Le Val-d’Oise en­core trop éclai­ré la nuit

A l’oc­ca­sion du Jour de la nuit, opé­ra­tion na­tio­nale de sen­si­bi­li­sa­tion à la pol­lu­tion lu­mi­neuse, nous avons scru­té le ciel du dé­par­te­ment.

Le Parisien (Val d'Oise) - - Val-d’Oise - @LePa­ri­sien_95 PAR MA­RIE PERSIDAT

Elles semblent avoir tout à y ga­gner… Et pour­tant le nombre de com­munes val-d’oi­siennes qui ont choi­si d’éteindre ou de li­mi­ter l’éclai­rage pu­blic la nuit se compte sur les doigts des deux mains.

C’est ce week-end qu’a lieu le Jour de la nuit, une opé­ra­tion na­tio­nale de sen­si­bi­li­sa­tion à la pol­lu­tion lu­mi­neuse, à la pro­tec­tion de la bio­di­ver­si­té noc­turne et du ciel étoi­lé.

Le club d’as­tro­no­mie de Beau­mont­sur-Oise/Presles a dé­ci­dé de par­ti­ci­per pour la pre­mière fois à cette mo­bi­li­sa­tion*. Ces ob­ser­va­teurs pri­vi­lé­giés du ciel sont en ef­fet aux pre­mières loges pour me­su­rer les ef­fets de la lu­mière ar­ti­fi­cielle. « En Ile-de-France, et en par­ti­cu­lier dans sa par­tie Nord, comme ici, c’est très com­pli­qué de re­gar­der le ciel », confie Chris­tian Ga­gneux le pré­sident d’Al­bi­réo 95. « On a ten­dance à re­gar­der en di­rec­tion du sud, car c’est là qu’il y a beau­coup d’ob­jets à ob­ser­ver, mais c’est aus­si là qu’il y a Pa­ris… Et puis on a l’aé­ro­port de Rois­sy dont les lu­mières créent toute une bande claire. » Ces prin­ci­pales sources d’éclai­rage s’ajoutent aux mil­liers de ré­ver­bères qui illu­minent les com­munes du Val-d’Oise. Le pro­blème, c’est que ces lampes ne gênent pas seule­ment les as­tro­nomes ama­teurs. Toute la chaîne na­tu­relle est en réa­li­té bou­le­ver­sée. « La pol­lu­tion noc­turne a un fort im­pact, sou­ligne Chris­tian Ga­gneux. Une par­tie de la pol­li­ni­sa­tion s’ef­fec­tue la nuit par exemple. »

Au­jourd’hui, les seules col­lec­ti­vi­tés qui semblent se sou­cier des ver­tus éco­lo­giques du noir semblent être les com­munes plu­tôt ru­rales.

COU­PER LA LU­MIÈRE, BON POUR LA NA­TURE ET LE PORTE-MON­NAIE

C’est clai­re­ment pour res­pec­ter da­van­tage la na­ture que Bu­try-sur-Oise ap­puie sur le bou­ton off à par­tir d’une cer­taine heure de la nuit de­puis juin 2016. La ville réa­lise aus­si 14 000 € d’éco­no­mies par an. Lorsque le vil­lage de Lon­guesse a op­té pour cette so­lu­tion il y a trois ans, il pour­sui­vait ce double but. « Nous vou­lions faire des éco­no­mies, et puis ces lu­mières posent pro­blème à un cer­tain nombre d’ani­maux de nuit, comme la chouette », sou­ligne le maire Nor­bert Lal­loyer. La mu­ni­ci­pa­li­té ne s’est pas conten­tée d’éteindre la lu­mière de 23 heures à 6 heures, elle a car­ré­ment dé­bran­ché du­rant trois mois l’été, du 15 juin au 15 sep­tembre. La ré­duc­tion de fac­ture est es­ti­mée entre 2 000 et 3 000 €. « De­puis que nous le fai­sons, cer­tains col­lègues maires en parlent, ils me posent des ques­tions… »

Vi­gny a sau­té le pas. En éplu­chant ses comptes, la ville s’était ren­du compte que l’éclai­rage pu­blic pe­sait lourd. Et pour cause. « Nous avons énor­mé­ment de lam­pa­daires, constate Claude Du­mont, le pre­mier ad­joint. Vi­gny doit avoir 500 foyers. Et nous avons 700 ré­ver­bères ! » Pour al­lé­ger la note, la com­mune a dé­ci­dé de n’al­lu­mer qu’un ré­ver­bère sur trois à par­tir de 22 h 30. « Et à mi­nuit on éteint tout. Les ha­bi­tants avaient peur des vols au dé­but, mais nous n’avons consta­té au­cune aug­men­ta­tion, c’est même le contraire. Et puis les gens ont pris l’ha­bi­tude d’avoir tou­jours une pe­tite lampe sur eux, quand ils rentrent d’un dî­ner chez des amis. »

En ob­ser­vant le ciel de­puis Bernes-sur-Oise, les membres du club Al­bi­réo 95 peuvent me­su­rer l’am­pleur de l’éclai­rage noc­turne, dont ce­lui de l’aé­ro­port de Rois­sy.

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