« Il est très fa­cile de trou­ver des opé­ra­teurs non contrô­lés »

Le Parisien (Seine et Marne) - - FAIT DU JOUR - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC

JEAN-FRAN­ÇOIS VILOTTE est avo­cat as­so­cié chez De Gaulle Fleu­rance & As­so­ciés. Il a di­ri­gé de 2009 à 2014 l’Au­to­ri­té de ré­gu­la­tion des jeux en ligne. Etes-vous sur­pris qu'un match aus­si im­por­tant et mé­dia­ti­sé puisse être l'ob­jet d'une cor­rup­tion ?

J.-F.V. Ce n'est pas sur­pre­nant, même si c'est à chaque fois éton­nant. Il faut vivre avec l'idée qu'il n'y a au­cun match, quel que soit le ni­veau et quel que soit le sport, à l'abri d'une ma­ni­pu­la­tion en lien avec des pa­ris spor­tifs. Il existe en­core bon nombre de pays qui ne ré­gulent pas l'ac­ti­vi­té des opé­ra­teurs de pa­ris.

Quelles sont ces zones?

En Chine, à Hong­kong, les jeux d'ar­gent et les pa­ris sont in­ter­dits mais, de fait, il y a une ac­ti­vi­té flo­ris­sante. Beau­coup de pays eu­ro­péens, comme Malte, n'ont pas mis en place de ré­gu­la­tion. Il y a des zones de grande li­bé­ra­li­té, comme le De­la­ware aux Etats-Unis. C'est très fa­cile de trou­ver des opé­ra­teurs qui ne sont pas contrô­lés. Com­ment s'y prend-on pour mi­ser 5 M€, la somme évo­quée dans cette af­faire ?

Ce­la se passe sur In­ter­net, sur des sites non géo­blo­qués. Vous ré­par­tis­sez les pa­ris entre plu­sieurs opé­ra­teurs de sorte d'être le moins vi­sible pos­sible. Vous pou­vez aus­si vous rendre phy­si­que­ment chez un opé­ra­teur pour pa­rier. Des ré­seaux cri­mi­nels s’or­ga­nisent pour ré­par­tir les mises.

Quel est le sens de l'his­toire : al­ler vers plus de pa­ris illé­gaux ou da­van­tage de sur­veillance ef­fi­cace ?

Je suis plu­tôt op­ti­miste. Il y a de plus en plus de ré­gu­la­teurs à l'échelle eu­ro­péenne, aux Etats-Unis. Il existe éga­le­ment une conjonc­tion d'in­té­rêt. Le sport est de plus en plus convain­cu que ces ma­ni­pu­la­tions abaissent la va­leur éco­no­mique des com­pé­ti­tions. Les opé­ra­teurs de jeu sé­rieux prennent conscience que la ma­ni­pu­la­tion est à leur dé­tri­ment. En­fin, mal­gré les re­tards pris, les au­to­ri­tés pu­bliques se rendent compte que der­rière ce pro­blème, il y a des ré­seaux cri­mi­nels de blan­chi­ment d'ar­gent. Elles veulent donc ré­gu­ler.

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