Les pa­trons de chaînes en guerre contre Net­flix

Le Parisien (Oise) - - LOISIRS | MÉDIAS - BE­NOÎT DARAGON

UNE UNA­NI­MI­TÉ entre ces quatre-là est ra­ris­sime. Hier, les di­ri­geants de TF 1, France Té­lé­vi­sions, M 6 et Ca­nal +, réunis par le fes­ti­val Mé­dias en Seine, or­ga­ni­sé par « les Echos » et Ra­dio France, ont mul­ti­plié les cri­tiques à l’en­contre des géants amé­ri­cains du Net. In­vi­tés à des­si­ner la té­lé du fu­tur face à une salle comble, les quatre pa­trons fran­çais ont de­man­dé une évo­lu­tion d’ur­gence de la lé­gis­la­tion, qui leur per­met­trait de ré­sis­ter à Net­flix. La plate-forme de vi­déo à la de­mande, qui comp­te­rait 3,5 mil­lions d’abon­nés en France (pour 137 mil­lions à tra­vers le monde), a mo­di­fié en pro­fon­deur les ha­bi­tudes des té­lé­spec­ta­teurs, qui re­gardent moins la té­lé­vi­sion en di­rect pour consom­mer plus des pro­grammes à la carte.

« A Ca­nal +, 25 % de notre au­dience est dé­li­néa­ri­sée, contre 6 % pour l’en­semble du mar­ché », a re­con­nu Maxime Saa­da, le PDG de la chaîne cryp­tée qui dé­pense chaque an­née 100 M€ pour son ser­vice MyCa­nal. Le di­ri­geant a re­con­nu l’in­ven­tion gé­niale et le sa­voir-faire de son concur­rent. « On est fas­ci­nés, on les dé­nigre. Mais ce qu’a créé Net­flix est in­croyable, tel­le­ment dis­rup­tif pour l’en­semble du mar­ché », a-t-il dé­cla­ré.

« Les pro­fes­sion­nels qui se ré­jouissent de tra­vailler avec Net­flix ou­blient juste qu’ils sont dé­pos­sé­dés de tous droits sur leurs pro­duc­tions », dé­nonce Gilles Pélisson. Le PDG de TF 1 es­time que les règles im­po­sées par Net­flix ont mo­di­fié le par­tage de la va­leur au pro­fit du géant de l’In­ter­net. Les Fran­çais, qui pro­duisent des sé­ries comme « Mar­seille » ou bien­tôt « Plan Coeur » sont de­ve­nus de simples exé­cu­tants. Ce qui ap­pau­vrit le sec­teur. « On a créé 350 em­plois à Sète (Hé­raut) avec De­main nous ap­par­tient. Ne soyons pas fas­ci­nés par l’ou­ver­ture d’un bu­reau Net­flix de 20 per­sonnes à Pa­ris », a ajou­té Gilles Pélisson.

Del­phine Er­notte, elle, s’en est sur­tout prise à You­Tube. « On touche que dalle ! […] Seu­le­ment 2 M€ ! On va ar­rê­ter de mettre nos émis­sions en en­tier des­sus et de vendre nos sé­ries sur Net­flix », a dé­cla­ré la di­ri­geante, qui n’a ja­mais di­gé­ré que la sé­rie de France 2 « Dix pour cent » soit dis­po­nible sur la plate-forme.

Après avoir de­man­dé l’au­to­ri­sa­tion pour de la pu­bli­ci­té au ci­né­ma et la dif­fu­sion de films le mer­cre­di sur ses chaînes, et ain­si ré­sis­ter au « cam­brio­lage » des groupes fran­çais par leurs ri­vaux amé­ri­cains, Ni­co­las de Ta­ver­nost, pré­sident de M 6, a pré­co­ni­sé des al­liances eu­ro­péennes.

DE­MAIN NOUS AP­PAR­TIENT, C’EST 350 EM­PLOIS CRÉÉS À SÈTE, L’OU­VER­TURE D’UN BU­REAU NET­FLIX À PA­RIS, 20 PER­SONNES.

GILLES PÉLISSON, PDG DE TF 1

Pa­ris XVe, hier. Au centre, les pa­trons de TF 1, France Té­lé­vi­sions, Ca­nal + et M 6.

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