Dé­les­tée de sa dé­lé­ga­tion sans ex­pli­ca­tion Le 3e âge aus­si­tôt ré­cu­pé­ré... par Bri­gitte Mar­si­gny

La maire Bri­gitte Mar­si­gny a re­ti­ré la charge d’ad­jointe au 3e âge à Anne Chu­che­rie, évo­quant un « dé­faut de confiance », sans plus de dé­tails. Son ma­ri avait su­bi le même sort en 2017.

Le Parisien (Seine Saint Denis) - - SEINE-SAINT-DENIS - PAR SÉ­BAS­TIEN THO­MAS ANNE CHU­CHE­RIE

IL Y AVAIT BEAU­COUP de tris­tesse et sans doute un peu de co­lère dans sa voix. Mais Anne Chu­che­rie a pré­fé­ré ne pas le mon­trer lors de son dis­cours de dé­part de l’exé­cu­tif mu­ni­ci­pal. Jeu­di soir, lors de la séance du con­seil, elle s’est vue re­ti­rer sa dé­lé­ga­tion du troi­sième âge à l’is­sue d’un vote des élus. Si­tôt après son in­ter­ven­tion, elle a quit­té la salle avec un autre élu, Mi­chel Bar­bie­ri, son époux.

L’op­po­si­tion a ré­cla­mé un vote à bul­le­tin se­cret mais Bri­gitte Mar­si­gny, la maire (LR), a refusé ar­guant qu’il eut fal­lu qu’un tiers des élus le ré­clame. « Nous n’avons au­cune ex­pli­ca­tion sur l’ori­gine de cette dé­ci­sion, re­grette Fran­çoise Guiche, élue PC. Mais comme le vote n’est pas se­cret, il n’y a au­cun risque de voix dis­cor­dantes. »

« EST-CE EN RAP­PORT AVEC SON ÉPOUX QUI AVAIT REFUSÉ DE VO­TER LA PRO­TEC­TION FONC­TION­NELLE DU MAIRE ? » EM­MA­NUEL CONSTANT, CONSEILLER PS

Elle n’est pas la seule à s’in­ter­ro­ger sur les rai­sons d’une telle évic­tion. « C’est le deuxième ad­joint à qui vous re­ti­rez une dé­lé­ga­tion en trois ans, note Mi­chel Miers­man, élu PS. Ce­la prouve un cer­tain nombre de dis­sen­sions dans votre ma­jo­ri­té. »

Pour Em­ma­nuel Constant, conseiller PS, l’ex­pli­ca­tion se­rait plus per­son­nelle. « Est-ce en rap­port avec l’époux de Mme Chu­che­rie qui a lui aus­si per­du sa dé­lé­ga­tion après avoir refusé de vo­ter la pro­tec­tion fonc­tion­nelle du maire ? » s’in­ter­roge-t-il. Mi­chel Bar­bie­ri s’était vu re­ti­rer sa charge à l’ur­ba­nisme en mai 2017 après s’être op­po­sé à cette de­mande du maire, qui avait été ac­cu­sée par une lettre ano­nyme de bra­der le pa­tri­moine et d’en ti­rer pro­fit. Une en­quête ju­di­ciaire est tou­jours en cours.

« C’EST L’ÉPILOGUE D’UN PRO­CES­SUS D’INCOMPRÉHENSION »

Anne Chu­che­rie y a fait al­lu­sion dans son in­ter­ven­tion. « C’est l’épilogue d’un pro­ces­sus d’incompréhension qui se se­rait amor­cé il y a quelques an­nées dé­jà et qui s’est ac­cen­tué après la mise à l’écart de Mi­chel Bar­bie­ri », ana­lyse-t-elle ajou­tant qu’elle « re­fuse de po­lé­mi­quer », lais­sant ses « col­lègues élus vo­ter en leur âme et conscience. »

Bri­gitte Mar­si­gny, elle, as­sume ce manque d’ex­pli­ca­tion. « Je ne ren­tre­rai pas dans des dé­tails qui ont été évo­qués lors des réunions de la ma­jo­ri­té. Un cer­tain de nombre de choses se sont pas­sées qui ne sont pas ac­cep­tables. Le dé­faut de confiance est évident. Croyez-moi, j’ai pris cette dé­ci­sion la mort dans l’âme. »

que la perte de la dé­lé­ga­tion qui a fait ja­ser l’op­po­si­tion. Son nou­veau ti­tu­laire a aus­si en­traî­né sa vague de com­men­taires. C’est en ef­fet Bri­gitte Mar­si­gny, en per­sonne, qui s’oc­cu­pe­ra du troi­sième âge. « C’est une dé­lé­ga­tion qui prend du temps, ob­serve Em­ma­nuel Constant, conseiller PS. Je doute que vous en ayez avec toutes vos res­pon­sa­bi­li­tés. »

« Vous avez dé­jà ré­cu­pé­ré celle de l’ur­ba­nisme, ren­ché­rit Mi­chel Miers­man. Vous de­vez ap­prendre à dé­lé­guer. » Des cri­tiques que l’édile ba­laie d’un re­vers de main. « Tout mon temps est consa­cré aux Noi­séens, ré­torque-t-elle. Par ailleurs, je ne suis pas toute seule. Vous n’avez pas d’in­quié­tudes à avoir. » Sté­pha­nie Ri­chard, jusque-là con­seillère dé­lé­guée à la pe­tite en­fance, rem­place Anne Chu­che­rie comme 18e maire ad­joint.

Noi­sy-le-Grand, jeu­di. L’élue Anne Chu­che­rie a refusé de po­lé­mi­quer et quit­té le con­seil à l’is­sue du vote.

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