«Im­pos­sible de tes­ter 66mil­lions de Fran­çais»

Pour Oli­vier Vé­ran, le mi­nistre de la San­té, ce­la n’au­rait pas de sens.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - PAR BER­TRAND METAYER ET LAU­RENCE VOYER

PAS QUES­TION de lan­cer des tests sys­té­ma­tiques sur l’en­semble de la po­pu­la­tion fran­çaise afin de lut­ter contre la pro­pa­ga­tion du co­ro­na­vi­rus. Le mi­nistre de la San­té, Oli­vier Vé­ran, l’a mar­te­lé hier lors de la vi­site d’un la­bo­ra­toire de Seine-Saint-De­nis. « On va faire tes­ter 66 mil­lions de Fran­çais tous les jours ? C’est im­pos­sible, au­cun pays au monde ne le fait », a-t-il ré­pé­té, rap­pe­lant qu’un test vi­ro­lo­gique né­ga­tif ef­fec­tué un jour n’em­pê­chait pas de contrac­ter le vi­rus le len­de­main sans le sa­voir. Ces tests PCR, réa­li­sés grâce à un pré­lè­ve­ment dans le nez, ne ré­agissent que si le pa­tient est at­teint à l’ins­tant T. Oli­vier Vér ana d’ailleurs re­con­nu que les ca­pa­ci­tés ac­tuelles ne per­met­taient pas leur gé­né­ra­li­sa­tion. « Nous avons dé­pas­sé les 50 000 tests par jour. L’ob­jec­tif est de réa­li­ser au moins 500 000 à 700 000 tests par se­maine à par­tir du mo­ment où nous lè­ve­rons pro­gres­si­ve­ment le confi­ne­ment. »

Les per­sonnes sus­cep­tibles d’en bé­né­fi­cier se­ront celles qui pré­sentent des symp­tômes du Co­vid-19 ain­si que toutes celles ayant été en con­tact rap­pro­ché avec des cas confir­més.

Des pa­tients en­voyés au Luxem­bourg

On en est en­core loin. Au­jourd’hui, seuls les cas graves font l’ob­jet d’un dé­pis­tage par PCR, con­trai­re­ment à ce qui se passe dans d’autres pays eu­ro­péens. Ven­dre­di, Au­drey, la tren­taine, qui ha­bite en Meurthe-et-Mo­selle, à la fron­tière du Luxem­bourg, y a donc été en­voyée par son mé­de­cin pas­ser un test. Là-bas, toute per­sonne pré­sen­tant des symp­tômes est éli­gible.

« Je suis cou­verte de bou­tons et j’ai de la fièvre. La doc­teure m’a dit que, dans mon cas, je ne se­rais ja­mais tes­tée en France. Comme elle avait un sé­rieux doute, elle pré­fé­rait que j’en passe un au Luxem­bourg. Elle y avait dé­jà en­voyé plu­sieurs pa­tients. C’est mieux de sa­voir pour ne pas conta­mi­ner mes col­lègues et les clients car je tra­vaille dans l’ali­men­taire. » La jeune femme at­tend les ré­sul­tats pour ce ma­tin. « Je fais dé­jà at­ten­tion aux gestes bar­rière, mais si j’ai le Co­vid, je pren­drai en­core plus de dis­po­si­tions », ajoute-t-elle.

« Un dé­pis­tage tous azi­muts dans une en­tre­prise, ce­la n’a pas de sens au ni­veau mé­di­cal et scien­ti­fique », a par ailleurs mar­te­lé le mi­nistre, alors que plu­sieurs en­tre­prises veulent mettre en place ce type d’ac­tion au mo­ment du dé­con­fi­ne­ment du 11 mai. Oli­vier Vé­ran a pré­ci­sé que ces tests consti­tuaient « un exa­men mé­di­cal qui ne peut pas être im­po­sé » et de­vaient se faire sur « pres­crip­tion mé­di­cale ».

L’ob­jec­tif est de réa­li­ser au moins 500 000 à 700 000 tests par se­maine

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