Une source mi­ra­cu­leuse en Na­mi­bie

Le Parisien (Oise) - - ÉCO | BUSINESS -

du sable et une vé­gé­ta­tion basse, aux feuilles brû­lées par le so­leil. Par­fois, quelques ar­bustes viennent, par on ne sait quel mi­racle, cas­ser la mo­no­to­nie de ce pay­sage dé­ser­tique. De­puis l’avion qui nous em­mène de Jo­han­nes­burg (Afrique du Sud) à Wind­hoek, la ca­pi­tale de la Na­mi­bie, on dis­tingue des lits de ri­vières et des éten­dues sem­blables à des lacs, mais pas une goutte d’eau ! Ici, tout n’est que caillasse et pous­sière.

C’est là, coin­cées entre deux dé­serts par­mi les plus im­por­tants au monde, ce­lui du Ka­la­ha­ri et du Na­mib, que 300 000 per­sonnes vivent. A moins que les ha­bi­tants de Wind­hoek ne soient plu­tôt 400 000 ou 500 000… on l’ignore, faute de re­cen­se­ment fiable. A la ville his­to­rique, qui re­monte à l’époque de la co­lo­ni­sa­tion al­le­mande au XIXe siècle, est ve­nu se gref­fer un vaste bi­don­ville de ca­banes aux toits mé­tal­liques qui ne cesse de gri­gno­ter les col­lines avoi­si­nantes. dé­mo­gra­phie sou­te­nue dans un en­vi­ron­ne­ment où les pré­ci­pi­ta­tions an­nuelles moyennes ne dé­passent pas 250 mm, avec un taux d’éva­po­ra­tion de plus de 80 % : à Wind­hoek, la four­ni­ture d’eau po­table est un vé­ri­table casse-tête. Pour ré­pondre à ce be­soin vi­tal, les au­to­ri­tés et les ac­teurs pri­vés ont dû faire tom­ber un ta­bou : il va fal­loir boire les eaux usées. En 1968, Wind­hoek est ain­si de­ve­nu la pre­mière ville au monde à consom­mer une eau di­rec­te­ment is­sue des toi­lettes, des douches et des éviers. Là où en France, et dans la plu­part des pays au monde, l’eau trai­tée par les sta­tions d’épu­ra­tion est re­je­tée dans le mi­lieu na­tu­rel avant d’être re­pom­pée et net­toyée à nou­veau, à Wind­hoek, la case mi­lieu na­tu­rel a été gom­mée.

En 2002, une nou­velle usine de re­trai­te­ment, Win­goc, a même été construite et confiée au groupe fran­çais Veo­lia. « Quand il n’y a pas de fleuve ni d’océan à moins de 300 km pour pui­ser l’eau, c’est la meilleure des so­lu­tions plu­tôt que de faire cou­rir un pi­pe­line, es­time Mar­tine Vul­lierme, vi­ce­pré­si­dente de Veo­lia Afrique et Moyen-Orient. C’est dix fois moins cher à pro­duire que de désa­li­ni­ser l’eau, et beau­coup plus éco­lo­gique. » Se­lon Veo­lia, avec 100 litres d’eau de mer, ce sont 45 litres d’eau po­table qui sont pro­duits tan­dis que l’eau usée per­met de ré­cu­pé­rer presque 99 % d’eau po­table.

Pour réa­li­ser cette prouesse, l’usine Win­goc, avec ses di­zaines de bas­sins et ses

L’usine Win­goc a été construite en 2002. Mais la ca­pi­tale de la Na­mi­bie re­cycle ses eaux usées de­puis 1968.

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