Os­lo, une ca­pi­tale sous-es­ti­mée

De toutes les ca­pi­tales eu­ro­péennes, c’est l’une des plus sous-es­ti­mées. La mé­tro­pole nor­vé­gienne ri­va­lise pour­tant d’atouts, dont une na­ture à pro­fu­sion.

Le Parisien (Oise) - - LA UNE - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL À OS­LO (NOR­VÈGE) MICHEL VA­LEN­TIN

Elle se­ra l’an pro­chain « ca­pi­tale verte » de l’Eu­rope et veut in­ter­dire l’ac­cès des voi­tures dans tout le centre-ville en 2020. Mais Os­lo est dé­jà l’une des mé­tro­poles les plus éco­los qui soient, avec un em­pla­ce­ment ma­gique au bout d’un fjord, et une sen­si­bi­li­té à l’environnement et au bien-être que pré­servent ja­lou­se­ment ses ha­bi­tants.

« Ici, la na­ture n’est ja­mais loin », re­marque Vir­gi­nie, une Pro­ven­çale pas­sion­née par la Scan­di­na­vie, qui a pris ra­cine et fon­dé une fa­mille à Os­lo. « No­tez dé­jà l’em­pla­ce­ment de la ville, avec ce fjord. Au­cun ha­bi­tant n’est loin d’un es­pace vert. Mais ce­la ne suf­fit pas. On crée des éco­quar­tiers, comme ce­lui de Vul­kan, une an­cienne zone in­dus­trielle où l’on ex­ploite l’éner­gie géo­ther­mique et qui veut de­ve­nir l’une des vi­trines de la ville. »

Sou­ci en­vi­ron­ne­men­tal va de pair avec vo­lon­té de pro­fi­ter au maxi­mum de la na­ture, et de s’y rendre pour faire du sport. « A Os­lo, rien de plus simple que de prendre ses skis de fond, de mon­ter dans le mé­tro, et d’al­ler skier dans les en­vi­rons ! » ra­conte-t-elle au pied de Hol­men­kol­len, un trem­plin de ski olym­pique, de­ve­nu l’un des sym­boles de la ca­pi­tale, que l’on voit de pra­ti­que­ment par­tout puisque si­tué sur les hau­teurs. Construit en 1892, il a été ré­cem­ment rem­pla­cé par une ins­tal­la­tion plus mo­derne, qui se vi­site, et abrite dé­sor­mais une im­pres­sion­nante tyrolienne.

I EN PAIX AVEC LE NO­BEL

C’est le seul prix No­bel qui ne soit pas dé­cer­né à Stock­holm (Suède). Ce­lui de la Paix est at­tri­bué à Os­lo, au Radhu­set, l’hô­tel de ville. Une bâ­tisse mas­sive, de style an­nées 1930, qui dis­pose d’un hall im­mense, où se dé­roule la cé­ré­mo­nie, et se vi­site. L’ex­té­rieur vaut aus­si le dé­pla­ce­ment. Au­tour de la fon­taine de l’en­trée sont dis­po­sés des ta­bleaux de bois sculp­té re­pre­nant des grandes scènes des my­tho­lo­gies nordiques. La place de l’hô­tel de ville el­le­même mé­rite une pe­tite pro­me­nade, grâce à ses sculp­tures de l’ar­tiste na­tio­nal Vi­ge­land. Sa­chez que le lau­réat du No­bel ré­side par ailleurs dans une suite au Grand Hô­tel, le pa­lace du centre-ville, où l’on peut dî­ner ou dor­mir si l’on casse sa ti­re­lire.

I CRIEZ AVEC MUNCH

De­ve­nu l’un des ta­bleaux les plus ico­niques du monde, « le Cri », d’Ed­vard Munch (pro­non­cez « Mounk ») existe en fait en cinq ver­sions. L’ar­tiste était aus­si tor­tu­ré que pro­li­fique : on le cré­dite de plu­sieurs mil­liers de ta­bleaux, des­sins, sculp­tures, ma­nus­crits… Si deux « Cri » se trouvent au mu­sée qui porte le nom de l’ar­tiste, un troi­sième, qui pré­sente les cou­leurs les plus contras­tées des cinq, est vi­sible à la Ga­le­rie na­tio­nale (Nas­jo­nal­mu­seet.no), au mi­lieu de quelques Pi­cas­so, Renoir, Cé­zanne… Dans la salle (nu­mé­ro 19), le grand jeu des tou­ristes, prin­ci­pa­le­ment asia­tiques, est de se faire pho­to­gra­phier de­vant le ta­bleau, tout en se dé­for­mant le vi­sage comme le per­son­nage peint par Munch.

I VIVE VI­GE­LAND !

Le site le plus vi­si­té d’Os­lo est gra­tuit et ou­vert trois cent soixan­te­cinq jours par an, 24 heures sur 24. Il s’agit du Vi­ge­land­spar­ken, ou parc Vi­ge­land, 320 ha com­pre­nant pas moins de 212 sculp­tures que l’on doit à Gus­tav Vi­ge­land (1869-1943). Une fi­gure his­to­rique de la Nor­vège qui, com­mis­sion­né par la ville et dis­po­sant d’une to­tale li­ber­té, consa­cra quatre dé­cen­nies à son grand oeuvre ! Ce­lui-ci ne fut d’ailleurs ter­mi­né qu’un an après sa mort. Il faut vrai­ment pas­ser un peu de temps pour ap­pré­cier les nom­breuses sculp­tures illus­trant le cycle de la vie. Par­mi celles-ci, un pe­tit gar­çon tout nu en co­lère et tré­pi­gnant sur place, le « Sin­na­tag­gen », est de­ve­nu l’un des em­blèmes d’Os­lo. Non loin, la sta­tue d’un homme nu, au pé­nis bien ap­pa­rent et qui, à force d’avoir été em­poi­gné, a chan­gé de cou­leur, est aus­si fort pri­sée des vi­si­teurs asia­tiques, sur­tout ces dames…

I SUR LES TRACES DES VI­KINGS

C’est en­ten­du, les Vi­kings étaient de grands ex­plo­ra­teurs, qui ont par­cou­ru et mis à feu et à sang à peu près toute l’Eu­rope. Mais on en sait fi­na­le­ment as­sez peu sur leurs mé­thodes de na­vi­ga­tion et leurs em­bar­ca­tions. Des la­cunes que per­met de com­bler, en par­tie, la vi­site du su­perbe Vi­king­skip­shu­set, le mu­sée des ba­teaux vi­kings, juste à l’ex­té­rieur d’Os­lo, sur une pres­qu’île qui abrite d’autres mu­sées. « Il abrite les trois seuls na­vires, des VIIIe et IXe siècles, re­trou­vés et plus ou moins bien conser­vés, ex­plique-ton sur place. Et pour cause : ils ont été en­ter­rés lors des fu­né­railles de per­son­nages sans doute puis­sants, avec du mo­bi­lier fu­né­raire. » Pro­ba­ble­ment aus­si des bi­joux et des ob­jets pré­cieux, mais la plu­part ont été pillés au fil des siècles…

A deux pas de là, le pas­sion­nant Fram­mu­seet (mu­sée Fram) montre que la tra­di­tion de l’ex­plo­ra­tion s’est pour­sui­vie en Nor­vège au fil des siècles. Le « Fram » était un na­vire construit à la fin du XIXe siècle, conçu pour se lais­ser prendre par les glaces afin de dé­ri­ver avec la ban­quise. Une ex­pé­di­tion qui eut un re­ten­tis­se­ment énorme à une époque où le pays se battait pour re­trou­ver son in­dé­pen­dance, et re­pro­duite en 2006 par l’ex­pé­di­tion fran­çaise à bord du « Ta­ra ». Le ba­teau ser­vit éga­le­ment à Roald Amund­sen, lors de sa conquête du pôle Sud, en 1911.

Le Vi­ge­land­spar­ken, ou parc Vi­ge­land, est un vé­ri­table mu­sée à ciel ou­vert. Réu­nis­sant pas moins de 212 sta­tues de Gus­tav Vi­ge­land (1869-1943), le site, gra­tuit, est le plus vi­si­té d’Os­lo. En bronze, en gra­nit ou en fer, les sta­tues re­pré­sentent le cycle de vie de l’être hu­main, de­puis sa nais­sance jus­qu’à sa mort.

Le Hol­men­kol­len, un trem­plin de ski olym­pique de­ve­nu l’un des sym­boles de la ca­pi­tale. Ré­no­vé, il abrite dé­sor­mais une im­pres­sion­nante tyrolienne.

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