Des ter­rains de rug­by aux ur­gences

Ro­main Lour­sac, 34 ans, a joué pen­dant dix ans au LOU rug­by. Dé­sor­mais mé­de­cin du sport, il est vo­lon­taire aux ur­gences d’un hô­pi­tal de Lyon de­puis le dé­but de l’épi­dé­mie de Co­vid-19.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - DE NOTRE COR­RES­PON­DANT AN­THO­NY FAURE À LYON (RHÔNE)

PEN­DANT dix ans, entre 2007 et 2017, Ro­main Lour­sac a réus­si à conci­lier ses études de mé­de­cine et sa car­rière de rug­by­man pro­fes­sion­nel. Ce brillant ar­rière du LOU, au­jourd’hui âgé de 34 ans, a pris sa re­traite spor­tive en 2017 et il est dé­sor­mais mé­de­cin du sport à l’hô­pi­tal de la Croix­Rousse, dans le IVe ar­ron­dis­se­ment de Lyon.

« Comme d’autres col­lègues, j’ai an­nu­lé tous mes ren­dez-vous pour les se­maines à ve­nir. Les chi­rur­gies non ur­gentes ont éga­le­ment toutes été an­nu­lées. Je me suis pro­po­sé d’al­ler aux ur­gences de la Croix-Rousse pour don­ner un coup de main sur la trau­ma­to­lo­gie », ra­conte le mé­de­cin.

Une ex­pé­rience bi­zar­re­ment calme…

L’hô­pi­tal de la Croix-Rousse est l’un des centres de ré­fé­rence des ma­la­dies in­fec­tieuses, mais les « ur­gences » clas­siques sont in­ha­bi­tuel­le­ment calmes. « Pour l’ins­tant, dans notre hô­pi­tal, on n’est pas en sur­chauffe, c’est plu­tôt bien maî­tri­sé, té­moigne Lour­sac. On laisse les ur­gen­tistes gé­rer l’épi­dé­mie. Nous, on leur donne un coup de main sur la trau­ma­to­lo­gie, tout en leur di­sant que si vrai­ment c’est le feu, on les ai­de­ra aus­si pour tout le reste. En gros, on a pas mal de Co­vid-19 qui ar­rivent à l’hô­pi­tal, mais les ur­gences tra­di­tion­nelles sont plu­tôt très calmes en ce mo­ment. »

Une si­tua­tion que le jeune mé­de­cin ex­plique très fa­ci­le­ment : « On est pas­sé d’une tren­taine de consul­ta­tions en temps nor­mal à 4 ou 5 consul­ta­tions seule­ment sur une garde d’une dou­zaine d’heures. On n’a plus les ac­ci­dents liés aux com­pé­ti­tions spor­tives, les ac­ci­dents de la route. Il nous reste quelques per­sonnes qui se cassent la fi­gure, les plaies, les bles­sures dans la cui­sine, ré­sume Lour­sac. Toutes les fausses ur­gences ne viennent plus. Une per­sonne qui a mal au dos de­puis dix jours, elle ne va pas ve­nir. Les pa­tients ré­flé­chissent à deux fois. » L’an­cien rug­by­man aide un ser­vice où il est no­tam­ment pas­sé pen­dant son in­ter­nat. « Ça me pa­raît juste nor­mal. Ma femme est can­cé­ro­logue. Elle conti­nue de tra­vailler nor­ma­le­ment. Elle est net­te­ment plus en pre­mière ligne que moi. Je suis en rou­le­ment de garde. On n’est pas en prise di­recte avec des Co­vid-19, même si on est dans le même ser­vice aux ur­gences. Alors oui, on prend en­core plus de pré­cau­tions ac­tuel­le­ment. Un homme qui ar­rive et qui s’est cas­sé la fi­gure, dans le doute, on lui met tout de suite un masque au­jourd’hui. Même si à pre­mière vue il n’a au­cun symp­tôme du vi­rus. »

Ro­main Lour­sac.

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