Pa­trick Sé­bas­tien sort de son si­lence

Une se­maine après avoir ap­pris qu’il ne se­rait pas re­con­duit sur France 2, l’ani­ma­teur ve­dette est re­mon­té sur scène. Nous y étions.

Le Parisien (Oise) - - LOISIRS - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL MI­CHAËL ZOLTOBRODA À SAINT-DIZIER (HAUTE-MARNE) PA­TRICK SÉ­BAS­TIEN

Vous ve­nez de loin ? Moi, j’ai juste eu à tra­ver­ser la rue pour trou­ver un bou­lot », iro­nise Pa­trick Sé­bas­tien, qui vient d’ap­prendre qu’il ne se­ra pas re­con­duit sur France 2 à la ren­trée, comme nous vous le ré­vé­lions di­manche der­nier. Ça fait mar­rer le mil­lier de spec­ta­teurs de Saint-Dizier (Hau­te­Marne) ve­nus voir son one-man­show « Avant que j’ou­blie ! ».

« Vous vous dou­tez bien que j’ai en­core plus de choses à vous dire », avait pré­ve­nu le sal­tim­banque de 64 ans sur Twit­ter. Cer­tains sont ve­nus spé­cia­le­ment pour connaître « les vrais te­nants et abou­tis­sants » de sa mise à la porte pro­gram­mée après vingt-deux ans de col­la­bo­ra­tion sur le ser­vice pu­blic. Nous les pre­miers. Mal­gré nos de­mandes, l’ani­ma­teur n’a ac­cor­dé qu’une in­ter­view à Thier­ry Ar­dis­son.

« Vous avez bien fait de ve­nir ici plu­tôt que de re­gar­der des conne­ries à la té­lé, lâche Pa­trick Sé­bas­tien. Vous n’avez pas ra­té grand-chose. » Puis l’ar­tiste tacle Lae­ti­cia Hal­ly­day : « John­ny, c’était l’idole. Lae­ti­cia, c’est Lidl ». Vient le tour de Jean-Luc Mé­len­chon, Bri­gitte Bardot et Em­ma­nuel Ma­cron, sa cible pré­fé­rée.

« Tout ce que je vais vous dire, vous ne le ré­pé­te­rez pas », de­mande Pa­trick Sé­bas­tien. Et il pour­suit : « J’en ai vu des cons, sur­tout à la té­lé. Ils au­raient vou­lu que je leur cire les pompes, que je plie… »

PAS DE GRAND DÉ­BAL­LAGE SUR FRANCE TÉ­LÉ­VI­SIONS

Un pas­sage sous la cein­ture sur Fré­dé­ric Lo­pez, un autre pi­quant sur Sté­phane Bern, un troi­sième va­chard sur Laurent Ru­quier, « un col­la­bo […] qui se­rait ton­du à la Li­bé­ra­tion »… Mais pas de grand dé­bal­lage sur France Té­lé­vi­sions, comme at­ten­du. En contrat jus­qu’en juin, l’ani­ma­teur-pro­duc­teur est lié à une clause de non-dé­ni­gre­ment.

A la moi­tié du show, on se dit qu’il ne va pas oser. Et puis si. « Ils sont ca­pables de tout à la té­lé, se lance Pa­trick Sé­bas­tien. Même de me vi­rer parce que je suis un homme blanc de plus de 50 ans. La pa­tronne qui a dit ça (NDLR : Del­phine Er­notte), elle au­rait dit : Y a trop de juifs dans les af­faires ou trop de Noirs dans le foot, ça au­rait fait un tol­lé. Mais là, c’est pas­sé comme une lettre à la poste. »

Des confi­dences, Pa­trick Sé­bas­tien en fe­ra aus­si dans « les Ter­riens du samedi ! », ce soir à 18 h 45 sur C 8. « De­puis une se­maine, je n’ai vu per­sonne. Je n’ai pas re­çu un coup de té­lé­phone, a-t-il confié à Thier­ry Ar­dis­son. On a convo­qué ma femme, qui est la di­rec­trice de ma boîte (NDLR : Ma­gic TV), pour lui dire en cinq mi­nutes : Vous lui di­rez que c’est fi­ni. Au bout de vingt-deux ans, où j’ai fait ga­gner beau­coup d’argent au ser­vice pu­blic, où j’ai créé, où je n’ai ja­mais es­cro­qué le ser­vice pu­blic, j’ai tou­jours mis l’argent à l’an­tenne. C’est quand même un peu violent. » Quand à son ave­nir à la té­lé, Pa­trick Sé­bas­tien a dé­jà une idée : il re­vien­dra sur France 2 quand la di­rec­tion ac­tuelle ne se­ra plus là.

“ILS

SONT CA­PABLES DE TOUT À LA TÉ­LÉ. MÊME DE ME VI­RER PARCE QUE JE SUIS UN HOMME BLANC DE PLUS DE 50 ANS.

Saint-Dizier (Haute-Marne), hier. A la fin de son spec­tacle, Pa­trick Sé­bas­tien a pris le temps de ren­con­trer son pu­blic.

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