Rail, gaz… la grande bra­de­rie grecque s’in­ten­si­fie

Fran­çois Hol­lande em­mène ce jeu­di à Athènes des di­zaines de pa­trons dé­si­reux d’ac­qué­rir cer­tains biens. Re­vue de leurs em­plettes idéales.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - Athènes (Grèce) De notre cor­res­pon­dant Ch­ris­tophe Le­ma­rié, pré­sident de la chambre de com­merce fran­co-hel­lé­nique IS­MAËL MEREGHETTI

AT­TEN­TION, grand dé­sto­ckage ! Ports, plages, au­to­routes, aé­ro­ports : toute la Grèce est à vendre… ou presque. Pres­sé par le nou­veau plan d’aus­té­ri­té si­gné cet été avec ses créan­ciers, le gou­ver­ne­ment d’Alexis Tsi­pras s’est en ef­fet en­ga­gé à pri­va­ti­ser à grande échelle : 50 Mds€ au to­tal, et 3,6 Mds€ rien que pour 2016. Pour ren­flouer les caisses de l’Etat, des di­zaines d’en­tre­prises pu­bliques, mises sur le mar­ché, cherchent donc des ac­qué­reurs pour tout ou par­tie de leurs ac­tifs. De quoi agui­cher les grands groupes fran­çais, qui sont bien dé­ci­dés à ob­te­nir leur part du gâ­teau.

C’est l’un des ob­jec­tifs de la vi­site de Fran­çois Hol­lande, au­jourd’hui et de­main, qui vise à ren­for­cer le poids de la France, au­jourd’hui au qua­trième rang des in­ves­tis­seurs étran­gers dans le pays. Si au­cun contrat ne se­ra pro­ba­ble­ment si­gné dans l’im­mé­diat, nombre de pa­trons fran­çais sou­haitent se po­si­tion­ner. A l’ins­tar d’Al­stom, grand spé­cia­liste des trans­ports, qui ai­me­rait mettre la main sur la com­pa­gnie char­gée de la main­te­nance du ré­seau fer­ré grec (Eess­ty), dont 100 % des ac­tifs sont à vendre. Ou de la SNCF, en bonne place sur la « short­list » des po­ten­tiels re­pre­neurs de Trai­nOse, la so­cié­té res­pon­sable de tout le trans­port fer­ro­viaire de pas­sa­gers et de fret.

Pour Ch­ris­tophe Le­ma­rié, le pré­sident de la chambre de com­merce et d’in­dus­trie fran­co-hel­lé­nique, les Fran­çais ont de bonnes chances de ga­gner des contrats : « Les mul­ti­na­tio­nales fran­çaises ont deux atouts. D’abord, un sa­voir-faire in­dé­niable, puis­qu’elles font par­tie des lea­deurs mondiaux, no­tam­ment dans l’éner­gie et les in­fra­struc­tures. Elles bé­né­fi­cient sur­tout d’un cli­mat fa­vo­rable après le sou­tien de la France dans la né­go­cia­tion avec les créan­ciers. En se com­por­tant en par­te­naires, en ré­cu­sant toute idée d’une sor­tie de l’eu­ro, les Fran­çais ont ga­gné les fa­veurs de l’opi­nion grecque. »

Une fran­co­phi­lie dont Suez En­vi­ron­ne­ment es­père bé­né­fi­cier : le groupe vou­drait aug­men­ter sa par­ti- ci­pa­tion dans la com­pa­gnie des eaux de Thes­sa­lo­nique, la deuxième ville du pays — de 5,3 à 23 %, voire plus —, et lor­gne­rait la ges­tion de l’eau dans la ca­pi­tale. Tout le pro­ces­sus de li­bé­ra­li­sa­tion des sec­teurs éner­gé­tiques de­vrait of­frir de nom­breuses op­por­tu­ni­tés à To­tal, EDF ou en­core Air Li­quide, no­tam­ment par l’ex­ploi­ta­tion de par­celles de fo­rage (gaz et pé­trole no­tam­ment).

« En Grèce, il faut res­ter pru­dent », nuance l’ana­lyste Ma­nos Gia­kou­mis. « Le su­jet est sen­sible et le gou­ver­ne­ment de gauche a long­temps été hos­tile à tout ce­la. Du coup, per­sonne ne peut vrai­ment dire comment il va se com­por­ter dans les pro­chains mois. Les en­tre­prises fran­çaises de­vront peut-être faire preuve de pa­tience… »

« En ré­cu­sant toute sor­tie de l’eu­ro, les Fran­çais ont ga­gné les fa­veurs de l’opi­nion grecque »

Al­stom ai­me­rait s’em­pa­rer d’Eess­ty, la so­cié­té de main­te­nance du ré­seau fer­ré grec.

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