Les deux Bré­si­liens ne jouent plus dans le même monde

Il y a neuf ans, Ney­mar et Gan­so ont brillé côte à côte au Bré­sil. De­puis, leur car­rière a sui­vi des tra­jec­toires op­po­sées. Les deux amis ne de­vraient même pas se voir cet après-mi­di en marge de PSG - Amiens.

Le Parisien (Oise) - - FOOTBALL - SYL­VIE DE MACEDO

IL Y A NEUF ANS, ils fai­saient les beaux jours du foot­ball bré­si­lien. Au­jourd’hui, l’un est de­ve­nu une star pla­né­taire et l’autre tente de re­lan­cer à Amiens une car­rière au point mort de­puis plu­sieurs an­nées.

« A l’époque où les deux évo­luaient en­semble à San­tos, beau­coup voyaient Gan­so al­ler plus haut que Ney­mar, ra­conte João Hen­rique Marques, jour­na­liste pour UOL Esporte. Il était plus vieux de trois ans et plus res­pec­té. La star, c’était lui. »

Une star avec ses bons et ses mau­vais cô­tés… Lors de la fi­nale du cham­pion­nat pau­liste en mai 2010, alors que son équipe est ré­duite à neuf, l’in­ter­na­tio­nal aux 8 sé­lec­tions re­fuse d’être rem­pla­cé. Son en­traî­neur change ses plans et dé­cide de sor­tir… Ney­mar. « Ils étaient des phé­no­mènes, très com­plices sur le ter­rain, ra­conte Franck He­nou­da, agent de joueurs spé­cia­liste du mar­ché bré­si­lien. Ney­mar, c’était le bu­teur. Gan­so jouait plus en 9 et de­mi. C’était un faux lent. On le com­pa­rait à Rai. Leo­nar­do était fan de lui no­tam­ment. »

Dans la vie, les pro­diges se sont vite liés d’ami­tié. Ney­mar voit en Gan­so « un grand frère ». Ce der­nier le choi­sit d’ailleurs comme té­moin de ma­riage en 2016. « L’ami­tié entre nous a tou­jours été très forte, elle est au­jourd’hui la même qu’à nos pre­mières an­nées chez les pro­fes­sion­nels », dé­cla­rait Gan­so hier dans les co­lonnes de « l’Equipe ». Leurs car­rières ont fi­na­le­ment pris des tra­jec­toires dif­fé­rentes. Op­po­sées même. Gan­so est cou­pé dans son élan en août 2010 après une rup­ture des li­ga­ments croi­sés au ge­nou droit qui le tient éloi­gné des ter­rains pen­dant sept mois. « Il n’a ja­mais re­trou­vé son vrai ni­veau, té­moigne He­nou­da. D’un faux lent, il est de­ve­nu un vrai lent sur le ter­rain. » San­tos par­vient à le vendre à São Pau­lo en 2012. Mais sa condi­tion phy­sique in­ter­pelle et il doit at­tendre 2016 pour avoir sa chance en Li­ga, au FC Sé­ville. L’ex­pé­rience es­pa­gnole tourne au fias­co. En deux sai­sons, il ne dis­pute que 28 matchs (7 buts, 6 passes dé­ci­sives) et reste même six mois sans jouer !

« Il n’a pas l’in­ten­si­té suf­fi­sante pour évo­luer en Eu­rope », di­sait Jorge Je­sus, l’an­cien en­traî­neur du Spor­ting Por­tu­gal. « Ath­lé­ti­que­ment, il a be­soin de tra­vailler. C’est un no 10 à l’an­cienne qui n’aime pas beau­coup cou­rir, re­con­naît Lio­nel Ca­role, le la­té­ral de Stras­bourg, qui a évo­lué à ses cô­tés l’an der­nier à Sé­ville. Mais, tech­ni­que­ment, il est au-des­sus du lot. A l’en­traî­ne­ment, il était sur­tout im­pres­sion­nant sur un pe­tit ter­rain par ses éclairs de gé­nie. J’ai été très éton­né de le voir dé­bar­quer à Amiens à la fin de l’été, car il reste un joueur de grande classe. »

Dans les Hauts-de-France, Gan­so n’a pas en­core fait par­ler tout son ta­lent et reste bien éloi­gné des pro­jec­teurs de la Ligue 1, sou­vent concen­trés sur Pa­ris et Ney­mar. Le néo-Amié­nois s’est fait une rai­son. Son bon­heur est ailleurs. A 29 ans, il sait qu’il au­rait très mal sup­por­té l’hy­per-mé­dia­ti­sa­tion de son ami. A cha­cun son des­tin.

NEY­MAR TÉ­MOIN DE MA­RIAGE

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