L’Oise, terre de Sang et Or !

Le dé­par­te­ment abrite de fer­vents sup­por­teurs du RC Lens qui af­fronte Nogent-sur-Oise au­jourd’hui en Coupe de France. Le plus grand groupe réunit 50 adhé­rents.

Le Parisien (Oise) - - OISE - PAR JU­LIEN HEYLIGEN STÉ­PHANE

« EN 2010, j’ai de­man­dé ma femme Da­nielle en ma­riage de­vant 40 000 per­sonnes. Le spea­ker m’a pas­sé le mi­cro. Elle ne s’y at­ten­dait pas. Il y avait les ca­mé­ras de Ca­nal +, j’avais la pres­sion. Elle a dit oui. Tout le stade s’est mis à chan­ter. Les larmes ont cou­lé… »

L’his­toire du RC Lens et de Do­mi­nique est liée pour l’éter­ni­té. Vice-pré­sident du groupe de sup­por­teurs Ché Lensois de l’Pi­car­die verte, qui réunit 50 pas­sion­nés des Sang et Or au­tour de For­me­rie, il se­ra au­jourd’hui dans les tri­bunes du stade Pierre-Bris­son de Beau­vais, où ses pro­té­gés (4e de Ligue 2) af­frontent le club de Nogent-sur-Oise (6e di­vi­sion) pour le 7e tour de la Coupe de France.

Il connaît le che­min vers l’en­ceinte de la ville-pré­fec­ture par coeur. « Pe­tits, beau­coup d’entre nous sui­vaient l’équipe de Beau­vais. Ils sont des­cen­dus de Ligue 2 il y a trop long­temps (NDLR : à l’is­sue de la sai­son 2002-2003), ils ne valent plus grand-chose main­te­nant. »

Pas ques­tion de quit­ter l’in­com­pa­rable am­biance des stades pour au­tant. « L’apé­ro avant le match, la bar­quette de frites ou le tour à la bou­tique pour ache­ter un maillot au ga­min », sou­rit Sté­phane, le pa­tron de ces fans bons vi­vants. « Ici, on a tous la fer­veur du RC Lens dans le coeur. C’est le club du peuple, pas comme les bourà geois de Lille ou du PSG », clame son frère, Fa­brice.

Les plus as­si­dus as­sistent à tous les matchs à do­mi­cile, à deux heures de route de là. Ché Lensois de l’Pi­car­die verte loue chaque mois un bus pour em­me­ner les oc­ca­sion­nels. « Le mythe du meilleur pu­blic de France at­tire tou­jours. En­tendre les Co­rons (NDLR : la chan­son de Pierre Ba­che­let est l’un des hymnes du stade Bol­laert) au moins une fois dans sa vie, ça marque », as­sure Do­mi­nique.

Les achar­nés suivent les Sang et Or dans toute la France. Tho­mas, le fils de Sté­phane, est dé­jà par­ti s’épou­mo­ner à Ajac­cio. « 350 € de billets al­ler-re­tour en avion, la nuit dans l’aé­ro­port et le len­de­main, il faut al­ler bos­ser… » sou­rit-il. « C’est un bud­get, re­con­naît Do­mi­nique. Il y en a, c’est le tier­cé, nous, c’est le RC Lens. »

Dans ce monde de joyeux lu­rons, quelques femmes s’épa­nouissent. Le groupe de sup­por­teurs en compte une di­zaine. « A la mai­son, c’est moi qui re­garde le foot. Mon ma­ri n’aime pas ça », s’amuse Pa­tri­cia. « Bol­laert, c’est un stade où l’on va en fa­mille. Je n’ai pas peur d’em­me­ner des en­fants. Là, les gars de Nogent, on va faire la fête avec eux », sou­ligne Sté­phane. « Bol­laert, c’est comme un vi­rus. On y va une fois et c’est pour la vie », jure Do­mi­nique, qui avoue tou­te­fois ne gar­der que des sou­ve­nirs em­bru­més, et hou­blon­nés, de sa pre­mière fois.

Mal­gré quatre longues an­nées en Ligue 2, l’af­fluence du RC Lens af­fiche tou­jours 28 000 spec­ta­teurs de moyenne. « Mais ça com­mence à être long, sur­tout quand on a vé­cu le titre de cham­pion de France en 1998 et la Coupe d’Eu­rope », re­con­naît Fa­brice, qui se met su­bi­te­ment à ge­noux pour mi­mer son meilleur sou­ve­nir, la vic­toire en Coupe de la Ligue en 1999 et To­ny Vai­relles, le gé­né­reux avant-centre au look de ro­ckeur, qui bran­dit le tro­phée juste de­vant lui. Ses amis char­rient : « Qui ne l’a pas en­ten­due 50 fois cette his­toire ? » Une mise au vert ex­cep­tion­nelle

Hier, les 16 joueurs de Nogent re­te­nus pour dé­fier Lens et leur staff ont pas­sé la nuit dans un hô­tel de Beau­vais proche du stade Pier­reB­ris­son. Après le re­pas, le groupe a eu droit à une ana­lyse vi­déo de l’équipe de Ligue 2. La cau­se­rie d’avant­match est pro­gram­mée au­jourd’hui en dé­but d’après­mi­di, avant un dé­part pour le stade pré­vu vers 17 heures. 74 bé­né­voles mo­bi­li­sés Edu­ca­teurs, di­ri­geants, pa­rents, joueurs… Au to­tal, 74 bé­né­voles ont ré­pon­du à l’ap­pel de l’US Nogent pour ai­der au bon dé­rou­le­ment du grand ren­dez-vous d’au­jourd’hui. Leurs fonc­tions sont mul­tiples : sta­diers, ra­mas­seurs de balle, ges­tion des bu­vettes, aide au fil­trage des en­trées, vente de places aux gui­chets…

15 000 € en cas de qua­li­fi­ca­tion

Si le club no­gen­tais réa­lise l’ex­ploit face à Lens, il em­po­che­ra 15 000 € de la part de la Fé­dé­ra­tion. Elle vien­drait s’ajou­ter aux 7 500 € dé­jà tou­chés pour sa par­ti­ci­pa­tion à ce 7e tour, soit le même mon­tant que ce­lui de­man­dé par la mu­ni­ci­pa­li­té pour la lo­ca­tion du stade Pierre-Bris­son. Pour l’US Nogent, les frais d’or­ga­ni­sa­tion de la ren­contre face aux Lensois de­vraient avoi­si­ner 25 000 €.

300 à 400 sup­por­teurs lensois at­ten­dus

Un chiffre in­fé­rieur aux pre­mières es­ti­ma­tions, « no­tam­ment en rai­son des risques de dif­fi­cul­tés sur la route », sou­ligne une source po­li­cière. Au­cun dé­fi­lé dans les rues de Beau­vais n’est pré­vu par les ul­tras lensois. Ces der­niers se­ront d’ailleurs sur­veillés de près après les troubles du week-end der­nier à Va­len­ciennes (Nord). « Nous se­rons vi­gi­lants, sou­ligne-t-on en pré­fec­ture. Mais le match n’est pas clas­sé à risques et nous se­rons sur un dis­po­si­tif clas­sique. »

« LES GARS DE NOGENT, ON VA FAIRE LA FÊTE AVEC EUX »

“PE­TITS, BEAU­COUP D’ENTRE NOUS SUI­VAIENT L’ÉQUIPE DE BEAU­VAIS. ILS SONT DES­CEN­DUS DE LIGUE 2

IL Y A TROP LONG­TEMPS DO­MI­NIQUE, VICE-PRÉ­SIDENT DU GROUPE DE SUP­POR­TEURS CHÉ LENSOIS DE L’PI­CAR­DIE VERTE

(ci-des­sus) ,

For­me­rie (Oise), mer­cre­di. Ha­bi­tués aux dé­pla­ce­ments en bus au stade Bol­laertles sup­por­teurs oi­siens du RC Lens (ci-contre) pren­dront au­jourd’hui le che­min de Beau­vais et Pierre-Bris­son pour sup­por­ter les Sang et Or face à Nogent.

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