« La vio­lence peut dé­cré­di­bi­li­ser le mou­ve­ment »

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - SEINE-SAINT-DENIS - VIC­TOR TAS­SEL

LES SCÈNES de vio­lence aux abords des ly­cées, Maya Lais­né, 17 ans, les « com­prend ». « Ce n’est pas très in­tel­li­gent, et ça peut dé­cré­di­bi­li­ser le mou­ve­ment. Mais ce­la peut per­mettre de se faire en­tendre, jus­ti­fie l’élève en ter­mi­nale L. Dans mon ly­cée, par exemple, il n’y a pas de dé­bor­de­ment donc on nous en­tend très peu. »

La jeune fille fait par­tie des or­ga­ni­sa­teurs du blo­cus au ly­cée Flo­raT­ris­tan, à Noi­sy-le-Grand. Depuis une se­maine, au­cun in­ci­dent n’est à dé­plo­rer. Sa re­cette : la com­mu­ni­ca­tion. « Les élèves doivent sa­voir pour­quoi et com­ment nous blo­quons, sou­ligne-t-elle. Si c’est bien or­ga­ni­sé, que cha­cun sait ce qu’il doit faire, tout se passe cal­me­ment. »

Maya a le sen­ti­ment de ne pas « être écou­tée » par le gou­ver­ne­ment. Elle es­time que les ré­formes du Bac et du ly­cée vont « ac­cen­tuer la pres­sion sur les élèves ». Et Par­cour­sup, « désa­van­ta­ger » les jeunes de Seine-Saint-De­nis. « La sé­lec­tion pri­vi­lé­gie les élèves de Pa­ris, plu­tôt que nous. Alors que nous ne sommes pas moins bons qu’eux ! »

En­ga­gée, elle « ré­flé­chit » avec des ca­ma­rades d’autres ly­cées à d’autres ac­tions la se­maine pro­chaine. « Des ma­ni­fes­ta­tions, par exemple, confie la jeune fille. Le blo­cus est une so­lu­tion comme une autre, mais cer­tains sont contre. » Elle at­tend le ren­dez­vous du 14 dé­cembre, au rec­to­rat. « Si ça se passe mal, nous conti­nue­rons le mou­ve­ment. »

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MON LY­CÉE, PAR EXEMPLE, IL N’Y A PAS DE DÉ­BOR­DE­MENT DONC ON NOUS EN­TEND TRÈS PEU

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