Le com­bat d’une gé­né­ra­liste face aux pou­voirs pu­blics

Fa­bienne Ri­pert, mé­de­cin en Es­sonne, dé­nonce les dif­fi­cul­tés à ob­te­nir du sou­tien et le manque de ma­té­riel pour ou­vrir un centre de consul­ta­tions.

Le Parisien (Paris) - - SPÉCIALCOR­ONAVIRUS - PAR SÉBASTIEN MORELLI

CE N’EST PAS tant un ap­pel à l’aide qu’un vé­ri­table coup de gueule que pousse Fa­bienne Ri­pert, mé­de­cin gé­né­ra­liste de Saintry-sur-Seine (Es­sonne), exer­çant dans une mai­son de san­té à Cesson (Seine-etMarne). Avec deux col­lègues, elle s’est pro­po­sé de trans­for­mer leur mai­son de san­té en centre de consul­ta­tion Co­vid19. « Nous avons tout or­ga­ni­sé. Nous n’avons pas comp­té nos heures », ra­conte-t-elle.

Mais pour y par­ve­nir, il leur a fal­lu aus­si se battre avec l’agence ré­gio­nale de san­té (ARS), afin que leur au­to­ri­té de tu­telle leur ap­porte une aide fi­nan­cière et ma­té­rielle. « Nous avons ré­di­gé tout un dos­sier pour ex­pli­quer comment nous al­lions fonc­tion­ner, avec qui et quels moyens alors qu’on a autre chose à faire que de la pa­pe­rasse… » Fa­bienne Ri­pert s’est d’abord heur­tée à un re­fus : « On nous a dit que nous n’au­rions au­cune aide car nous uti­li­sons une struc­ture dé­jà exis­tante ! C’est aber­rant. »

Cette aide fi­nan­cière per­met d’être ré­mu­né­ré non pas à l’acte, soit 25 € la consul­ta­tion, mais à la va­ca­tion, soir 420 € pour quatre heures, sa­chant que les consul­ta­tions Co­vid19 peuvent être longues : « Pour ceux qui ne vont pas bien, il faut les faire hos­pi­ta­li­ser. Pour joindre le Samu, sur notre ligne dé­diée, il faut entre 30 et 45 mi­nutes. En­suite il faut à nou­veau at­tendre pour par­ler à un mé­de­cin. Puis, il faut at­tendre l’am­bu­lance ».

Il lui a fal­lu ba­tailler toute une jour­née pour en­fin ob­te­nir un ac­cord de l’ARS sur leur prin­ci­pale re­ven­di­ca­tion : trans­for­mer leur ca­bi­net en centre de soins Co­vid-19 et donc être payé à la va­ca­tion. Face au manque de masques, la ré­ponse de l’au­to­ri­té de san­té a éga­le­ment cho­qué Fa­bienne : « Une res­pon­sable nous a ré­pon­du de faire ap­pel aux dons. On nous en­voie au front avec des pis­to­lets à eau ! ».

Les trois mé­de­cins ont dé­ci­dé de ne pas lais­ser tom­ber. « Nous avons fait jouer nos ré­seaux, nos amis. La mai­rie de Cesson nous a ap­por­té 450 sur­blouses, le ly­cée nous a re­mis des lu­nettes de pro­tec­tion, la phar­ma­cie fait ce qu’elle peut pour nous four­nir du gel hy­dro­al­coo­lique… »

Cesson (77). Ces trois gé­né­ra­listes, dont Fa­bienne Ri­pert (à droite), ne se sont pas dé­cou­ra­gées face aux em­bûches ad­mi­nis­tra­tives pour trans­for­mer leur mai­son de san­té en centre de consul­ta­tion Co­vid-19. .

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.