« On est beau­coup, faute de mieux, à rou­ler dans une vieille voi­ture »

Le Parisien (Oise) - - FAIT DU JOUR - Jé­rôme 38 ANS, HA­BI­TANT DE LA LOIRE DE NOTRE COR­RES­PON­DANT CY­RIL MI­CHAUD, À SAINT-ÉTIENNE (LOIRE)

SON VIEIL UTI­LI­TAIRE die­sel af­fiche 260 000 km au comp­teur mais Jé­rôme, 38 ans, ne compte pas s’en sé­pa­rer de si­tôt. Ha­bi­tant de Saint-Vic­tor-sur-Loire (Loire), pe­tit vil­lage du Bas­sin sté­pha­nois, il l’uti­lise tous les jours pour se rendre au tra­vail, une en­tre­prise de mé­ca­nique gé­né­rale, à 15 km. « C’est un vé­hi­cule que j’ai ache­té 3 500 € aux en­chères il y a trois ans. » Son uti­li­taire six places lui per­met de trans­por­ter ses deux en­fants et de char­ger les vé­los quand il se rend sur ses courses cy­clistes le week-end. « J’avais be­soin d’un vé­hi­cule spa­cieux et je n’avais pas les moyens de m’ache­ter un four­gon ré­cent. »

Le pro­blème, c’est qu’il consomme. Beau­coup. Jé­rôme dé­pense en­vi­ron 150 € en car­bu­rant par mois pour fi­nan­cer ses tra­jets quo­ti­diens do­mi­ci­le­tra­vail, hors week-end et péage. A ce­la s’ajoute le contrôle tech­nique, une fois par an, qui en­traîne sou­vent des ré­pa­ra­tions. « Là, j’ai une ré­vi­sion mo­teur et un chan­ge­ment de pneus à faire. Ça re­pré­sente des frais mais je n’ai pas vrai­ment le choix. » Jé­rôme gagne 2 000 € net et n’a pas les moyens de contrac­ter un cré­dit pour s’of­frir un autre vé­hi­cule. « On est beau­coup, faute de mieux, à rou­ler dans une vieille voi­ture à fort ki­lo­mé­trage. » Son uti­li­taire de­vrait, d’ici peu, dé­pas­ser les 300 000 km. « Je vais l’ame­ner au bout de sa vie. Tant qu’il roule, je le garde. » En es­pé­rant que les prix à la pompe re­des­cendent un peu. « Si on paie des taxes sup­plé­men­taires et que ce­la contri­bue à re­dres­ser le pays, pour­quoi pas. Mais j’ai­me­rais bien sa­voir où va l’argent. »

Pas ques­tion pour lui de ma­ni­fes­ter au­jourd’hui. Lorsque son vieux die­sel tous­sote et qu’il doit faire un pas­sage chez le ga­ra­giste, Jé­rôme n’hé­site pas à en­four­cher son vé­lo. « Ce n’est pas un pro­blème de dis­tance, mais d’or­ga­ni­sa­tion. Il faut se le­ver tôt et trou­ver une so­lu­tion pour ré­cu­pé­rer les en­fants le soir. » La voi­ture reste sa meilleure op­tion. « A la cam­pagne, avec un ré­seau de bus peu dé­ve­lop­pé, la voi­ture, c’est la seule so­lu­tion. »

« JE VAIS L’AME­NER AU BOUT DE SA VIE »

Saint-Etienne (Loire), hier. Jé­rôme, qui gagne 2 000 € par mois, n’a pas les moyens de s’ache­ter un four­gon ré­cent.

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