Un re­cord… et une bouf­fée d’air frais

Poin­té du doigt hier, comme l’UEFA, par un consor­tium de jour­na­listes eu­ro­péens dont Me­dia­part, le PSG est soup­çon­né d’avoir contour­né les règles qui en­cadrent dé­sor­mais les clubs.

Le Parisien (Oise) - - LA UNE - PAR SÉ­BAS­TIEN NIETO

EN TERMES D’IMAGE, LE PSG PREND UN NOU­VEAU COUP SUR LE CASQUE

C’était branle-bas de com­bat hier dans les cou­loirs du siège du Pa­ris Saint-Germain, à Bou­logne-Billan­court (Hauts-de-Seine), à quelques ki­lo­mètres du Parc des Princes, théâtre quelques heures plus tard de la rencontre face à Lille. Une vé­ri­table cel­lule de crise mon­tée face à l’ur­gence. Vic­to­ria­no Me­le­ro, se­cré­taire gé­né­ral du PSG, nor­ma­le­ment très dis­cret, nous a même ac­cor­dé un en­tre­tien pour por­ter la voix du club rouge et bleu (lire page 18).

La rai­son de cette agi­ta­tion ? Les ré­vé­la­tions, pro­gram­mées de­puis plu­sieurs jours, de Me­dia­part et d’un consor­tium de jour­naux eu­ro­péens, dans le dos­sier dit des Foot­ball Leaks, à propos des re­la­tions entre le PSG et de l’UEFA (lire page 18). Les di­ri­geants pa­ri­siens y sont ac­cu­sés d’avoir sur­éva­lué (net­te­ment) la plu­part des contrats de spon­so­ring du club. Pis, ils au­raient bé­né­fi­cié de la com­plai­sance des pa­trons du foot­ball eu­ro­péen, dont Mi­chel Pla­ti­ni, ex-pré­sident de l’UEFA, et Gian­ni In­fan­ti­no, son an­cien bras droit et ac­tuel pré­sident de la Fi­fa, pour contour­ner les règles strictes du fair-play fi­nan­cier (équi­libre des re­cettes et des dé­penses et un dé­fi­cit li­mi­té à 30 M€).

Mi­chel Pla­ti­ni a fait sa­voir, dans un com­mu­ni­qué trans­mis à l’AFP, qu’il a « tou­jours af­fir­mé que le fair-play fi­nan­cier n’avait pas vo­ca­tion à tuer ou à as­phyxier fi­nan­ciè­re­ment les clubs ». Avant de rap­pe­ler qu’il avait « pu­bli­que­ment » sou­hai­té « que des sanc­tions puissent être pro­non- ». Au mi­lieu de toutes ces ré­vé­la­tions de Me­dia­part, qui visent aus­si le club an­glais de Man­ches­ter Ci­ty et ses pro­prié­taires d’Abou Dha­bi, la Fi­fa a éga­le­ment pris la pa­role. Et rap­pe­ler que « si au cours de leurs en­quêtes, les jour­na­listes met­taient en évi­dence une faute pé­nale, qu’ils n’hé­sitent pas à la par­ta­ger avec les au­to­ri­tés pu­bliques com­pé­tentes ou la Fi­fa, afin qu’elle puisse en­quê­ter à son tour ». Face à la dé­fla­gra­tion pro­vo­quée par les nou­velles in­for­ma­tions, la ques­tion est dé­sor­mais de connaître les risques en­cou­rus par le PSG. Car le cham­pion de France est dé­jà sous le coup d’une en­quête de la chambre de ju­ge­ment de l’ins­tance de contrôle fi­nan­cier des clubs (ICFC), or­ga­nisme dit in­dé­pen­dant de l’UEFA. Cette chambre a an­non­cé au dé­but du mois de juillet un exa­men plus pro­fond des comptes pa­ri­siens après que la chambre d’ins­truc­tion a pour­tant re­laxé le Pa­ris Saint-Germain, mi-juin. L’UEFA nous a fait sa­voir que rien ne chan­geait après les pu­bli­ca­tions de Me­dia­part. Rien de nou­veau à l’ho­ri­zon, souffle-t-on en Suisse, rap­pe­lant qu’une en­quête était en cours et qu’elle ren­drait ses conclu­sions pro­chai­ne­ment.

De son cô­té, le PSG es­père une ré­ponse avant la fin de l’an­née. Mais ne se montre pas in­quiet pour au­tant, met­tant en avant sa bonne foi : « Le club s’est tou­jours stric­te­ment confor­mé aux lois et ré­gle­men­ta­tions en vi­gueur et dément fer­me­ment les al­cées lé­ga­tions pu­bliées. » Con­crè­te­ment, le PSG risque tou­jours une sanc­tion, al­lant de la simple amende jus­qu’à l’ex­clu­sion de toutes les com­pé­ti­tions eu­ro­péennes pour une longue pé­riode. Ces pu­bli­ca­tions in­fluen­ce­ront-elles la chambre de ju­ge­ment de l’ICFC ? Pas né­ces­sai­re­ment. Celle-ci a fait ap­pel à un nou­vel or­ga­nisme d’au­dit pour ré­exa­mi­ner les comptes pa­ri­siens. Reste que, sur le plan de l’image, le PSG prend un nou­veau coup sur le casque.

Ses dé­trac­teurs (en Es­pagne, en Ita­lie, en Al­le­magne), qua­li­fiés hier de « car­tel de grands clubs » par le di­rec­teur gé­né­ral dé­lé­gué du PSG, Jean-Claude Blanc, qui a dé­fen­du « la li­ber­té d’in­ves­tis­se­ments », de­vraient sau­ter sur l’oc­ca­sion pour confir­mer leurs soup­çons de triche et ap­puyer leurs de­mandes de sanc­tions ac­crues.

Do­ha (Qa­tar), le 27 dé­cembre 2017. Les di­ri­geants pa­ri­siens sont ac­cu­sés, dans les Foot­ball Leaks, d’avoir sur­éva­lué les contrats de spon­so­ring du PSG, no­tam­ment ce­lui pas­sé avec l’of­fice de tou­risme qa­ta­rien.

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