MBAP­PÉ « J’échan­ge­rais un Bal­lon d’or contre une vic­toire en Coupe du monde ! »

Sé­lec­tion­né hier pour sa pre­mière grande com­pé­ti­tion avec l’équipe de France, l’at­ta­quant évoque la cam­pagne de Rus­sie. Il re­vient aus­si sur sa sai­son riche au PSG et sur son sta­tut de star en de­ve­nir.

Le Parisien (Val d'Oise) - - FOOTBALL - PROPOSRECUEILLISPAR

C’EST AU MU­SÉE Gré­vin, où il a été in­tro­ni­sé hier soir, que Ky­lian Mbap­pé, 19 ans, a ap­pris par son smart­phone sa sé­lec­tion pour la Coupe du monde en Rus­sie, sa pre­mière com­pé­ti­tion in­ter­na­tio­nale avec les Bleus. Une se­maine plus tôt, le pro­dige du foot fran­çais lan­çait son site In­ter­net dans les lo­caux de son équi­pe­men­tier Nike, dans le VIIIe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris. Sou­riant et dé­ten­du, comme à son ha­bi­tude, l’at­ta­quant des Bleus et du PSG, ori­gi­naire de Bon­dy (Seine-Saint-De­nis), a ré­pon­du à nos ques­tions.

L’ÉQUIPE DE FRANCE

Pen­sez-vous tous les jours au Mon­dial ? KY­LIAN MBAP­PÉ. Oui de­puis les titres rem­por­tés avec le PSG. C’est un rêve qui va se réa­li­ser, je suis comme un en­fant. Pen­dant la sai­son, j’y pen­sais sans y pen­ser. J’ai dû gé­rer mon trans­fert, ma nou­velle équipe… Se­lon vous, pour­quoi la France pour­rait ga­gner la Coupe du­monde ? Elle a des joueurs de ta­lent, le monde en­tier le sait et l’af­firme. Main­te­nant, on doit par­ve­nir à créer une équipe. C’est une équipe qui gagne les matchs et pas seule­ment une somme de ta­lents. Il faut de l’ex­pé­rience pour ga­gner des com­pé­ti­tions, et la moyenne d’âge des Bleus est jeune (en­vi­ron 25 ans)… Oui mais la plu­part de ces jeunes pos­sèdent de l’ex­pé­rience, évo­luent dans des grands clubs et ont dé­jà un pal­ma­rès bien four­ni. Cette équipe est donc jeune sans être jeune. (Sou­rire.) A quelle poste pré­fé­rez-vous évo­luer ? J’ai com­men­cé dans l’axe, j’ai joué à gauche puis à droite. Quand on est bri­dé à un poste fixe, ce n’est pas évident ; mais, chez les Bleus, le coach me laisse une li­ber­té de mou­ve­ment. Com­ment­se­passe votre re­la­tion avec An­toine Griez­mann ? On joue de plus en plus sou­vent en­semble, on ap­prend à se connaître. An­toine est un grand joueur. J’ai es­sayé de m’adap­ter à son jeu et ce­la va de mieux en mieux. On voit au fil des matchs que des af­fi­ni­tés com­mencent à se créer et des au­to­ma­tismes aus­si. A seule­ment 19 ans, vous consi­dé­rez-vous dé­jà comme un tau­lier au sein des Bleus ? Tau­lier ? Non. Je suis un jeune joueur qui pousse et qui es­saie de ga­gner sa place. Je me suis re­trou­vé ti­tu­laire car le sé­lec­tion­neur m’a fait confiance et j’ai été per­for­mant. Seule­ment, le jour où je ne le se­rai plus, j’irai m’as­seoir sur le banc. Alors qu’un tau­lier, lors­qu’il est moins per­for­mant, bé­né­fi­cie, lui, d’autres chances. Avez-vous un sou­ve­nir par­ti­cu­lier d’un Mon­dial ? Mes sou­ve­nirs de jeu­nesse re­montent à 2006. Je me rap­pelle la pa­nen­ka de Zi­dane en fi­nale contre l’Ita­lie. Il fal­lait oser la réa­li­ser face à Buf­fon… Avez-vous re­gar­dé le ta­bleau de la com­pé­ti­tion pour connaître vos éven­tuels ad­ver­saires en phase fi­nale ? Bien sûr ! Je sais qu’on pour­rait af­fron­ter une équipe de la poule de l’Ar­gen­tine en 8e, le Por­tu­gal ou le Ma­roc en quart puis nos amis bré­si­liens en de­mie. Mais avant ça, on doit fi­nir dans les deux pre­miers de notre poule. Celle-ci n’est pas aus­si abor­dable qu’on veut nous le faire croire.

Connais­sez-vous le nombre de sé­lec­tions de Li­lian Thu­ram et le nombre de buts de Thier­ry Hen­ry avec les Bleus ?

(Du tac au tac.) Thu­ram en a plus d’une cen­taine (142) et Thier­ry Hen­ry a mar­qué 51 buts. Ce sont des re­cords qui marquent. Mais, pour moi, c’est en­core très loin

(3 buts en 12 sé­lec­tions). Quand­tu ar­rives en équipe de France à 18 ans, tu te dis que tu vas es­sayer d’y res­ter long­temps. J’es­saie de ne pas me prendre la tête. Vous avez dé­jà prou­vé pas mal de choses en peu de temps… Certes, mais le pu­blic et le foot­ball sont amné­siques. Quand on se­ra sur le ter­rain, tout le monde au­ra ou­blié ce qu’on a fait cette sai­son et l’an­née d’avant.

« MES SOU­VE­NIRS DE JEU­NESSE RE­MONTENT À 2006. JE ME RAP­PELLE LA PA­NEN­KA DE ZI­DANE EN FI­NALE CONTRE L’ITA­LIE. IL FAL­LAIT OSER LA RÉA­LI­SER FACE À BUF­FON. »

Pa­ris (VIIIe), jeu­di. Ky­lian Mbap­pé a lan­cé of­fi­ciel­le­ment son site In­ter­net.

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