’il peut faire la dif­fé­rence », s’émer­veille Fré­dé­ric. Léo, 12 ans, qui a dé­cou­vert Gan­so « grâce à Fifa et des vi­déos sur YouTube », est plus me­su­ré : « Il n’est pas aus­si fort que Ney­mar mais il est beau­coup plus abor­dable. » « Il ne se com­porte pas du tout comme une star, à la fin des en­traî­ne­ments, il signe des au­to­graphes et il a tou­jours un mot pour les sup­por­teurs, abonde Louis. Sa per­son­na­li­té cor­res­pond à ce qu’on aime à Amiens. »

IL ROULE DANS UNE CITADINE

Entre la ville pi­carde et le joueur, le coup de coeur est réel. « Il se pro­mène en ville avec sa femme et ses deux en­fants en pous­sant la pous­sette, ra­conte l’em­ployé du Chan­ce­lor, un autre res­tau­rant fré­quen­té par l’an­cien joueur de San­tos. Il est ve­nu lun­di, je ne m’in­té­resse pas au foot­ball, je ne l’ai pas re­con­nu, c’est un client qui m’a dit que c’était Gan­so. » Le client en ques­tion est re­par­ti avec son sel­fie.

En deux mois, le Bré­si­lien, qui prend des cours de fran­çais, s’est fon­du dans le pay­sage. Il roule dans une citadine et a long­temps lo­gé dans un hô­tel pas for­cé­ment clin­quant, mal­gré une vue sur la ca­thé­drale. Il s’est mis en quête d’un lo­ge­ment, a vi­si­té un ap­par­te­ment en centre-ville, et au­rait op­té pour une mai­son dans un char­mant vil­lage de 500 âmes.

Sans bruit, Gan­so — pro­té­gé par un club qui évo­luait en Na­tio­nal il y a trois ans et qui croule grâce au Bré­si­lien sous les de­mandes mé­dia­tiques — créé l’ef­fer­ves­cence. A la bou­tique de l’Amiens SC, son maillot flo­qué du no 8 est l’un des deux les plus ven­dus, avec ce­lui de Ghod­dos, l’autre « star » étran­gère de l’équipe. Lun­di, une bou­tique en ligne se­ra lan­cée. « Car on a des de­mandes qui pour la pre­mière fois de notre his­toire dé­passent les fron­tières de l’Eu­rope, note le res­pon­sable de la bou­tique. Il y a in­dé­nia­ble­ment un ef­fet Gan­so et ce se­ra en­core plus fort lors­qu’il mar­que­ra. »

São Pau­lo (Bré­sil), le 6 mai 2012. Alors sous les cou­leurs de San­tos, Ney­mar saute sur les épaules de Gan­so pour le fé­li­ci­ter après son but.

Amiens (Somme), hier. Loin des strass et des paillettes, Gan­so signe un au­to­graphe à un fan après l’en­traî­ne­ment.

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