Grève chez Hop! mais peu de per­tur­ba­tions à pré­voir

Les pi­lotes ré­clament les mêmes con­di­tions de tra­vail que ceux de la mai­son mère, Air France.

Le Parisien (Paris) - - ÉCO - PAR VINCENT VÉRIER

LES PI­LOTES DE HOP! se re­biffent. De­main, à l’ap­pel du Syn­di­cat na­tio­nal des pi­lotes de ligne (SNPL), les 750 pi­lotes de la fi­liale court et moyen cour­rier d’Air France sont ap­pe­lés à ces­ser le tra­vail. Une grève de 24 heures qui pour­rait tou­cher à des de­grés di­vers les 340 vols pré­vus dans la jour­née. La com­pa­gnie doit com­mu­ni­quer sur les éven­tuelles an­nu­la­tions de vols au plus tard ce ma­tin. Mais se­lon nos in­for­ma­tions, l’im­pact de ce mou­ve­ment de­vrait être li­mi­té.

De­puis plu­sieurs mois, le conflit couve entre le SNPLHop! et la di­rec­tion. Au centre des cris­pa­tions, l’exi­gence des pi­lotes de voir leurs con­di­tions de tra­vail et de ré­mu­né­ra­tion se rap­pro­cher de celles des 4 000 pi­lotes d’Air France.

Forte d’une cen­taine d’avions il y a en­core quelques an­nées, la com­pa­gnie, créée en 2013 et dont la si­tua­tion éco­no­mique n’a ces­sé de se dé­gra­der, en compte au­jourd’hui une cin­quan­taine. Une dé­crois­sance qui va de pair avec ses ré­sul­tats. Son en­det­te­ment de 80 mil­lions d’eu­ros (M€) re­pré­sente près de la moi­tié des pertes sur le ré­seau court et moyen cour­rier du groupe Air France (189 M€) alors que Hop! ne pro­duit que 30 % de ces vols.

« On ne peut pas faire flam­ber nos coûts »

Une at­tri­tion qui in­quiète les pi­lotes. « Nous ne pou­vons pas nous dé­ve­lop­per, s’agace Eme­lyne Fronteau, pré­si­dente du SNPL-Hop!. Nous sommes sou­mis à Air France. 100 % de nos vols sont af­fré­tés par la mai­son mère de­puis l’an der­nier. Et nous n’avons pas le droit de pi­lo­ter des avions de plus de 110 places pour pro­té­ger le pé­ri­mètre des pi­lotes d’Air France. »

Se­lon le syn­di­cat, l’écart de ré­mu­né­ra­tion entre un co­pi­lote d’Hop! et d’Air France est de 15 % en moyenne. « Quand on tra­vaille dans un même groupe, on veut les mêmes droits et le même res­pect, pour­suit Eme­lyne Fronteau. Nous sommes ar­ri­vés au bout du bout après des mois de né­go­cia­tions. » Les pi­lotes de Hop! de­mandent l’équi­valent de 12 % d’aug­men­ta­tion, ce que les pi­lotes d’Air France ont ob­te­nu se­lon eux. Faute d’ac­cord, une grève de 24 heures, tous les ven­dre­dis, se­ra or­ga­ni­sée.

« Il ne faut pas ra­con­ter n’im­porte quoi. Nous avons eu 8 % d’aug­men­ta­tion. 4 % au titre des né­go­cia­tions an­nuelles obli­ga­toires et du rat­tra­page de sa­laires après plu­sieurs an­nées de sta­tu quo. Et 4 % qui sont une contre­par­tie à une hausse de la pro­duc­ti­vi­té », confie Guillaume Ges­tas, pré­sident du SNPL

Air France. Du cô­té de la di­rec­tion de Hop! pas ques­tion d’al­ler au-de­là des 3 % d’aug­men­ta­tion. Et pour cause, ces exi­gences sa­la­riales cor­res­pondent au double des éco­no­mies gé­né­rées par le der­nier plan de sau­ve­garde de l’em­ploi. « On ne peut pas faire flam­ber nos coûts », confie-t-on au sein de l’en­tre­prise.

Quand on tra­vaille dans un même groupe, on veut les mêmes droits et le même res­pect ÉMELYNE FRONTEAU, PRÉ­SI­DENTE DU SNPL HOP!

Hop!, qui comp­tait une cen­taine d’avions il y a en­core quelques an­nées et dont la si­tua­tion éco­no­mique se dé­grade, en pos­sède au­jourd’hui une cin­quan­taine.

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