La se­conde vie (éphé­mère) de l’ex-usine Bus­so

Le col­lec­tif Souk­ma­chines va y créer des es­paces de tra­vail et or­ga­ni­ser des évé­ne­ments dans une des cours ex­té­rieures.

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - SEINE-SAINT-DENIS - PAR EL­SA MARNETTE

AU REZ-DE-CHAUS­SÉE, les sé­choirs, les fri­gos dé­diés aux boyaux, les ma­chines de dé­cou­page sont tou­jours là. A l’étage, il reste des sty­los et un vieux cen­drier sur le bu­reau de bois du di­rec­teur. L’an­cienne usine de sa­lai­sons Bus­so, au coeur du Pré-SaintGervais, est res­tée dans son jus.

Un for­mi­dable ter­rain de jeu pour le col­lec­tif Souk­ma­chines qui vient de rem­por­ter l’ap­pel à pro­jets lan­cé par Est En­semble pour oc­cu­per cette friche de fa­çon tem­po­raire. Le groupe s’est fait connaître pour avoir ima­gi­né et ani­mé la halle Pa­pin, lieu fes­tif, bran­ché et éphé­mère de Pan­tin qui vit ac­tuel­le­ment ses der­niers jours.

Au Pré-Saint-Ger­vais, Souk­ma­chines s’est as­so­cié au Bus­so­lik, un col­lec­tif de pa­rents dé­si­reux de créer un lieu de vie. « Dans le cadre de la pré­pa­ra­tion de mon mas­ter 2, mon mé­moire se ba­sait sur une ques­tion : et si Bus­so de­ve­nait un lieu plu­ri­dis­ci­pli­naire pour la ville ? Je me suis amu­sé à rê­ver et… le pro­jet s’est con- cré­ti­sé ! C’est fou », sou­rit Er­wan Al­lain­mat, fon­da­teur de Bus­so­lik.

Dans les pro­chains mois, des es­paces de tra­vail vont être amé­na­gés dans cette gi­gan­tesque usine de 7 000 m2 fer­mée depuis 2012, dont une pe­tite par­tie est dé­jà oc­cu­pée par le ga­rage mu­ni­ci­pal et le ser­vice com­mu­ni­ca­tion de la mai­rie.

UNE PÉ­PI­NIÈRE DE 200 À 250 PER­SONNES

« A la halle Pa­pin, nous avons beau­coup d’ar­tistes, des construc­teurs, ébé­nistes, gra­phistes, ar­chi­tectes, sé­ri­gra­phistes… énu­mère Yoann Till, res­pon­sable de Souk­ma­chines. On veut gar­der cette mixi­té. L’idée, c’est que ça de­vienne une pé­pi­nière, que ça crée des sy­ner­gies entre les gens. Nous, on anime le lieu, on or­ga­nise des évé­ne­ments. Et on es­saie de faire des prix très bas. » Se­lon lui, les lo­ca­taires paie­ront par mois 8 à 12 € du m2 pour une « mise à dis­po­si­tion » d’un es­pace de tra­vail. 200 à 250 per­sonnes pour­raient s’y ins­tal­ler.

Quant aux ha­bi­tants, ils se­ront ré­gu­liè­re­ment conviés à des évé­ne­ments à la bu­vette as­so­cia­tive dès le prin­temps, dans une des cours du bâ­ti­ment. « On est vrai­ment dans la ville donc on va pro­po­ser des ani­ma­tions qui ne gé­nèrent pas de bruit comme des re­pas, des lec­tures ou des ex­po­si­tions », prend soin de pré­ci­ser Yoann Till.

Cette oc­cu­pa­tion tem­po­raire n’em­pêche pas la mu­ni­ci­pa­li­té de ré­flé­chir à ce que de­vien­dra Bus­so, der­nière vaste ré­serve fon­cière du Pré, dans les an­nées à ve­nir. Une pre­mière réunion de concer­ta­tion se tien­dra mer­cre­di.

▣ Réunion mer­cre­di à 19 heures, dans le préau de l’école Pierre-Bros­so­lette, 34, ave­nue Jean-Jau­rès

Le Pré-Saint-Ger­vais, mar­di. Entre les mains du col­lec­tif qui a ani­mé la halle Pa­pin, à Pan­tin, cette usine de sa­lai­sons de 7 000 m2, fer­mée depuis 2012 et res­tée dans son jus, va se muer en lieu plu­ri­dis­ci­pli­naire

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