« J’ai l’im­pres­sion de bos­ser pour rien »

Le Parisien (Oise) - - ÉCONOMIE - DE NOTRE COR­RES­PON­DANTE À TOU­LOUSE (HAUTE-GA­RONNE) JU­LIE RIMBERT

YVES GAR­REC, 60 ANS

▶ Chauf­feur de VTC à Tou­louse (Haute-Ga­ronne).

▶ En couple avec une as­sis­tante de ges­tion.

Ils ont un en­fant de 8 ans.

▶ Il gagne de 1 000 à 1 500 € net par mois. Re­ve­nu to­tal du foyer : en­vi­ron 3 000 €.

DE­PUIS TROIS ANS, Yves Gar­rec, 60 ans, a créé son en­tre­prise de VTC à Tou­louse (Haute-Ga­ronne). En cos­tume, af­fu­blé de son gi­let jaune por­tant l’ins­crip­tion « La vache à lait n’a plus rien à don­ner », il ne dé­co­lère pas contre l’Etat. « Je tra­vaille douze heures par jour, six jours sur sept et pour­tant, à la fin du mois, sur les 5 000 € de chiffre d’af­faires que j’en­grange, il me reste moins de 500 €, une fois toutes mes dé­penses payées, as­sure ce chauf­feur au­toen­tre­pre­neur, pa­pa d’une pe­tite fille de 8 ans. J’ai l’im­pres­sion de bos­ser pour rien ! Pra­ti­que­ment tout passe dans mon cré­dit voi­ture, mes deux as­su­rances au­to, mon loyer de 700 €, les as­su­temps rances pour la mai­son et mon bou­lot, les amendes de sta­tion­ne­ment, le ga­zole. Trois quarts dans des charges ! Et puis, à la fin, ce qui me reste est in­suf­fi­sant pour me payer des loi­sirs ou un res­to ! Ce­la fait trois ans que je n’ai pas pris un jour de va­cances. »

En moyenne, Yves Gar­rec par­court 130 000 km par an. En 2017, son bud­get consa­cré au car­bu­rant s’éle­vait à 6 700 €. « Cette an­née, ce­la se­ra plu­tôt 8 000-8 500 €, et je ne peux pas faire au­tre­ment, peste ce pro­fes­sion­nel qui es­time perdre en­core 250 € par mois de­puis la hausse du prix à la pompe. Ce­la fait long- que le pou­voir d’achat des Fran­çais baisse, mais cette aug­men­ta­tion im­po­sée, sous pré­texte de la tran­si­tion éco­lo­gique, c’est la goutte d’es­sence qui fait dé­bor­der le ré­ser­voir. A rai­son de deux pleins par se­maine, je ne peux pas ré­per­cu­ter cette aug­men­ta­tion à mes clients, donc je rogne sur mes marges. Avant, j’étais pro­prié­taire de plu­sieurs biens im­mo­bi­liers, mais j’ai dû les vendre, étran­glé par toutes les taxes. Je ne pen­sais pas que ce mou­ve­ment ci­toyen pren­drait au­tant d’am­pleur. Et je n’ai pas l’in­ten­tion de lâ­cher ! »

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