Isa­belle Nan­ty, avo­cate sauce pi­quante

La co­mé­dienne re­vient ce soir sur TF 1 (à 21 heures) en en­dos­sant la robe de Munch, l’avo­cate aty­pique.

Le Parisien (Seine et Marne) - - LOISIRS - PRO­POS RECUEILLIS PAR CARINE DI­DIER

IN­TER­DITE d’exer­cer quelques jours par l’Ordre des avo­cats, Munch n’a rien per­du de ses mé­thodes peu aca­dé­miques pour dé­fendre les bonnes causes. De re­tour ce soir à l’an­tenne, l’avo­cate hors des clous de TF 1 (21 heures) va ai­der un pa­pa déses­pé­ré et ac­cu­sé de meurtre à prou­ver son in­no­cence (for­mi­dable JoeyS­tarr). Un rôle sur me­sure pour Isa­belle Nan­ty qu’on au­rait bien ima­gi­née au bar­reau si elle n’avait pas été co­mé­dienne et met­teur en scène.

Com­ment Munch évo­lue-t-elle ?

ISA­BELLE NAN­TY. Elle est tou­jours dans la même éner­gie de vé­ri­té. Mais, à la suite d’évé­ne­ments per­son­nels, elle baisse un peu la garde et s’at­ten­drit. Elle gagne en hu­mi­li­té aus­si.

Si vous étiez avo­cate, quelle spé­cia­li­té choisiriez-vous : droit pé­nal, de la fa­mille, des af­faires ?

Je trou­ve­rais idéal un avo­cat à la fois pen­seur de l’époque et in­ves­ti dans la pro­tec­tion de la dé­mo­cra­tie et des droits hu­mains. Je m’oc­cu­pe­rais de tout ce qui me­nace la pen­sée des Lu­mières. Je m’in­ves­ti­rais au­près des po­pu­la­tions dé­pla­cées ou face à la mon­tée des ex­tré­mismes.

Quelle plai­doi­rie ai­me­riez-vous me­ner si vous étiez dans un tri­bu­nal ?

Une plai­doi­rie comme celle de Gi­sèle Ha­li­mi en fa­veur des femmes, de Si­mone Veil sur l’avor­te­ment, de Ro­bert Ba­din­ter contre la peine de mort ou de Mar­tin Lu­ther King contre la dis­cri­mi­na­tion ra­ciale. Les avo­cats doivent oc­cu­per cette place-là. Ce que ne fait pas Munch qui est exac­te­ment comme moi : je n’ai pas de grandes pen­sées mais j’ai des pe­tites ac­tions ! Je suis plus concer­née par la fra­ter­ni­té.

Avez-vous ré­pon­du à l’ap­pel de Mu­riel Ro­bin en fa­veur des femmes bat­tues ?

Je ne signe pas beau­coup de pé­ti­tions. Mais là, je n’ai pas hé­si­té car il s’agit des violences à l’égard des femmes. Il y a des pays où la femme est of­fi­ciel­le­ment consi­dé­rée comme un sous-hu­main. Ce­la mé­ri­te­rait de belles plai­doi­ries.

Munch plaide peu. Quelles fi­celles ora­toires lui don­ner ?

Jus­te­ment, pas de fi­celles ora­toires. Moi, j’ai des dif­fi­cul­tés de concen­tra­tion. Si­tôt qu’il y a quelque chose de trop théâ­tral, je ne sais plus de quoi on parle. Or le lan­gage ju­ri­dique éloigne. Je ten­te­rais donc de faire pas­ser ma convic­tion par le coeur.

C’est aus­si votre prio­ri­té quand vous met­tez en scène, par exemple, « l’Hô­tel du li­breé­change », de Georges Fey­deau ?

Oui. Tout mot écrit est is­su d’un coeur. Même chez Fey­deau, la mé­ca­nique est d’au­tant plus forte quand on sent qu’elle est mue par des âmes en souf­france. Si on ne fait que re­pré­sen­ter la forme, on n’en­tend pas tout et le pu­blic est moins tou­ché. Or, par­mi les idées qui tra­versent au­jourd’hui la po­li­tique et la so­cié­té, tout est sur­vo­lé et on ne com­prend rien. C’est pour­tant simple : la prio­ri­té est d’ai­der les gens en dif­fi­cul­té.

Qu’est-ce qui vous touche par­ti­cu­liè­re­ment ?

Le sort des sans-abri, des mi­grants. On ne peut pas tout le temps comp­ter sur des as­so­cia­tions, des vo­lon­tés in­di­vi­duelles pour ré­soudre les pro­blèmes. Dans la course à la consom­ma­tion, on en ou­blie la pla­nète sur la­quelle on vit et les hu­mains. Quelque chose cloche dans la ré­par­ti­tion des biens.

JE N’AI PAS DE GRANDES PEN­SÉES MAIS J’AI DES PE­TITES

” AC­TIONS !

Pour son grand re­tour, Me Ga­brielle Mun­chovs­ki, alias Munch, plai­de­ra la cause d’un père de fa­mille in­car­né par JoeyS­tarr. La ren­contre pro­met de faire des étin­celles !

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