La me­nace black bloc

Le Parisien (Seine et Marne) - - FAIT DU JOUR - PAR NI­CO­LAS JAC­QUARD ET JÉRÉMIE PHAM-LÊ

UNE ME­NACE dans la me­nace. Alors que 72 chefs d’Etat et 98 dé­lé­ga­tions étran­gères sont at­ten­dus de­main pour les com­mé­mo­ra­tions du 11 No­vembre, un ras­sem­ble­ment an­ti-Trump a été au­to­ri­sé le même jour place de la Ré­pu­blique à Pa­ris, à 14 heures, où sont at­ten­dues « plu­sieurs mil­liers de per­sonnes », se­lon la pré­fec­ture de po­lice (PP), qui dit se pré­pa­rer à « un risque de dé­bor­de­ments dû à la créa­tion at­ten­due d’un black bloc ».

Ce que confirme une note confi­den­tielle de la di­rec­tion du ren­sei­gne­ment de la PP (DRPP) à la­quelle nous avons eu ac­cès : « Si l’op­tion du ras­sem­ble­ment est confir­mée, 200 à 400 élé­ments à haute po­ten­tia­li­té vio­lente pour­raient cher­cher à par­tir en dé­am­bu­la­tion sau­vage et ten­ter de re­joindre les abords de l’am­bas­sade des Etats-Unis, du pa­lais de l’Ely­sée (Pa­ris VIIIe) et/ ou de la Grande Halle de la Villette (XIXe) où se­ra inau­gu­rée la pre­mière édi­tion du Fo­rum de Pa­ris sur la paix. »

A ce qu’il est conve­nu d’ap­pe­ler dé­sor­mais le cor­tège de tête, « 300 à 600 sym­pa­thi­sants sui­veurs, ti­rant pro­fit […] d’une contes­ta­tion so­ciale du gou­ver­ne­ment qui va gran­dis­sant » pour­raient se joindre.

De fait, les an­ti­ca­pi­ta­listes ra­di­caux ont pré­vu de don­ner de la voix. Sur l’un de leurs sites de ré­fé­rence, Pa­ris-luttes.in­fo, est lan­cé un ap­pel à la mo­bi­li­sa­tion. « La ve­nue de Do­nald Trump à Pa­ris est une of­fense à toutes les vic­times de sa po­li­tique, jus­ti­fie le texte. Nous ap­pe­lons donc à la mo­bi­li­sa­tion contre cette mas­ca­rade de célébration de la fin d’une bou­che­rie aux cô­tés des bou­chers d’au­jourd’hui, en mé­moire des mil­lions de morts, de bles­sés et de dis­pa­rus. »

« ÇA RISQUE DE CHAUF­FER » UN PO­LI­CIER DE TER­RAIN

La note de ren­sei­gne­ment pré­cise que l’énorme bal­lon ca­ri­ca­ture Ba­by Trump, uti­li­sé à Londres le 13 juillet der­nier lors de la ve­nue du pré­sident amé­ri­cain au Royaume-Uni, de­vrait fi­gu­rer dans le ras­sem­ble­ment place de la Ré­pu­blique. Se­lon la DRPP, « la mou­vance ul­tra­gauche consi­dère la ve­nue du pré­sident amé­ri­cain comme une of­fense, voyant en lui le chantre du ca­pi­ta­lisme exa­cer­bé et du ra­cisme or­di­naire. Son in­vi­ta­tion est per­çue comme une pro­vo­ca­tion d’Em­ma­nuel Ma­cron ». Les pro­tes­ta­tions, est-il pré­ci­sé, pour­raient s’élar­gir à ce que ces mi­li­tants nomment les « fau­teurs de guerres », à sa­voir les pré­si­dents russe, Pou­tine, turc, Er­do­gan, et le Pre­mier mi­nistre is­raé­lien, Ne­ta­nya­hou.

Pour ce week-end, près de 10 000 po­li­ciers ont été mo­bi­li­sés sur l’en­semble du dis­po­si­tif et des cé­ré­mo­nies of­fi­cielles qui s’éta­le­ront sur tout le week-end (lire ci-contre). Le mi­nistre de l’In­té­rieur, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, s’est dit « se­rein et confiant », tout en rap­pe­lant qu’il fal­lait faire preuve d’une ex­trême vi­gi­lance, au­tant face au risque ter­ro­riste, qu’en rai­son de ce­lui lié « la mou­vance ra­di­cale ». « Ça risque de chauf­fer », ap­puie un po­li­cier de ter­rain.

Les agents de plu­sieurs ser­vices ont été rap­pe­lés en rai­son de la pré­sence at­ten­due des au­to­nomes, ce qui si­gni­fie qu’il est de­man­dé aux fonc­tion­naires d’être pré­sents même lors­qu’ils avaient pré­vu d’être en congé ou en week-end. C’est no­tam­ment le cas des bri­gades an­ti­cri­mi­na­li­té, ain­si que ceux ap­par­te­nant aux com­pa­gnies de sé­cu­ri­sa­tion et d’in­ter­ven­tion.

Des cen­taines de mi­li­tants vio­lents pour­raient cher­cher à re­joindre les abords de l’am­bas­sade des Etats-Unis ou du pa­lais de l’Ely­sée...

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