Au pro­cès Tron, les époux des ac­cu­sés les dé­fendent

Al­bane Tron et Gilles Gruel ont té­moi­gné hier de­vant la cour d’as­sises de Seine-Saint-De­nis char­gée de ju­ger l’an­cien se­cré­taire d’Etat Georges Tron et Bri­gitte Gruel pour viols en réu­nion et agres­sions sexuelles.

Le Parisien (Val d'Oise) - - FAITS DIVERS - PAR NI­CO­LAS GOINARD AL­BANE TRON, SON ÉPOUSE

DANS LA TEM­PÊTE, ils res­tent pré­sents. Comme lors du pre­mier pro­cès avor­té en dé­cembre der­nier, Al­bane Tron et Gilles Gruel, les époux des deux ac­cu­sés, ont ap­por­té hier leurs té­moi­gnages à la barre de la cour d’as­sises de Sei­neSaint-De­nis. Georges Tron, maire (LR) de Dra­veil (Es­sonne), et Bri­gitte Gruel, son an­cienne ad­jointe à la culture, sont ac­cu­sés de viols et d’agres­sions sexuelles en réu­nion sur deux an­ciennes em­ployées de la mai­rie de Dra­veil, Eva Lou­brieu et Vir­gi­nie Et­tel.

Pour Gilles Gruel, l’épreuve de la cour d’as­sises est un exer­cice com­pli­qué. Sa femme est ac­cu­sée d’avoir été la maî­tresse de Georges Tron et d’avoir par­ti­ci­pé avec ce der­nier à des viols et agres­sions sexuelles sur les deux plai­gnantes. Chaque jour de­puis le 23 oc­tobre, il a été pré­sent pour ac­com­pa­gner son épouse. Tout comme des proches. « Soixante-dix de nos amis nous sou­tiennent. Ils sont là tous les jours par vague de 10 dans cette salle », dit-il, la voix trem­blante.

« On a eu des mo­ments dif­fi­ciles dans notre vie de couple », livre-t-il en­core. Il fait ré­fé­rence à cette ex­pé­rience ex­tracon­ju­gale de Bri­gitte Gruel, la seule re­con­nue, qui lui avait fait quit­ter le do­mi­cile. « Mais je connais ma femme de­puis qua­rante-trois ans, je sais qu’elle n’a ja­mais fait ce qui lui est re­pro­ché. Nous vi­vons en­semble, nous res­pi­rons en­semble et j’es­père que nous mour­rons en­semble. » Il éclate en san­glots aus­si lors­qu’il doit évo­quer sa vie pro­fes­sion­nelle d’in­gé­nieur qui l’a ren­du trop ab­sent.

UNE MAέTRESSE DE GEORGES TRON ÉGA­LE­MENT EN­TEN­DUE

Al­bane Tron est plus froide dans son ré­cit. A la barre, elle re­nou­velle son sou­tien à son époux : « Je n’ai ja­mais cru un ins­tant à cette af­faire. Ça a été très dur à vivre pour notre fa­mille. J’ai été très meur­trie. Mes filles ont été trau­ma­ti­sées. Quand vous avez été sa­li, il n’y a rien à faire. » Elle rap­pelle qu’en juin 2011, quand Georges Tron est pla­cé en garde à vue, leur fille âgée de 18 ans était en train de pas­ser son bac. Elle pour­suit : « J’ai tou­jours dit qu’il était trop gen­til, il a ai­dé beau­coup de per­sonnes qui en avaient be­soin, mais il a aus­si été tra­hi. »

Par­mi ces tra­hi­sons, elle cite Lu­cile Mi­gnon, son an­cienne at­ta­chée par­le­men­taire, qui, dès le dé­but de l’af­faire, a fait par­tie de la ri­poste pro-Tron avant de se re­tour­ner contre son em­ployeur et de dé­non­cer trois agres­sions lors de son au­di­tion par la cour d’as­sises.

Sur le fond du dos­sier, Al­bane Tron dit qu’elle avait pu ima­gi­ner une re­la­tion entre son ma­ri et Bri­gitte Gruel — ce qu’il nie — mais pas avec les deux plai­gnantes. C’est aus­si avec cette af­faire qu’elle a dé­cou­vert la re­la­tion ex­tracon­ju­gale de son époux, la seule qu’il ait re­con­nue, avec Syl­vie D., hô­tesse de l’air de pro­fes­sion et ad­jointe au maire à l’ur­ba­nisme.

Cette der­nière n’a pas pu se dé­pla­cer en rai­son d’un sou­ci de san­té et a été in­ter­ro­gée en vi­sio­con­fé­rence hier après­mi­di. Des SMS en­voyés à Georges Tron sont lus à l’au­dience : « Au pe­tit lion (NDLR : elle), l’idée de vivre sans grand lion (NDLR : lui) est in­ima­gi­nable. »

Mais il y a moins mi­gnon. Lors d’écoutes té­lé­pho­niques, elle di­ra de Georges Tron : « Il est dans le dé­ni, il pré­fère faire dix ans de taule plu­tôt qu’ad­mettre une re­la­tion ex­tracon­ju­gale. » Ou en­core : « Il me de­mande des plans à trois, il n’est pas gué­ri, il ne s’ar­rê­te­ra ja­mais. Si l’af­faire est clas­sée, il re­com­men­ce­ra puis­sance 10. » Ré­ponse em­bar­ras­sée de Syl­vie D. : « J’étais en co­lère, ir­ra­tion­nelle. » Et de s’éner­ver quand Me Vincent Ol­li­vier, avo­cat de Vir­gi­nie Et­tel, lui lit tous ces pas­sages : « C’était il y a sept ans, vous vous sou­ve­nez de ce que vous avez dit il y a sept ans, en plus je suis sous opia­cés. » Une autre écoute est lue : « Je sais qu’elle (NDLR : Eva Lou­brieu) ne ment pas, elle n’est pas une af­fa­bu­la­trice, il y a trop de femmes qui ont vé­cu la même chose. » In­ter­ro­gée par la dé­fense, elle af­firme : « Pour bien connaître Georges Tron, il ne pra­tique rien sous la contrainte. »

“J’AI

TOU­JOURS DIT QU’IL ÉTAIT TROP GEN­TIL, IL A AI­DÉ BEAU­COUP DE PER­SONNES QUI EN AVAIENT BE­SOIN, MAIS

” IL A AUS­SI ÉTÉ TRA­HI

Bo­bi­gny (Sei­neSaint-De­nis), le 23 oc­tobre. Georges Tron ar­rive au tri­bu­nal en­tou­ré de ses avo­cats. Son pro­cès et ce­lui de son an­cienne ad­jointe doit du­rer un mois.

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