PI­NOT, UNE «VIC­TOIRE À LA HINAULT»

Thi­baut Pi­not a si­gné hier le plus bel ex­ploit de sa car­rière. Ses proches, dont Cy­rille Gui­mard, sé­lec­tion­neur de l’équipe de France, sa­luent la per­for­mance.

Le Parisien (Paris) - - ÉCO -

LE PLUS BEAU JOUR DE MA CAR­RIÈRE THI­BAUT PI­NOT (VAIN­QUEUR DU TOUR DE LOM­BAR­DIE)

« C’est le plus beau jour de ma car­rière. Je ne l’ai peut-être pas mon­tré beau­coup mais, in­té­rieu­re­ment, c’était très fort. Dans la ligne droite d’ar­ri­vée, je pen­sais à cher­cher mes co­équi­piers, je sa­vais qu’ils se­raient là, sur la ligne ou avant. J’ai ta­pé dans la main de Jé­ré­my (Roy, son équi­pier qui prend sa re­traite), je crois qu’il était en­core plus heu­reux que moi. C’est aus­si pour lui que j’ai ga­gné. Il est peut-être l’homme clé de ma car­rière. C’est un abou­tis­se­ment. S’il y avait une course à ga­gner pour moi, c’était la Lom­bar­die. »

UNE JOUR­NÉE RÉ­FÉ­RENCE

MARC MADIOT (MANAGEUR DE L’ÉQUIPE GROU­PA­MA-FDJ) « C’était un bon mo­ment de vé­lo. J’ai sui­vi ça à Mont­louis, au Tro­phée Han­di­sport, der­rière le po­dium, sur mon té­lé­phone, en com­pa­gnie de Da­niel Man­geas (ex-spea­ker du Tour) et Ray­mond Pou­li­dor. C’était pas mal ! Cette vic­toire va beau­coup comp­ter. C’est une jour­née ré­fé­rence pour lui et pour l’équipe. Thi­baut a tou­jours su se re­cons­truire. Il a eu des mo­ments dif­fi­ciles, no­tam­ment sur le Tour. Il va com­prendre qu’il peut trai­ter d’égal à égal avec les plus forts. Ce qui n’était pas for­cé­ment le cas. Psy­cho­lo­gi­que­ment c’est très im­por­tant. »

LA LOM­BAR­DIE, IL M’EN PARLE DE­PUIS SES DÉ­BUTS

JÉ­RÉ­MY ROY (ÉQUI­PIER ET AMI) « C’est l’apo­théose ! Je ne pou­vais pas rê­ver mieux comme fin de car­rière. A 80 km de l’ar­ri­vée, on s’est don­né une franche poi­gnée de main avec Thi­baut et j’ai aban­don­né peu après. En­suite, il a ma­noeu­vré comme un chef. J’ai sui­vi la course dans le bus, et, quand il a bas­cu­lé dans la der­nière des­cente, on a fi­lé avec William

(Bon­net) et Mat­thieu (La­da­gnous) pour se pla­cer à 300 m de l’ar­ri­vée. C’était ex­tra­or­di­naire : trois co­pains pour l’en­cou­ra­ger et le fé­li­ci­ter ! J’étais en mode syn­cope dans le fi­nal. C’est un tel abou­tis­se­ment. Cette course, il m’en parle de­puis ses dé­buts. »

UNE BELLE LE­ÇON DE PERSÉVÉRANCE

JU­LIEN PI­NOT (EN­TRAέNEUR ET FRÈRE) « J’ai vé­cu le fi­nal sur une aire d’au­to­route entre Be­san­çon et l’aé­ro­port Charles-de-Gaulle où je de­vais ré­cu­pé­rer Jé­ré­my Roy pour le conduire au Chro­no des Her­biers (au­jourd’hui) pour sa der­nière com­pé­ti­tion. Je suis su­per content pour Thi­baut. On re­pense for­cé­ment au mo­ment du Gi­ro où on était tous les trois dans l’am­bu­lance, avec Ja­cky Maillot, le mé­de­cin de l’équipe (Pi­not souf­frait d’une pneu­mo­pa­thie). On se dit qu’il y a quand même une jus­tice et que le tra­vail fi­nit tou­jours par payer. C’est une belle le­çon de persévérance. La Lom­bar­die, c’est une belle ligne de plus au pal­ma­rès et ça res­te­ra toute sa vie. »

UNE NOU­VELLE DI­MEN­SION

CY­RILLE GUI­MARD (SÉ­LEC­TION­NEUR DE L’ÉQUIPE DE FRANCE) « C’est une vic­toire à la Ber­nard Hinault : ça part de loin, ça at­taque, on est au com­bat, dans la dy­na­mique de course et, à la pé­dale, on fait la dif­fé­rence. Ce suc­cès fait prendre à Thi­baut une nou­velle di­men­sion, y com­pris dans l’in­cons­cient des Fran­çais. Ce n’est pas un ex­ploit ba­nal. Est-ce que ce­la donne un re­gret par rap­port au Mon­dial (Pi­not a ter­mi­né 9e après s’être sa­cri­fié pour Ala­phi­lippe, fi­na­le­ment trop juste) ? Non. Val­verde (le cham­pion du monde) et l’Es­pagne ont cou­ru très très juste.

Mais si Bar­det (2e) va plus vite que Val­verde, la course par­faite, c’était nous ! »

Côme (Ita­lie), hier. Thi­baut Pi­not sa­voure sa vic­toire à la pé­dale avant de fran­chir la ligne d’ar­ri­vée.

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