Les nou­veaux élé­ments qui ont pous­sé aux aveux

Le Parisien (Oise) - - FAITS DIVERS - L.C. ET GEOF­FROY TOMASOVITCH

L’ÉMO­TION a fi­na­le­ment été la plus forte, hier, dans le ca­bi­net du juge d’ins­truc­tion. Le 29 no­vembre, pour­tant, Jo­na­thann Daval avait dé­jà été mis en dif­fi­cul­té dans ce même bu­reau, le ma­gis­trat l’ayant lon­gue­ment in­ter­ro­gé sur sa ver­sion du « com­plot fa­mi­lial ».

Des vé­ri­fi­ca­tions tech­niques ré­centes ont en ef­fet mis en évi­dence des contra­dic­tions fla­grantes dans son ré­cit. Au­cune trace, par exemple, sur les images de vi­déo­sur­veillance de Gray du vé­hi­cule de Jean-Pierre Fouillot, cen­sé avoir ra­me­né le corps de sa fille au do­mi­cile du couple, entre 4 et 5 heures du ma­tin le sa­me­di 28 oc­tobre 2017. En re­vanche, comme l’at­teste un coup de fil qu’il a pas­sé de­puis sa pri­son trois se­maines avant d’ac­cu­ser sa bel­le­fa­mille, en juin der­nier, Jo­na­thann avait de­man­dé à sa mère de re­pé­rer l’em­pla­ce­ment des ca­mé­ras de sur­veillance de la ville… et de se ren­sei­gner sur l’em­ploi du temps des Fouillot ce ma­tin-là.

LES DON­NÉES TÉ­LÉ­PHO­NIQUES INVALIDENT SON RÉ­CIT

Il avait éga­le­ment pei­né à jus­ti­fier le rôle sup­po­sé de sa belle-soeur Stéphanie Gay, qu’il ac­cu­sait no­tam­ment de s’être elle-même en­voyé un SMS de­puis le por­table d’Alexia pour mettre en scène sa dis­pa­ri­tion. Ce mes­sage, re­çu à 9 h 13, an­non­çant qu’elle part faire un jog­ging, Stéphanie y ré­pond dans les mi­nutes qui suivent, en deux fois. Jo­na­thann sou­te­nait qu’elle avait les deux té­lé­phones en main, fai­sant les ques­tions et les ré­ponses de­vant lui. Ré­cit in­va­li­dé par le bor­nage té­lé­pho­nique : ce ma­tin-là, Stéphanie n’a pas bou­gé de chez ses pa­rents… A contra­rio, les por­tables de Jo­na­thann et ce­lui d’Alexia ont ac­ti­vé les mêmes bornes et se sont dé­pla­cés en­semble.

Le ré­cit du drame po­sait éga­le­ment pro­blème. Se­lon Jo­na­thann, son beau-frère, Gré­go­ry Gay, avait étran­glé Alexia en ten­tant de la cal­mer après une « crise d’hys­té­rie », en plein re­pas de fa­mille. Il di­sait n’avoir en­ten­du, de­puis une pièce voi­sine, que quelques cris et in­sultes et au­cun ap­pel à l’aide : in­com­pa­tible avec les don­nées de l’au­top­sie, qui vont dans le sens d’un dé­fer­le­ment de vio­lences. Autre dif­fi­cul­té de taille : l’heure de la mort. Jo­na­thann la si­tuait juste après le des­sert. L’ana­lyse du bol ali­men­taire montre en fait qu’un laps de temps s’est écou­lé avant le dé­cès, la di­ges­tion étant en­ta­mée. En­fin, des traces ré­centes de som­ni­fères avaient été re­trou­vées dans son sang.

Il est im­pro­bable qu’Alexia ait pris ces ca­chets avant d’al­ler dî­ner chez ses pa­rents, et bien plus co­hé­rent qu’elle les ait pris chez eux en se cou­chant, lui avait alors fait re­mar­quer le juge, lui sug­gé­rant une nou­velle fois de re­ve­nir à ses aveux ini­tiaux. En vain.

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