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Le Parisien (Val d'Oise) - - SPORTS | ILE-DE-FRANCE - PAR LAURENT PRUNETA ET AR­NAUD DETOUT (AVEC F. GI.) JA­MEL SANDJAK, LE PRÉ­SIDENT DE LA LIGUE DE PA­RIS-ÎLE-DE-FRANCE

DANS L’ÉQUIPE de France U 16, qui a ré­cem­ment pris la 2e place du Tour­noi du Val-de-Marne, ils étaient 9 (sur 18) à être is­sus de la ré­gion pa­ri­sienne. Par­mi eux, 7 ont si­gné dans un club de pro­vince. Et dans la der­nière sé­lec­tion es­poirs an­non­cée par Syl­vain Ri­poll, plus de la moi­tié des sé­lec­tion­nés sont is­sus de la ré­gion pa­ri­sienne. Ces chiffres confirment les don­nées sta­tis­tiques pu­bliées der­niè­re­ment par la Ligue de Pa­risIle-de-France.

« J’ai char­gé mes équipes de faire ce re­cen­se­ment pour va­lo­ri­ser les clubs et leur tra­vail re­mar­quable, ex­plique son pré­sident, Ja­mel Sandjak. On parle sou­vent des jeunes qui ont per­cé, mais très peu de leur par­cours ini­tia­tique. C’est un peu dom­mage. On dit qu’il n’y a pas de ma­ter­ni­té dans les clubs, mais il faut bien qu’ils dé­butent quelque part. »

« L’idée ré­pan­due, con­for­tée par cette étude, c’est qu’il faut par­tir de la ré­gion pa­ri­sienne pour réus­sir, com­mente Ma­thieu La­can, coach des U 19 du Pa­ris FC et qui épaule Jean-Luc Ru­ty à la tête du nou­veau centre de for­ma­tion du club. Mais j’es­père qu’avec notre centre de for­ma­tion, bien­tôt ce­lui du Red Star ou Sur les 284 joueurs fran­çais évo­luant en Ligue 1 cette sai­son, 101 sont is­sus de l’Ile-de-France, soit plus d’un tiers. Au to­tal, la Ligue 1 compte 549 foot­bal­leurs, en pre­nant en compte les joueurs étran­gers.

d’autres, on par­vien­dra à chan­ger cette men­ta­li­té. » Chaque an­née, le Pa­ris FC est l’un des clubs fran­ci­liens les plus pillés. Qua­torze joueurs de sa pro­met­teuse gé­né­ra­tion 2002 sont dé­jà par­tis ailleurs. Cet été, c’est 12 joueurs dé­jà en for­ma­tion ou en pré­for­ma­tion qui ont quit­té le club. « Mais avec son centre de for­ma­tion — 10 joueurs sous contrat sta­giaire ou as­pi­rant, 45 en conven­tion —, le PFC est dé­sor­mais pro­té­gé pour les

au-des­sus de l’école de foot. « Main­te­nant, il fau­dra payer », ap­puie La­can.

FAIRE FACE À LA PRES­SION DES PA­RENTS

Ce n’est pas le cas d’un club ama­teur comme l’En­tente SSG, qui a en­re­gis­tré 22 dé­parts pour des centres de for­ma­tion en 2017, 13 cette an­née. « Tous les scouts fran­çais et eu­ro­péens viennent très tôt chez nous

pour su­per­vi­ser les ca­té­go­ries de 1011 ans, ex­plique son ma­na­geur Marc Mo­ha­med. On est sol­li­ci­tés par les clubs fran­çais et étran­gers via des in­vi­ta­tions. »

Quand un jeune de l’En­tente SSG tape dans l’oeil d’un scout, la pro­cé­dure est tou­jours la même. « Après un match, le re­cru­teur dis­cute avec l’édu­ca­teur pour prendre des in­fos tech­niques mais aus­si sur son com­por­te­ment, son état d’es­prit et sa fa­ca­té­go­ries mille, pour­suit Mo­ha­med. Le re­cru­teur prend en­suite contact avec le club pour nous de­man­der d’au­to­ri­ser le jeune à ve­nir faire un stage. Une fois qu’on a re­çu l’in­vi­ta­tion de la struc­ture pro dans la boîte mail du club, on l’im­prime et on la laisse dans la ban­nette de l’édu­ca­teur qui la don­ne­ra en­suite au jeune. Nous ac­cep­tons les es­sais uni­que­ment du­rant les pé­riodes sco­laires et dans la struc­ture pro, on re­fuse les ras­sem­ble­ments de 200 jeunes en Ile-deF­rance pour une dé­tec­tion. »

Par ailleurs, les clubs doivent de plus en plus faire face à la pres­sion des pa­rents. « Si une fa­mille dé­cide d’al­ler à une dé­tec­tion ou à un stage sans notre in­ter­ven­tion, il y a des sanc­tions spor­tives qui peuvent al­ler jus­qu’à l’ex­clu­sion du club », pré­cise Marc Mo­ha­med.

Ma­thieu La­can met en avant « le for­mi­dable tra­vail des clubs ama­teurs ». « On in­cite les clubs à avoir en­core plus d’édu­ca­teurs for­més et di­plô­més », confirme Ja­mel Sandjak, le pré­sident de la Ligue de Pa­ris qui tient à mettre quelques bar­rières. « L’Ile-de-France est un puis­sant puits où on vient pui­ser, conclut-il. La Seine-Saint-De­nis sort en tête. A terme, on fe­ra nos sé­lec­tions et détections au do­maine de Morfondé (NDLR: le centre tech­nique ré­gio­nal si­tué en Seine-et-Marne) pour pro­té­ger nos clubs et nos li­cen­ciés car il y au­ra un pro­cess à res­pec­ter pour y as­sis­ter. »

“À

TERME, ON FE­RA NOS SÉ­LEC­TIONS ET DÉTECTIONS AU DO­MAINE DE MORFONDÉ POUR PRO­TÉ­GER NOS CLUBS ET

NOS LI­CEN­CIÉS

Pa­lai­seau, en avril der­nier. Ici comme sur toutes les pe­louses fran­ci­liennes, les jeunes pousses peuvent être ten­tées par les si­rènes des clubs pro­vin­ciaux, voire étran­gers.

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