Le taxi es­croc de Rois­sy condam­né à 8 mois de pri­son ferme

La vi­déo tour­née par ses vic­times a fait le buzz sur les ré­seaux so­ciaux. Ce conduc­teur qui a ar­na­qué des tou­ristes thaï­lan­dais dé­but no­vembre était ju­gé hier à Pa­ris.

Le Parisien (Oise) - - TRANSPORTS - PARJILA VAROQUIER ET JEAN-GA­BRIEL BONTINCK

SI J’AVAIS VOU­LU LES FRAP­PER, JE L’AU­RAIS FAIT

Les ar­gu­ments pas tou­jours co­hé­rents du faux taxi, fil­mé par un couple de Thaï­lan­dais qu’il a es­cro­qué, n’ont pas convain­cu le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Pa­ris, hier soir. Ju­gé en com­pa­ru­tion im­mé­diate, il a été condam­né à un an de pri­son dont 4 mois avec sur­sis, sans man­dat de dé­pôt.

Le 6 no­vembre der­nier, Enock C. Haï­tien de 25 ans do­mi­ci­lié à Saint-Gra­tien (Vald’Oise), a exi­gé 247 € des tou­ristes pour faire le tra­jet Rois­sy-Pa­ris. La vi­déo tour­née par ses vic­times avait fait le buzz sur les ré­seaux so­ciaux.

La dé­ci­sion du tri­bu­nal est tom­bée après 2 h 30 d’au­dience, pour évo­quer un à un, les nom­breux faits qui lui étaient re­pro­chés. Par­mi eux, ex­tor­sion par vio­lence, me­nace ou contrainte ou en­core exer­cice illé­gal de la pro­fes­sion de taxi.

A la barre, Enock C. tente de don­ner quelques ré­ponses. « Une course s’élève à com­bien se­lon vous ? », in­ter­roge le pré­sident. « Je ne sais, je ne suis pas taxi moi. C’est l’ap­pli­ca­tion que j’uti­lise qui dé­cide. »

« OK, très bien, lâche le pré­sident, de­vant ces ré­ponses in­at­ten­dues. Mais tout ce­la a été fil­mé », in­siste-t-il en évo­quant les me­naces pro­fé­rées contre le couple de tou­ristes. « Je suis un homme, fi­nit par s’em­por­ter Enock. Si j’avais vou­lu les frap­per, je l’au­rais fait. Là ce n’était pas le cas. »

« Est-ce que vous trou­vez que 247 €, c’est cher pour ce tra­jet ? », lui de­mande en­suite l’avo­cat de la Fé­dé­ra­tion Na­tio­nale des taxis.

« Quand j’étais chez Uber, j’ai dé­jà vu 150 € entre Rois­sy et Pa­ris. Donc, non, je ne trouve pas ça cher », af­firme le jeune homme, avant d’ajou­ter, pour se jus­ti­fier qu’il n’était « pas en ser­vice ». « Mais alors, si vous n’étiez pas en ser­vice, vous n’aviez pas le droit de prendre ces gens ? » pour­suit l’avo­cat. « Non », lâche — trop vite — l’homme dans le box.

Dans cette af­faire, la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale du taxi (FNDT) s’est cons­ti­tuée par­tie ci­vile, « afin de de­man­der ré­pa­ra­tion du pré­ju­dice su­bi par toute la pro­fes­sion ».

Elle a de­man­dé, par la voix de son avo­cat Me Jo­na­than Bel­laiche, des dom­mages et in­té­rêts de 247 € pour la ré­pa­ra­tion du pré­ju­dice mo­ral, ain­si que le rem­bour­se­ment de frais de jus­tice.

Les tou­ristes avaient fil­mé leur chauf­feur en train de leur pré­sen­ter une fac­ture as­tro­no­mique pour un tra­jet Rois­sy - Pa­ris. Leur vi­déo, dif­fu­sée sur In­ter­net, a per­mis de l’iden­ti­fier.

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