Co­ro­na­vi­rus: le site Ar­ret­ma­la­die.fr offre des ar­rêts de tra­vail!

La plate-forme ouvre au­jourd’hui des consul­ta­tions gra­tuites pour pa­tients re­ve­nus de Chine et contraints au confi­ne­ment. L’As­su­rance ma­la­die dé­nonce l’ir­res­pect des pro­cé­dures of­fi­cielles.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - PAR DA­NIEL ROSENWEG

COUP DE PUB ou vraie gé­né­ro­si­té ? Ar­ret­ma­la­die.fr pro­pose à par­tir d’au­jourd’hui des té­lé­con­sul­ta­tions gra­tuites dé­diées au co­ro­na­vi­rus. « C’est notre fa­çon dés­in­té­res­sée de mettre la tech­no­lo­gie au ser­vice de la lutte contre le co­ro­na­vi­rus », se jus­ti­fie Can An­say, PDG de la pla­te­forme de consul­ta­tion en ligne qui se charge de pe­tits bo­bos : coups de froid et autres gas­tros et, dé­sor­mais aus­si, règles dou­lou­reuses, stress, mal de dos et mi­graine.

« La se­maine der­nière, nos mé­de­cins ont été sol­li­ci­tés à deux re­prises par des pa­tients re­ve­nus de Chine aux­quels l’em­ployeur de­man­dait de res­ter confi­nés chez eux et de four­nir un ar­rêt ma­la­die », ra­conte Can An­say. Des pa­tients asymp­to­ma­tiques, mais à risque, aux­quels Ar­ret­ma­la­die.fr a pres­crit qua­torze jours d’ar­rêt, confor­mé­ment aux re­com­man­da­tions des au­to­ri­tés sa­ni­taires.

Un ques­tion­naire en fran­çais et en chi­nois

Mer­cre­di, le gou­ver­ne­ment a pu­blié une mise à jour d’un dé­cret du 1er fé­vrier per­met­tant d’in­dem­ni­ser dès le pre­mier jour les per­sonnes à risque de co­ro­na­vi­rus de­vant être confi­nées, avec ar­rêt ma­la­die. « C’est la so­lu­tion la plus fa­cile pour que ces sa­la­riés conti­nuent de per­ce­voir un re­ve­nu tout en pro­té­geant le reste de la po­pu­la­tion », sou­ligne le PDG qui a dé­ci­dé d’of­frir ce ser­vice. Pour l’ins­tant, ces té­lé­con­sul­ta­tions gra­tuites sont ré­ser­vées aux seuls pa­tients re­ve­nant de Chine qui doivent mon­trer leur pas­se­port au cours de la vi­site vir­tuelle. Pour­quoi pas ceux re­ve­nant d’Ita­lie ou d’Iran ? Can An­say ne le dit pas.

Pour les pa­tients re­ve­nus d’Asie, la plate-forme a conçu un ques­tion­naire spé­ci­fique, en fran­çais et en chi­nois. S’il y a sus­pi­cion, un ar­rêt de qua­torze jours est ac­cor­dé. Puis les mé­de­cins de la plate-forme appellent deux fois par jour le pa­tient pour vé­ri­fier son état et sa tem­pé­ra­ture. C’est un très bon moyen de fa­vo­ri­ser la qua­ran­taine et de faire res­pec­ter la du­rée du confi­ne­ment. Si le pa­tient ne dis­pose pas de masques sa­ni­taires ni de ther­mo­mètre, la plate-forme lui en en­voie gra­cieu­se­ment. « En cas de symp­tômes, in­dique le PDG, nous in­vi­tons le pa­tient à contac­ter le Sa­mu ou le 15. »

De­puis son inau­gu­ra­tion le 7 jan­vier, la plate-forme a dé­li­vré 1 315 ar­rêts ma­la­die. Des consul­ta­tions non rem­bour­sées à ce jour. Convo­qué en ré­fé­ré le 14 fé­vrier der­nier par la Caisse na­tio­nale de l’as­su­rance ma­la­die (Cnam), l’ordre des mé­de­cins et deux autres en­ti­tés qui dé­noncent une « mar­chan­di­sa­tion des ar­rêts », Ar­ret­ma­la­die.fr a vu l’au­dience re­por­tée au 28 mars.

L’As­su­rance ma­la­die est contre

In­ter­ro­gé sur la nou­velle offre ca­deau du site, le di­rec­teur de la Cnam, Ni­co­las Re­vel, fus­tige le pro­cé­dé. « Il n’est pas ques­tion que des ar­rêts ma­la­die soient dé­li­vrés à des per­sonnes à risque par des mé­de­cins li­bé­raux. Seuls les mé­de­cins des agences ré­gio­nales de san­té sont ha­bi­li­tés à en pres­crire lorsque l’em­ployeur d’un sa­la­rié re­ve­nant d’une zone à risque ne veut ou ne peut mettre en place du té­lé­tra­vail. » Reste une ques­tion : com­ment l’As­su­rance ma­la­die pour­rait-elle re­je­ter ces ar­rêts, puisque la pa­tho­lo­gie n’y fi­gure pas ?

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Can An­say, PDG d’Ar­ret­ma­la­die.fr, ex­plique que son ser­vice est une fa­çon « dés­in­té­res­sée de mettre la tech­no­lo­gie au ser­vice de la lutte contre le co­ro­na­vi­rus ».

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