Ma­cron : « Nous avons re­çu le mes­sage des Fran­çais »

Le chef de l’Etat pré­sen­te­ra mar­di un nou­veau cap pour la tran­si­tion éco­lo­gique. Des me­sures et des né­go­cia­tions sur tout le ter­ri­toire pour la rendre « ac­cep­table », en ré­ponse aux in­quié­tudes des Gi­lets jaunes.

Le Parisien (Oise) - - POLITIQUE - JANNICK ALIMI

ÉTEINDRE L’IN­CEN­DIE ! Alors que de nou­veaux blo­cages sont an­non­cés sa­me­di à Pa­ris, l’Ely­sée tente de cal­mer le jeu. Hier soir, l’en­tou­rage du chef de l’Etat a fait sa­voir qu’il pré­sen­te­rait, mar­di, un nou­veau plan pour rendre la tran­si­tion éco­lo­gique « ac­cep­table ». Pour ré­pondre aux Gi­lets jaunes, comme aux pro­po­si­tions de cer­tains syn­di­cats, d’ou­vrir des né­go­cia­tions so­ciales, Em­ma­nuel Ma­cron va « don­ner le cap sur la tran­si­tion éco­lo­gique ». « Nous avons re­çu le mes­sage des ci­toyens. Il nous in­vite à al­ler plus loin. Pour qu’elle ne soit pas so­cia­le­ment in­ac­cep­table, il faut que la tran­si­tion éco­lo­gique, qui est né­ces­saire, soit juste, équi­table et dé­mo­cra­tique. Nous de­vons donc mo­bi­li­ser tous ceux qui la ren­dront ac­cep­table, pour ne lais­ser per­sonne de cô­té », ont in­di­qué les conseillers de l’Ely­sée.

Au sein de l’exé­cu­tif, la pro­po­si­tion de Laurent Ber­ger fait son che­min. Le lea­der de la CFDT a pro­po­sé, dimanche, de réunir les membres du gou­ver­ne­ment et l’en­semble des par­te­naires so­ciaux — syn­di­cats, as­so­cia­tions et Gi­lets jaunes — pour construire un « pacte so­cial de la conver­sion éco­lo­gique ». Alors qu’Edouard Phi­lippe, le soir même sur France 2, sem­blait re­je­ter cette pro­po­si­tion, l’exé­cu­tif, comme nous l’an­non­cions hier, ré­flé­chit désor- à une « sor­tie de crise » qui s’ins­pi­re­rait de la mé­thode Ber­ger. Des pro­po­si­tions dans ce sens de­vraient être an­non­cées dans les jours pro­chains. Sur l’amé­lio­ra­tion éner­gé­tique des bâ­ti­ments, sur les nou­veaux trans­ports, sur les taxes éco­lo­giques bien sûr…

PLANCHE DE SA­LUT

En fait, le gou­ver­ne­ment veut à tout prix évi­ter de re­pro­duire un « Gre­nelle so­cial », qui, à la suite des évé­ne­ments de Mai 68, avait réuni, sous la hou­lette du Pre­mier mi­nistre, gou­ver­ne­ment, pa­tro­nat et syn­di­cat. « Nous de­vons ab­so­lu­ment en­tendre ce que nous disent les Gi­lets jaunes. Mais leur co­lère ne peut pas être uni­que­ment gé­rée et leurs pro­blèmes résolus par des me­sures ima­gi­nées seu­le­ment par un dia­logue clas­sique à Pa­ris entre le gou­ver­ne­ment et les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales et pa­tro­nales », confie-t-on à Ma­ti­gnon.

Aux Gi­lets jaunes, syn­di­cats et pa­tro­nat, le gou­ver­ne­ment sou­haite donc as­so­cier un éven­tail plus large d’ins­ti­tu­tions et d’or­ganes re­pré­sen­ta­tifs. « Cette co­lère se sin­gu­la­rise par une frac­ture so­ciale et ter­ri­to­riale très forte. Nous vou­lons donc, non seu­le­ment, qu’au sein des ac­teurs de ce dia­logue fi­gurent les ac­teurs lo­caux, mais que les so­lu­tions qui se­mais raient dé­ci­dées soient le plus adap­tées à chaque type de ter­ri­toire, sou­ligne-t-on à Ma­ti­gnon. Les me­sures à mettre en oeuvre ne peuvent pas être les mêmes dans les grandes villes, les zones pé­ri­ur­baines et les ter­ri­toires ru­raux. »

Après les me­sures fi­nan­cières d’ac­com­pa­gne­ment an­non­cées par Edouard Phi­lippe la se­maine der­nière, ces états gé­né­raux de la tran­si­tion éco­lo­gique pour­raient être, avec les an­nonces d’Em­ma­nuel Ma­cron, une planche de sa­lut pour le gou­ver­ne­ment, ac­cu­sé à la fois de bra­der le pou­voir d’achat des Fran­çais, de ne pas dia­lo­guer et de mé­pri­ser les ter­ri­toires.

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