Quand phar­ma­ciens et pom­piers pro­duisent du gel hy­dro­al­coo­lique

Ces so­lu­tions dés­in­fec­tantes pour­ront être uti­li­sées par plus de 12 000 sol­dats du feu d’Ile-de-France.

Le Parisien (Paris) - - SPÉCIAL CORONAVIRU­S - PAR JU­LIEN CONSTANT

L’UNI­VER­SI­TÉ

a beau avoir été dé­ser­tée par ses étu­diants, jeu­di ma­tin, le la­bo­ra­toire de la fa­cul­té de phar­ma­cie de Châ­te­nay-Ma­la­bry (Hauts-deSeine) tourne à plein ré­gime.

Avec un ob­jec­tif : fa­bri­quer du gel hy­dro­al­coo­lique pour les pom­piers des dé­par­te­ments de la grande cou­ronne et les gen­darmes de la cel­lule NRBC, dé­diée au risque chi­mique. Ces fla­cons de so­lu­tion dés­in­fec­tante pour­ront ain­si être uti­li­sés par plus de 12 000 pro­fes­sion­nels au ser­vice des ha­bi­tants en pleine pan­dé­mie du Co­vid-19. Dans cette salle, toute en lon­gueur, quinze bé­né­voles fa­briquent le pré­cieux li­quide. Plu­sieurs lignes de pro­duc­tion sont en place. Ceux qui mé­langent les pro­duits sont sou­vent des cher­cheurs ou des phar­ma­ciens tan­dis que pom­piers, gen­darmes et étu­diants tra­vaillent au condi­tion­ne­ment et à l’éti­que­tage des fla­cons.

900 litres en une se­maine

« C’est une pre­mière ! Nous avons été sol­li­ci­tés pour par­ti­ci­per à cette opé­ra­tion alors nous avons re­cru­té des vo­lon­taires et ou­vert nos lo­caux, ex­plique Vé­ro­nique Ro­si­lio, pro­fes­seure et cher­cheuse en phar­ma­cie à la fa­cul­té de Châ­te­nay-Ma­la­bry. Les jour­nées sont bien rem­plies mais c’est en­ri­chis­sant ».

Cette cui­sine chi­mique un peu par­ti­cu­lière ré­pand des va­peurs d’al­cool dans l’at­mo­sphère. « Le ma­té­riel de pro­tec­tion, une bonne ven­ti­la­tion des lo­caux et des pauses ré­gu­lières sont né­ces­saires pour me­ner ce pro­jet à bien », note le com­man­dant des pom­piers vo­lon­taires dans les Yve­lines, Vi­vien Vey­ra qui est aus­si en­sei­gnant dans cette fa­cul­té. C’est grâce à sa double cas­quette qu’il a pu mon­ter cette opé­ra­tion. Au dé­but, les bé­né­voles ont ache­té les ma­tières pre­mières et très ra­pi­de­ment des en­tre­prises ont fait don des pro­duits chi­miques. « On s’est re­trou­vé avec des bi­dons d’al­cool, de gly­cé­rine et d’eau oxy­gé­née qui nous ont per­mis de mi­ni­mi­ser les coûts », ajoute le pom­pier phar­ma­cien.

L’équipe se réunit deux fois par se­maine pour pro­duire 900 litres, soit 7 000 fla­cons. De quoi te­nir une di­zaine de jours. « On voyait ve­nir la rup­ture de stock et on s’est dit qu’il fal­lait qu’on an­ti­cipe parce qu’on ne peut pas ac­cep­ter que nos sa­peurs-pom­piers partent en in­ter­ven­tion sans ce pro­duit », conclut Vi­vien Vey­ra.

Châ­te­nay-Ma­la­bry, jeu­di. Les bé­né­voles fa­briquent le pré­cieux li­quide se­lon la re­cette pu­bliée par l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la san­té (OMS).

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