La mo­bi­li­sa­tion des ly­céens em­brase tout le dé­par­te­ment

Les mou­ve­ments contre la ré­forme du ly­cée ou le dis­po­si­tif Par­cour­sup se mul­ti­plient à tra­vers le Val-de-Marne. Dans le calme par­fois, avec des vio­lences sou­vent.

Le Parisien (Val de Marne) - - VAL-DE-MARNE - PAR MA­RION KREMP AVEC LA RÉ­DAC­TION DU VAL-DE-MARNE @Ma­rion­kremp

Les gre­nades la­cry­mo­gènes fusent et croisent les tirs de flash-ball en­voyés tous azimuts par les forces de l’ordre, au mi­lieu de près de 250 ly­céens. Comme à Cré­teil, Thiais ou Saint-Maur hier ma­tin, le blo­cus du ly­cée Pa­blo-Pi­cas­so de Fon­te­nay a tour­né à l’émeute, après que « des cas­seurs » se sont mê­lés aux élèves mo­bi­li­sés contre la ré­forme.

Après une se­maine de blo­cage dans les ly­cées du Val-de-Marne, le mou­ve­ment, qui avait dé­bu­té dans le calme à Fon­te­nay, s’est éten­du hier à tout le dé­par­te­ment. Mais sur­tout prend une forme as­sez in­édite de vio­lences ur­baines qui conta­mine les éta­blis­se­ments sans réelle lo­gique et va jus­qu’à des pillages dans des ma­ga­sins à Fresnes (lire page II). D’un jour à l’autre, ce ne sont pas les mêmes ly­cées qui sont tou­chés. Un phé­no­mène dé­sta­bi­li­sant pour le rec­to­rat de Cré­teil, mais aus­si pour les forces de l’ordre. Puisque à cer­tains en­droits, comme à Blum à Cré­teil, le mou­ve­ment s’est dé­rou­lé dans le calme.

Si bien qu’en fin de jour­née hier, ni le rec­to­rat ni les élèves ne sa­vaient com­ment les choses al­laient évo­luer au­jourd’hui et la se­maine pro­chaine. Au moins une ving­taine de ly­cées étaient mo­bi­li­sés hier : Bu­dé à Li­meil, Mis­tral à Fresnes, Bran­ly, Blum, SaintExu­pé­ry et Gu­ten­berg à Cré­teil, Louis-Armand à Nogent, Apol­li­naire à Thiais, Pi­cas­so à Fon­te­nay, De­la­croix et Paul-Bert à Mai­sons-Al­fort, Ma­cé à Vi­try, le ly­cée de Ca­chan, d’Ar­son­val à Saint-Maur… Al­fort­ville, Ville­neu­veSaint-Georges, Chen­ne­vières et Cham­pi­gny sont aus­si concer­nés. Une liste non ex­haus­tive qui s’agran­dit. Se­lon le rec­to­rat, la mo­bi­li­sa­tion est ce­pen­dant « com­pa­rable à celle de jeu­di ». Quand une pe­tite di­zaine d’éta­blis­se­ments seule­ment était blo­quée.

Les élèves, eux-mêmes, dé­plorent les dé­bor­de­ments qui se li­mi­taient à Nogent et Ca­chan jus­qu’à mar­di. Et ils pointent aus­si bien les « cas­seurs », qui dé­cré­di­bi­lisent leurs re­ven­di­ca­tions, que les po­li­ciers « vio­lents ».

« Un ami a été bles­sé à une jambe et le po­li­cier qui l’a tou­ché a le­vé les bras pour se ré­jouir. C’était cho­quant, j’ai vu des élèves se faire traî­ner au sol ! », dé­nonce un ly­céen de Gu­ten­berg, où les jeunes ont es­suyé des tirs de fla­shball à la mi-jour­née.

Alex, 14 ans, s’est, lui, fait « cas­ser la gueule » deux fois en une se­maine de mo­bi­li­sa­tion à Fon­te­nay : « Alors que j’ap­pe­lais les cas­seurs au calme, je me suis fait at­tra­per par trois jeunes qui m’ont frap­pé vio­lem­ment sans que les po­li­ciers ne ré­agissent. Par contre, ils ont fait beau­coup de zèle avec les gre­nades la­cry­mo et les flash-balls, des co­pains ont été tou­chés. »

A Fon­te­nay, des en­sei­gnants se disent at­tris­tés du manque de re­ven­di­ca­tions claires et d’en­ca­dre­ment du mou­ve­ment. « A notre époque, les ma­nifs étaient joyeuses et pleines d’es­poir. Là on n’en­tend au­cun mes­sage, il règne une co­lère in­quié­tante ».

PRÈS DE VINGT ÉTA­BLIS­SE­MENTS BLO­QUÉS

LIRE AUS­SI EN PAGES II et 10,11

Cré­teil, hier ma­tin. Un conte­neur pou­belle a été in­cen­dié de­vant le ly­cée Gu­ten­berg .

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