Comment s’of­frir les ta­lents d’un se­nior RES­SOURCES HU­MAINES

Di­verses for­mules per­mettent de faire ap­pel à l’ex­pé­rience et au sa­voir-faire de pro­fes­sion­nels che­vron­nés pour des mis­sions ponc­tuelles.

Le Parisien (Paris) - - ÉCO - PAR JU­LIEN BIS­SON

QUEL QUE SOIT

le stade de dé­ve­lop­pe­ment d’une en­tre­prise, de la start-up au grand groupe, l’ex­pé­rience et la vi­sion des se­niors sont pré­cieuses, par­ti­cu­liè­re­ment sur des su­jets ou des fonc­tions qui né­ces­sitent une ex­per­tise poin­tue : fi­nances, dé­ve­lop­pe­ment à l’in­ter­na­tio­nal, le­vée de fonds, as­pects ju­ri­diques… Pour­tant, les chiffres de l’em­ploi le montrent, les en­tre­prises ont moins ten­dance à re­cru­ter dans les rangs des plus de 50 ans que par­mi les plus jeunes gé­né­ra­tions. En 2019, alors que le nombre de chô­meurs en France a bais­sé de 3,1 %, le re­cul en­re­gis­tré pour les quin­quas et plus n’est que de 2,1 %.

Si nombre de chefs d’en­tre­prise hé­sitent à re­cru­ter des se­niors, c’est d’abord parce que le ni­veau de ré­mu­né­ra­tion at­ten­du est l’un des prin­ci­paux obs­tacles. Mais les jeunes en­tre­pre­neurs peuvent éga­le­ment res­sen­tir une in­quié­tude à l’idée de de­voir ma­na­ger une per­sonne plus âgée qu’eux, ou en­core avoir le sen­ti­ment que les plus de 50 ans sont « dé­pas­sés » du point de vue de la tech­no­lo­gie ou des sa­voir-faire.

Une com­mu­nau­té d’ex­perts

Or en fait, les se­niors consti­tuent un vé­ri­table ré­ser­voir de com­pé­tences « en som­meil ». « Chaque an­née, 700 000 per­sonnes partent à la re­traite, et 120 000 d’entre elles sou­haitent conti­nuer à tra­vailler », sou­ligne Ca­mille Maillard, co­fon­da­trice avec Lae­ti­tia de Ro­que­mau­rel de Cokpit, une struc­ture qui per­met de mettre en re­la­tion ces jeunes re­trai­tés avec des PME ou des as­so­cia­tions.

« Avec Cokpit, nous vi­sons à créer une com­mu­nau­té d’ex­perts au ser­vice des chefs d’en­tre­prise qui ont un be­soin spé­ci­fique », ex­plique Ca­mille Maillard. Après un en­tre­tien pré­li­mi­naire vi­sant à vé­ri­fier qu’ils sont en phase, chefs d’en­tre­prise et ex­perts s’en­gagent sur une mis­sion ré­mu­né­rée de 400 € à 600 € par jour. « Toutes les for­mules sont en­vi­sa­geables en fonc­tion de la na­ture du tra­vail à réa­li­ser : quelques jours par mois, un à deux jours par se­maine… Pour les TPE ou PME, cette for­mule per­met d’avoir re­cours à un spé­cia­liste à un ta­rif ac­ces­sible », plaide Ca­mille Maillard. Cokpit, de son cô­té, prend à sa charge l’as­su­rance res­pon­sa­bi­li­té ci­vile des ex­perts.

La plate-forme Bounce-inB­lue, en­tre­prise so­ciale et so­li­daire créée dans le Vald’Oise et qui opère sur toute l’Ile-de-France, fonc­tionne sur le même mo­dèle. Ses ex­perts sont éga­le­ment re­cru­tés par­mi les cadres sans em­ploi qui gardent ain­si un pied dans le monde du tra­vail. Boun­cein-Blue pro­pose en outre de mettre une vé­ri­table équipe dé­diée (jus­qu’à 4 per­sonnes) au ser­vice du client, pour une du­rée in­dé­fi­nie. Ain­si, trois cadres viennent de re­joindre un fa­bri­cant et ins­tal­la­teur de pis­cines pour l’ai­der à dou­bler son chiffre d’af­faires en un an. « Nous al­lons en­ri­chir nos équipes d’un ex­pert-comp­table com­mis­saire aux comptes, d’un avo­cat d’af­faires, d’un fis­ca­liste, pré­cise Laurent

Klein, le créa­teur, pour pro­po­ser une offre sur abon­ne­ment aux chefs d’en­tre­prise qui ont be­soin d’un con­seil ré­gu­lier, sans pou­voir se per­mettre une em­bauche ».

Plate-forme de mise en re­la­tion

TeePy Job s’est éga­le­ment ins­tal­lé ré­cem­ment sur ce cré­neau des se­niors ac­tifs, avec un mo­dèle un peu dif­fé­rent. Il s’agit cette fois d’une plate-forme d’offres et de de­mandes d’em­ploi, la mise en place de la col­la­bo­ra­tion étant lais­sée à l’ini­tia­tive des deux par­ties. Et, con­trai­re­ment à Cokpit et Bounce-in-Blue, TeePy Job ne vise pas uni­que­ment les cadres, mais l’en­semble des pro­fils et tous les types de postes, dans tous les do­maines d’ac­ti­vi­té.

Un autre moyen de bé­né­fi­cier de l’ex­pé­rience des se­niors et d’opé­rer une trans­mis­sion des sa­voir-faire dans les en­tre­prises est de re­cou­rir au men­to­rat : dans ce cas, ce sont sou­vent les sa­la­riés les plus âgés, en­core en poste, qui « par­rainent » les plus jeunes jus­qu’à leur dé­part en re­traite. Un dis­po­si­tif qui se fait sou­vent sur la base du vo­lon­ta­riat et qui n’oc­ca­sionne au­cun coût sup­plé­men­taire pour l’en­tre­prise.

Pour les TPE ou PME, cette for­mule per­met d’avoir re­cours à un spé­cia­liste à un ta­rif ac­ces­sible CA­MILLE MAILLARD, CO­FON­DA­TRICE DE COKPIT

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Les se­niors consti­tuent un vé­ri­table ré­ser­voir de com­pé­tences « en som­meil ».

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