Et Daph­né Bür­ki dé­cro­cha la Vic­toire du jam­bon-beurre

Un long si­lence de 18 se­condes, une im­pro de plus de deux mi­nutes. L’ani­ma­trice avait tout pour ra­ter ses Vic­toires de la mu­sique. Au fi­nal, on n’a par­lé que de sa pres­ta­tion drô­lis­sime.

Le Parisien (Val de Marne) - - LOAIUSFIIRL - DOS­SIER RÉA­LI­SÉ PAR MICHAËL ZOLTOBRODA AVEC PAUL GÉLI

Si vous tom­bez sur nous, nous sommes bien en di­rect sur France 2 et sur France In­ter. Et tout sim­ple­ment, c’est les joies du di­rect : on mange des sand­wichs et il y a des pannes de cou­rant. » De la 33e cé­ré­mo­nie des Vic­toires de la mu­sique, le 9 fé­vrier, on re­tien­dra le car­ton plein d’Orel­san, avec trois ré­com­penses. On se sou­vien­dra aus­si long­temps de la per­for­mance de Daph­né Bür­ki, obli­gée de com­bler l’an­tenne plus de deux mi­nutes. A 21 h 52, l’ani­ma­trice annonce l’ar­ri­vée d’Ed­dy de Pret­to, en lice pour le tro­phée de la ré­vé­la­tion scène. Mais l’ar­tiste ne vient pas. A la place, on as­siste à un long, très long si­lence de dix-huit se­condes.

Devant l’écran, on pense à un bug tech­nique de la pro­duc­tion ou que le chan­teur n’a pas été pré­ve­nu. Rien de tout ça. Ed­dy de Pret­to est bien der­rière la scène. Mais l’iP­hone avec le­quel il de­vait se fil­mer, pen­dant les trente pre­mières se­condes, ne fonc­tionne pas. « En ré­gie, on avait un écran noir, se sou­vient le réa­li­sa­teur Franck Bro­qua. Alors qu’on avait tout ca­lé lors des ré­pé­ti­tions la veille. » Ed­dy de Pret­to de­vait lan­cer la bande-son de son tube à par­tir de son or­di­na­teur. Sauf qu’un câble a été dé­bran­ché. « Tout a pé­té, nous avait-il ra­con­té le len­de­main. Du coup, on n’a rien pu faire de ce qu’on avait pré­vu. Ça m’a bien éner­vé. » Cô­té ré­gie, c’est la pa­nique. « On ne sa­vait pas à quel mo­ment son or­di­na­teur al­lait se re­lan­cer et si les don­nées avaient été per­dues, pour­suit le réa­li­sa­teur, qui ne dis­po­sait pas de co­pie. D’ha­bi­tude, on peut lan­cer un re­por­tage ou un mi­ni-best of en cas de panne, mais on n’en avait plus sous la main. On a beau­coup trans­pi­ré ce soir-là. »

NÉ­CES­SI­TÉ DE « MEUBLER »

Chan­ger l’ordre des pres­ta­tions ? « Im­pos­sible ! ex­plique Franck Bro­qua. Il y a trois scènes tour­nantes, mais, tech­ni­que­ment, c’est très com­pli­qué de mo­di­fier les plans et ça au­rait pris vrai­ment trop de temps. » Seule so­lu­tion : de­man­der à Daph­né Bür­ki d’im­pro­vi­ser. « Dans l’oreillette, on me di­sait Tu te dé­brouilles, tu meubles, ra­conte-t-elle. Ils étaient beau­coup plus stres­sés que moi. »

A l’an­tenne, on a en­ten­du : « Nous avons une panne, ça ar­rive quel­que­fois. […] Evi­dem­ment on va re­mettre les ma­chines en marche. Je pense que tout de­vrait fonc­tion­ner. » Mais pas d’amé­lio­ra­tion . « Bon, il n’y a rien qui fonc­tionne pour le mo­ment, en- chaîne l’ani­ma­trice. Ce n’est pas grave, ça va re­ve­nir. Vous sa­vez ce qu’on va faire ? Je vais prendre les com­mandes. J’ai pré­pa­ré les sand­wichs. Qui veut un jam­bon-beurre ? »

Une idée in­so­lite qu’elle avait gar­dée dans un coin de sa tête. « C’était une vanne qu’on se fai­sait entre nous, confie-t-elle. Heu­reu­se­ment qu’il res­tait deux sand­wichs de tech­ni­ciens en cou­lisses ! » Deux mi­nutes et vingt se­condes plus tard, le pro­blème est ré­so­lu. « On va quand même re­mettre la sauce puisque Ed­dy de Pret­to est vrai­ment prêt », lance Daph­né Bür­ki. Ré­sul­tat : c’est la sé­quence la plus com­men­tée de la soi­rée. L’ani­ma­trice tient sa vic­toire.

Bou­lo­gne­Billan­court (Hauts-de-Seine), le 9 fé­vrier. Daph­né Bür­ki pré­sen­tait la 33e cé­ré­mo­nie des Vic­toires de la mu­sique.

Bou­logne-Billan­court (Hauts-de-Seine), le 9 fé­vrier. Ed­dy de Pret­to a eu un pro­blème tech­nique, créant un mo­ment de flot­te­ment sur scène.

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