Un ar­chi­tecte da­nois au des­tin tra­gique

Le Parisien (Oise) - - LOISIRS - G.P.

est une his­toire dans l’his­toire, un des­tin dans le des­tin. Ce­lui de Jo­han Ot­to von Spre­ckel­sen, « pe­tit » ar­chi­tecte da­nois qui rem­porte en 1983, à la sur­prise gé­né­rale, le con­cours in­ter­na­tio­nal qui réunit plus de 400 dos­siers pour des­si­ner ce qui de­vien­dra la Grande Arche, l’un des grands gestes de la pré­si­dence Mit­ter­rand.

Une vic­toire à la Da­vid contre Go­liath pour ce­lui qui, avant cette mar­tin­gale, n’avait réa­li­sé que… quatre églises et sa mai­son. Son pro­jet de « Cube » sé­duit tout le monde, le pré­sident en tête. La belle his­toire vire au cau­che­mar. Ri­gou­reux, idéa­liste,

C’« Spreck » voit ses prin­cipes se fra­cas­ser contre le marbre de l’ad­mi­nis­tra­tion fran­çaise.

Les aléas de la po­li­tique tri­co­lore, la cohabitation de 1986, les com­pro­mis qu’on lui im­pose… oc­ca­sionnent chez lui un choc des cul­tures dont il ne se re­lè­ve­ra pas : en plein chan­tier, il jette l’éponge. Il mour­ra quelques mois plus tard, chez lui, en Scan­di­na­vie, en 1987. Deux ans après, l’oeuvre de sa vie se­ra inau­gu­rée en plein bi­cen­te­naire. Une tra­jec­toire tra­gique mer­veilleu­se­ment res­ti­tuée dans « la Grande Arche », livre-en­quête fas­ci­nant de Lau­rence Cos­sé (Gal­li­mard, 2016).

De­puis le toit de la Grande Arche, on aper­çoit l’axe his­to­rique qui mène au mu­sée du Louvre.

« La Dé­fense de Pa­ris »(1883) de Louis-Er­nest Bar­rias don­na son nom au fu­tur quar­tier d’af­faires. LP/A.D.

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