« Il faut un sys­tème de prix qui ré­com­pense les bons usages »

Le Parisien (Oise) - - FACE AUX ENTREPRENEURS -

SO­PHIE VERGNE

éco­no­mie, qu’elle a co­fon­dé, en fa­veur d’un sys­tème éco­no­mique res­pec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment). Pen­sez aux deux et vous fe­rez les bons choix. C’est aus­si une ques­tion d’ima­gi­na­tion. Une ac­ti­vi­té conven­tion­nelle peut s’ins­crire dans une trans­for­ma­tion éner­gé­tique et gé­né­rer des re­ve­nus. En­core faut-il un sys­tème de prix qui ré­com­pense les bons usages et pu­nit les mau­vais. Ce­la n’est pas le cas au­jourd’hui. Les en­tre­prises et les par­ti­cu­liers ont be­soin de sé­cu­ri­té ju­ri­dique. Mais re­gar­dez le die­sel : on dit aux gens d’en ache­ter et au bout de vingt ans on dit le contraire.

IOLIVIER COUPERY

Là, vous êtes res­pon­sable…

A l’époque, je di­sais que c’était une bê­tise. Mais on ne m’écou­tait pas.

AMEL ABBES

80 % du parc im­mo­bi­lier est très mal iso­lé. Com­ment l’amé­lio­rer ?

Il fau­drait créer un fonds d’épargne spé­ci­fique. Ce­la in­té­res­se­rait beau­coup de gens. Ces di­zaines de mil­liards d’eu­ros ser­vi­raient uni­que­ment à la tran­si­tion éco­lo­gique, à com­men­cer par l’ef­fi­ca­ci­té éner­gé­tique. Au rythme au­quel on va, on en a pour cin­quante ans. Et ça ne sert à rien, car on au­ra d’autres tech­no­lo­gies. Or, ce sec­teur est es­sen­tiel : il fait tra­vailler des en­tre­prises lo­cales, amé­liore la qua­li­té de vie et per­met de réa­li­ser des éco­no­mies.

AN­TOINE WASSNER

Tout le monde ne peut pas pro­duire bio. Com­ment faire ?

Je ne suis pas cer­taine qu’on puisse faire du bio à 100 %. Ce­pen­dant, des rap­ports de la FAO (NDLR : Or­ga­ni­sa­tion des Na­tions unies pour l’ali­men­ta­tion et l’agri­cul­ture) vont dans le sens de l’agroé­co­lo­gie. Celle-ci em­ploie beau­coup de gens, car vous n’uti­li­sez pas de pro­duits toxiques. Il s’agit de s’ap­puyer sur tout ce qu’on sait, par exemple l’ef­fet de telle bes­tiole sur le sol ou une plante. Pour les mau­vaises herbes, on a des ro­bots.

Mais ça va coû­ter cher…

Si vous man­gez des pro­duits sains, vous êtes moins ma­lades donc ça coûte moins cher à la col­lec­ti­vi­té. Le pro­blème, c’est que ce n’est pas ré­per­cu­té sur les prix. On a une ré­vo­lu­tion comp­table à faire pour une vé­ri­té éco­lo­gique des prix.

OLI­VIER COUPERY L’in­ter­dic­tion du gly­pho­sate, ce­la si­gni­fie plus de pes­ti­cides, de car­bu­rant et de temps de tra­vail. C’est pa­ra­doxal, non ?

Je ne par­tage pas votre avis. Ce pro­duit est clas­sé can­cé­ri­gène et il existe des sub­sti­tuts na­tu­rels ef­fi­caces (par exemple la gamme Elé­phant vert). Les her­bi­cides ont un ef­fet sur le chan­ge­ment cli­ma­tique (pro­toxyde d’azote) et la qua­li­té des sols.

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