Les villes-étapes vont-elles ac­cueillir le Tour de France en août ?

Dans l’hy­po­thèse d’un re­port de quelques se­maines du Tour de France, les maires des villes-étapes se disent ca­pables de sou­plesse. Une Grande Boucle en août ne leur po­se­rait pas de pro­blème.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR CH­RIS­TOPHE BÉRARD

AUX ÉLEC­TIONS

mu­ni­ci­pales, le Tour de France se­rait élu haut la main. Si la Grande Boucle ne de­vait pas se dis­pu­ter aux dates pré­vues (27 juin19 juillet) mais plus tard, les villes-étapes ne se dres­se­ront pas sur sa route.

A prio­ri, toutes les mairies concer­nées se disent prêtes, le cas échéant, à ac­cep­ter un re­port. ASO, l’or­ga­ni­sa­teur du Tour, tra­vaille en ef­fet sur l’hy­po­thèse d’un dé­part de Nice (Alpes-Ma­ri­times) le 25 juillet pour une ar­ri­vée à Pa­ris le 16 août, si les condi­tions sa­ni­taires le per­mettent, donc si la pan­dé­mie est der­rière nous. Mais les or­ga­ni­sa­teurs y songent très sé­rieu­se­ment, puis­qu’ils ont dé­jà son­dé les mu­ni­ci­pa­li­tés-hôtes. Au-de­là même de l’ar­gent dé­pen­sé (80 000 € pour une ville-dé­part et 120 000 € pour une ar­ri­vée), qui doit être ren­ta­bi­li­sé avec la ve­nue des cou­reurs, les édiles ou leurs ad­joints aux sports veulent tous voir, dans la te­nue du Tour de France 2020, une vic­toire sur la pan­dé­mie.

Ils sont ain­si una­nimes pour re­fu­ser la pers­pec­tive évo­quée il y a quelques jours par Roxa­na Ma­ra­ci­nea­nu, la mi­nistre des Sports, d’un Tour à huis clos, donc no­tam­ment pri­vé de spec­ta­teurs sur les aires de dé­part et d’ar­ri­vée. « C’est un pe­tit faux pas ver­bal pas très grave mais in­fon­dé, ex­plique JeanF­ran­çois De­bat, le maire de Bourg-en-Bresse. Le Tour, c’est la France. Donc il ne peut avoir lieu qu’avec du pu­blic. » Pour l’édile bres­san, sa ville se­rait par­fai­te­ment en ca­pa­ci­té d’ac­cueillir plus tard que pré­vu le dé­part de la 19e étape. « Que l e To u r n e v i e n n e p a s le 17 juillet mais en août si be­soin ne se­ra pas un sou­ci pour nous, pré­cise-t-il. On mo­bi­li­se­ra les gens cen­sés tra­vailler sur le Tour à une autre date. Si ASO (NDLR : l’or­ga­ni­sa­teur de l’épreuve) nous de­mande de bou­ger, nous di­rons oui dans la mi­nute. Bourg-en-Bresse a dé­jà ac­cueilli le Tour en 2016 et on maî­trise son ac­cueil. »

A Pau (Py­ré­nées-At­lan­tiques), Jo­sy Pouey­to, l’his­to­rique ad­jointe aux sports de Fran­çois Bay­rou, donne aus­si son blanc-seing. « Nous sommes tel­le­ment heu­reux de re­ce­voir le Tour que nous ne se­rons ja­mais un pro­blème, lance-t-elle. Le Tour, c’est notre fête et le ca­deau aux Pa­lois. Ce qui compte, c’est que les gens puissent ve­nir. Si on nous dit qu’il y a plus de chances que le Tour ait lieu en août, eh bien, ce se­ra en août. » Quand on lui ob­jecte que la gi­gan­tesque de­mande hô­te­lière de la ca­ra­vane du Tour (équipes, or­ga­ni­sa­tion, ou mé­dias) pour­rait po­ser pro­blème en août, Jo­sy Pouey­to sou­rit : « En ce mo­ment, nos hô­te­liers sont très loin de re­ce­voir des de­mandes pour août ! Il reste de la place. Le Tour, on sau­ra où le faire dor­mir. »

Ce se­rait presque une bonne nou­velle

A Nice, qui ac­cueille­ra le grand dé­part et les trois pre­mières étapes, le Tour 2020 est cru­cial pour la ville. Mais elle sau­ra bou­ger les dates. « Evi­dem­ment que le ca­len­drier en août compte des fes­ti­vi­tés, lâche Joël Mi­gliore, le conseiller sport de Ch­ris­tian Es­tro­si, le maire. Mais le grand dé­part est la prio­ri­té ab­so­lue. Si on doit dé­pla­cer des choses pré­vues en août, ce se­ra fait. Nice est une ville qui vit du tou­risme et nous sau­rons chan­ger les dates des ré­ser­va­tions d’hô­tel. Nous sommes en re­la­tion per­ma­nente avec ASO, qui sait que nous pou­vons nous adap­ter. »

Eric Hou­ley, le maire de Lure (Haute-Saône), théâtre du dé­part du contre-la-montre qui s’achève à la Planche-des-Belles-Filles, la veille de l’ar­ri­vée, se montre tout aus­si souple : « Dans les Vosges, ob­jec­ti­ve­ment, il n’y au­ra pas une grosse ac­ti­vi­té tou­ris­tique dans la pre­mière quin­zaine d’août. Le cas échéant, on s’adap­te­ra. Il fau­dra évi­dem­ment être pré­ve­nus ra­pi­de­ment. Si la dé­ci­sion tombe au­tour du 15 mai, on pour­rait s’or­ga­ni­ser sans pro­blème. »

Da­niel Galland, vice-pré­sident du dé­par­te­ment des Hautes-Alpes char­gé du sport, se porte ga­rant de la sou­plesse lo­cale pour les 4e et 5e étapes : « Le Tour est tel­le­ment im­por­tant pour nous, sou­pire-t-il, que tout ce que nous pour­rons faire pour lui se­ra ef­fec­tué. C’est pri­mor­dial pour la vie et le mo­ral des Fran­çais. Il se­ra la fête de l’après-vi­rus. Je pré­fère lar­ge­ment le re­tar­der que le voir sans spec­ta­teurs. Ce n’est pas pour l’ar­gent dé­pen­sé, mais vous ima­gi­nez Ch­ris­tian Prud­homme, le pa­tron, sor­tir la tête de sa voi­ture à Gap et le­ver le dra­peau du dé­part sans per­sonne pour le voir ? Non ! Pour l’ins­tant, on ne nous a rien de­man­dés, mais nous bou­ge­rons si be­soin. »

Ra­phaël Co­gnet, le maire de Mantes-la-Jo­lie (Yve­lines), dé­part de la der­nière étape, re­garde le ca­len­drier aoû­tien de sa ville et se dit presque qu’un dé­ca­lage se­rait une bonne nou­velle. « On avait un été de fo­lie avec des courses, un jum­ping, des sa­lons et tout a été an­nu­lé, se dé­sole-t-il. Si le Tour nous de­mande de lui trou­ver de la place bien après le 19 juillet, on y ar­ri­ve­ra sans pro­blème, croyez-moi ! » Et, pour fi­nir, ac­cueillir l’ar­ri­vée du Tour le 16 août ne po­se­rait éga­le­ment au­cun sou­ci à la Ville de Pa­ris. La Grande Boucle en août fait l’una­ni­mi­té !

“C’EST PRI­MOR­DIAL POUR LA VIE

ET LE MO­RAL DES FRAN­ÇAIS. LE TOUR SE­RA LA FÊTE DE L’APRÈS-VI­RUS. DA­NIEL GALLAND, VICE-PRÉ­SIDENT DU DÉ­PAR­TE­MENT DES HAUTES-ALPES

Pour Nice, qui doit ac­cueillir le grand dé­part et les trois pre­mières étapes, le Tour 2020 est cru­cial.

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