C’était la fête à Boo­ba

Le Parisien (Paris) - - HIPPISME - EM­MA­NUEL MAROLLE

« Mer­ci d’être ve­nus. Vous ne m’avez pas lâ­ché. » En pro­non­çant ces pre­miers mots au bout de quelques mi­nutes de con­cert, hier soir à la Pa­ris La Dé­fense Are­na, à Nan­terre (Hauts-de-Seine), Boo­ba sait qu’il re­vient de loin. Son show, le plus gros de sa car­rière de­vant plus de 35 000 per­sonnes, in­ter­vient quelques jours après sa condam­na­tion à dix­huit mois de pri­son avec sur­sis à la suite de la rixe du 1er août à Or­ly (Val-de-Marne) qui l’a op­po­sé à son ex-pote, dé­sor­mais ad­ver­saire, Kaa­ris, sanc­tion­né par la même peine. Pri­son avec sur­sis et con­cert en sur­sis jus­qu’à cette dé­ci­sion du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Cré­teil, mar­di.

Alors, hier, Boo­ba est re­ve­nu à la mu­sique et à cette soi­rée an­non­cée comme un dé­fi : rem­plir la plus grande salle d’Eu­rope près d’un an après la sor­tie de son al­bum « Trône » — presque 340 000 exem­plaires ven­dus. Pa­ri réus­si, mal­gré le contexte élec­trique de ces der­nières se­maines.

Un pu­blic fas­ci­né

Et comme sou­vent avec le rap­peur de Bou­logne, âgé de 41 ans, la mu­sique est une dé­mons­tra­tion de force. Son show se de­vait d’être à la hau­teur de l’évé­ne­ment. Il l’est dès son en­trée en scène qui dé­voile un im­po­sant dé­cor : neuf écrans ver­ti­caux, un avion qua­si gran­deur na­ture dans le­quel ap­pa­raît le rap­peur face à une foule en dé­lire comme ra­re­ment hur­lant ins­tan­ta­né­ment les pa­roles de « 3G ».

Boo­ba peut ef­fec­ti­ve­ment re­mer­cier ce pu­blic to­ta­le­ment fas­ci­né, dé­col­lant dès la pre­mière se­conde de chaque mor­ceau, hur­lant chaque cou­plet de « Dra­peau noir, « Wesh Mor­ray », « Tom­bé pour elle », « Boul­bi », « Scar­face » ou une sé­quence pour les an­ciens dé­diés à son groupe Lu­na­tic.

Une cé­lé­bra­tion sou­vent par­ta­gée au mi­lieu de la foule grâce à une longue avan­cée au mi­lieu de la salle. « Y a du monde comme ja­mais, y a des meufs comme ja­mais. » L’une d’elles par­vient à grim­per sur scène. Un peu plus tard, c’est son pote Dos­seh qui le re­joint, pour « In­fré­quen­table », puis Ga­to, Nis­ka, Da­ny Syn­thé au pia­no, et même Ka­rim Ben­ze­ma, fi­dèle sou­tien de l’ar­tiste.

Et Kaa­ris ? Après plus de deux heures de show, pas de nou­veau clash, même quand Boo­ba dé­marre son my­thique « Ka­lash », en­re­gis­tré avec lui en 2012. Une mi­nute trente qui s’ar­rête quand Kaa­ris est cen­sé chan­ter. Sans com­men­taire. A peine une al­lu­sion à sa rixe es­ti­vale en ser­rant la main d’un de ses gardes du corps. « Vous l’avez vu à Or­ly, lui ? »

Nan­terre (Hauts-de-Seine), hier soir. Plus de 35 000 per­sonnes ont as­sis­té au con­cert du rap­peur.

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