Bru­no So­lo a l’es­prit va­ga­bond !

Cette se­maine, nous vous fai­sons par­ta­ger le quo­ti­dien des cé­lé­bri­tés confi­nées. Au­jourd’hui, le co­mé­dien, fervent dé­fen­seur des en­fants, appelle aus­si à la vi­gi­lance.

Le Parisien (Paris) - - SPECIAL CO­RO­NA­VI­RUS - PAR ANIS­SA HAM­MA­DI

IL DE­VAIT PRÉ­SEN­TER la 32e Nuit des Mo­lières le 11 mai. En at­ten­dant la cé­ré­mo­nie, pour l’ins­tant re­por­tée en juin, le co­mé­dien et scé­na­riste Bru­no So­lo songe à un tout autre spec­tacle : ce­lui du confi­ne­ment. « Nous sommes moins mo­biles qu’à l’ac­cou­tu­mée, mais rien n’in­ter­dit à nos es­prits de va­ga­bon­der ! J’es­père des len­de­mains meilleurs, du­rant les­quels nous fe­rons preuve d’une sa­gesse aus­si conta­gieuse que le vi­rus », phi­lo­sophe la ve­dette de « Ca­mé­ra Ca­fé », an­cienne mi­ni-sé­rie de M6.

Au té­lé­phone, on sent bien que dis­cu­ter de son confi­ne­ment « confor­table » à Meu­don, dans les Hauts-de-Seine, ne l’in­té­resse guère. Mais Bru­no So­lo est un homme po­li, sym­pa, ac­ces­sible, alors il ne montre rien et fait l’ef­fort de se prê­ter au jeu. « On es­saie d’avoir une dis­ci­pline. Je me lève entre 8 et 9 heures, je fais du sport, je cours sur l’ave­nue du Châ­teau plu­sieurs fois de suite. On ha­bite une ville agréable, où il y a de la place, de l’es­pace, c’est un bonheur de vivre ici ».

Des ri­tuels en fa­mille

À la mai­son, c’est lui qui est de cor­vée de courses. Il y va tou­jours « so­lo », deux fois par se­maine. « D’ha­bi­tude, on en­tend les ru­meurs de Pa­ris et là ce n’est plus le cas, re­marque l’ac­teur. C’est une sen­sa­tion étrange, fas­ci­nante, cette ville gi­gan­tesque et fan­tôme, au pied de Meu­don, qui se tait ».

Avec sa fa­mille, il es­saie d’ins­tau­rer des ri­tuels. Entre les de­voirs et le dî­ner, s’im­misce dé­sor­mais un jeu de so­cié­té. « On re­garde peu la té­lé, on s’oc­cupe de nos chats ». Lui, il bou­quine, tra­vaille, conti­nue à pré­pa­rer la cé­ré­mo­nie des Mo­lières. Pas­sion­né d’histoire, Bru­no So­lo pro­fite du confi­ne­ment pour avan­cer sur l’écri­ture d’un livre his­to­rique. Avant d’être bou­clé chez soi, on pou­vait voir Bru­no So­lo sur les planches du théâtre de Pa­ris, dans la co­mé­die « Dix ans après », de David Foen­ki­nos. Nul ne sait quand la pièce re­pren­dra, mais il pré­fère en plai­san­ter : « avant dix ans, j’es­père ! »

Cô­té pe­tit écran, la sé­rie « Grand Hô­tel » sur TF 1, dans la­quelle il jouait aux cô­tés de Ca­role Bou­quet, est à l’ar­rêt. En juin, Bru­no So­lo de­vait aus­si re­prendre le tour­nage de sa sé­rie do­cu­men­taire fic­tion, « La guerre des trônes » dif­fu­sée sur France 5, dans la­quelle il re­trace l’histoire de l’Eu­rope. « On ne sait pas quand tout va re­prendre, mais ce n’est pas l’es­sen­tiel, sou­ligne le co­mé­dien. Il me semble que nous avons pris un peu plus conscience des autres. On se rend compte à quel point ceux qui peuvent nous rendre la vie meilleure sont sol­li­ci­tés : les ven­deurs, les cais­siers, les in­fir­miers. Je leur dis chapeau ». En­ga­gé de­puis des an­nées contre les vio­lences do­mes­tiques, Bru­no So­lo est sur­tout pré­oc­cu­pé par « les femmes et les en­fants qui souffrent ». « Ma pen­sée la plus sin­cère et la plus forte va vers ceux pour qui le confi­ne­ment prend un tour bar­bare », in­siste le par­rain de l’as­so­cia­tion La Voix de l’En­fant. Il en parle vo­lon­tiers, de ce confi­ne­ment-là, pour pas­ser un mes­sage es­sen­tiel : « Moi je suis avec ma femme et mes en­fants, on a le de­voir de ne pas se plaindre. C’est aus­si notre de­voir de ta­per à la porte et de de­man­der ce qu’il se passe si on en­tend des cris sur le pa­lier d’à cô­té ; d’ap­pe­ler le 119 si né­ces­saire. Il faut être vi­gi­lant. »

On le de­voir de ne pas se plaindre BRU­NO SO­LO

« Je confine donc je classe… ma bi­blio­thèque », nous confie Bru­no So­lo de­puis Meu­don (92).

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