Trump cer­né parle pro­cu­reur Muel­ler

Ro­bert Muel­ler, qui en­quête de­puis un an sur l’in­gé­rence russe dans la cam­pagne pré­si­den­tielle amé­ri­caine, a dé­jà in­cul­pé quatre an­ciens membres de l’équipe Trump.

Le Parisien (Val d'Oise) - - POLITIQUE - @Ni­co­las­Ber­rod

CE­LA FAIT UN AN qu’il mène l’ en­quête, pas à pas. Le pro­cu­reur Ro­bert Mu elle ra été char­gé, le 17 mai 2017, de dé­ter­mi­ner si les Russes avaient avan­ta­gé ou non le can­di­dat Trump, et si ce der­nier avait, avec son équipe, fait ou non obs­truc­tion à la jus­tice. De quoi faire en­ra­ger le pré­sident amé­ri­cain, qui ne cesse de dé­ni­grer Muel­ler à coups de mes­sages fu­ri­bards sur Twit­ter, sans pour au­tant dé­sta­bi­li­ser l’an­cien pa­tron du FBI, âgé de 73 ans.

Trump, qui a plu­sieurs fois af­fir­mé qu’il était prêt à té­moi­gner sous ser­ment, tout en dé­non­çant une en­quête par­tiale, semble avoir adop­té ré­cem­ment une po­si­tion plus ferme, comme en té­moigne le pro­fil of­fen­sif de ses deux nou­veaux avo­cats : l’an­cien maire de New York Ru­dy Giu­lia­ni et Em­met Flood, qui conseillait Bill Clin­ton lorsque ce der­nier était me­na­cé d’im­peach­ment.

IQUI EST MIS EN CAUSE ?

Ro­bert Muel­ler a dé­jà in­cul­pé quatre an­ciens membres de l’équipe de cam­pagne de Do­nald Trump, dont Paul Ma­na­fort, son an­cien nu­mé­ro un. Ils sont no­tam­ment ac­cu­sés de conspi­ra­tion contre les EtatsU­nis et de blan­chi­ment d’ar­gent, mais pour des faits an­té­rieurs à la cam­pagne. En fé­vrier, treize per­son­na­li­tés russes ont, à leur tour, été in­cul­pées pour leur in­gé­rence dans l’élec­tion amé­ri­caine. Leur est re­pro­chée leur im­pli­ca­tion dans des cam­pagnes de dés­in­for­ma­tion me­nées sur les ré­seaux so­ciaux.

ITRUMP POUR­RAIT-IL ÊTRE IN­CUL­PÉ ?

Théo­ri­que­ment, oui. Si Do­nald Trump est ap­pe­lé à com­pa­raître, il ne pour­ra pas re­fu­ser de se pré­sen­ter mais il pour­rait mul­ti­plier les actes de pro­cé­dure pour re­tar­der l’échéance. « Trump est sus­cep­tible d’être pour­sui­vi car il n’y a pas d’im­mu­ni­té pré­si­den­tielle consti- tu­tion­nelle », rap­pelle l’his­to­rien spé­cia­liste des Etats-Unis Co­ren­tin Sel­lin. En tout cas, pas s’agis­sant de faits qui datent d’avant sa prise de fonc­tions. L’avo­cat Ru­dy Giu­lia­ni a as­su­ré hier que Ro­bert Muel­ler avait re­con­nu « ne pas pou­voir in­cul­per » le pré­sident amé­ri­cain, ce que l’équipe du pro­cu­reur n’a pas confir­mé.

ILE PRO­CU­REUR MUEL­LER PEUT-IL ÊTRE REN­VOYÉ ?

Oui. Do­nald Trump peut de- man­der au mi­nistre de la Jus­tice de le des­ti­tuer. Mais l’ac­tuel ti­tu­laire du poste, Rod Ro­sen­stein, a as­su­ré qu’il main­tien­drait Muel­ler à son poste.

IQUE VA-T-IL SE PAS­SER ?

Le pro­cu­reur Muel­ler a ré­cem­ment re­fu­sé que Trump ré­ponde par écrit aux ques­tions concer­nant ses liens avec la Rus­sie, qu’il a four­nies aux avo­cats du pré­sident. Un in­ter­ro­ga­toire oral de Trump est donc tout à fait en­vi­sa­geable.

ITRUMP PEUT-IL ÊTRE VISÉ PAR UNE PRO­CÉ­DURE D’IM­PEACH­MENT ?

Une pro­cé­dure d’im­peach­ment n’ar­ri­ve­ra pas tant que le Con­grès se­ra com­po­sé en ma­jo­ri­té d’élus ré­pu­bli­cains, dont les élec­teurs jugent l’en­quête de Ro­bert Muel­ler biai­sée. Les élec­tions de mi-man­dat, qui se dé­rou­le­ront en no­vembre, pour­raient ce­pen­dant in­ver­ser le rap­port de force.

Do­nald Trump ne cesse de dé­ni­grer le pro­cu­reur Ro­bert Muel­ler, dont il juge l’en­quête par­tiale.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.