Lo­me­pal prend des cou­leurs

Le Parisien (Oise) - - LOISIRS - E.M.

C’EST LE DER­NIER GRAND al­bum de 2018. C’est aus­si le suc­cès spec­ta­cu­laire de cette fin d’an­née. Lo­me­pal a pas­sé les der­nières se­maines dans le top 10 des ventes heb­do­ma­daires. A tel point que son deuxième disque, « Jean­nine », sor­ti le 7 dé­cembre, s’est dé­jà écou­lé à plus de 100 000 exem­plaires et que ses deux dates au Zé­nith de Pa­ris, fin fé­vrier, sont dé­jà com­plètes. « Je me rends compte que je suis en train de m’ins­tal­ler dans le pay­sage », com­mente l’in­té­res­sé, de son vrai nom An­toine Va­len­ti­nel­li, 27 ans, re­mar­qué avec un ex­cellent pre­mier al­bum, « Flip », écou­lé à 200 000 exem­plaires en un an et de­mi.

A peine le temps de sa­vou­rer ce suc­cès que Lo­me­pal sor­tait « Jean­nine » et trans­for­mait l’es­sai. « L’an­née et de­mie de Flip est pas­sée comme si, chaque jour, un mec ou une na­na sup­plé­men­taire dé­cou­vrait ce que je fai­sais. Et du coup, tous ces gens ont écou­té tout de suite Jean­nine, re­joints par des nou­veaux qui me dé­couvrent. »

UN CAS D’ÉCOLE

Lo­me­pal est un cas d’école. L’illus­tra­tion par­faite de l’évo­lu­tion de la mu­sique en France ac­tuel­le­ment. Un ska­teur de­ve­nu rap­peur, qui a fait ses dé­buts dans la bande de Nek­feu avant d’évo­luer seul, de glis­ser de plus en plus de chant dans son rap, de pré­fé­rer la sin­cé­ri­té à la va­cui­té. Ce n’est pas com­plè­te­ment du rap. Ce n’est pas com­plè­te­ment de la chan­son non plus. Ce n’est pas qu’un fri­meur. Ce n’est pas qu’un coeur tendre. C’est un peu tout ça.

« De­puis que ça marche, il y a une par­tie de moi qui est sa­tis­faite de tout ce qui se passe et une autre tou­jours tra­ver­sée par des sen­sa­tions de dé­prime qui ne par­ti­ront ja­mais. Ce disque parle de ça, d’émo­tions contra­dic­toires. » De fo­lie aus­si. Celle qui se cache der­rière le pré­nom Jean­nine, ce­lui de sa grand-mère schi­zo­phrène. « C’est à ma mère qu’il a fait le plus de bien cet al­bum. J’ai une fa­mille très com­pli­quée, un grand-père qui a dé­truit ma mère et ma grand-mère avant elle, comme je le dis dans la chan­son. Du coup, ma mère a tou­jours eu peur d’être folle. Par­ler de tout ça dans un disque c’était bri­ser un ta­bou. »

Un élé­ment par­mi d’autres de « Jean­nine », disque in­tense où le rap­peur puise au plus pro­fond de lui-même pour mon­trer ses failles, ses fai­blesses, ses ex­cès. On le sent sou­vent sur le fil dans ses chan­sons, sur les ré­seaux so­ciaux. « Si je n’ai pas de pro­jet, le vide peut vite de­ve­nir an­gois­sant. »

Lo­me­pal, « Jean­nine », Pi­neale Prod, 11,99 €. En con­cert les 20 et 21 fé­vrier au Zé­nith de Pa­ris (com­plets). Et le 26 jan­vier à Mont­pel­lier, le 29 à Rouen…

« Jean­nine », le deuxième al­bum de Lo­me­pal, s’est écou­lé à plus de 100 000 exem­plaires de­puis le 7 dé­cembre.

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