«En ai­dant ce CRS, j’ai fait un truc nor­mal»

Sa­me­di der­nier, Mi­guel Hen­riques Paixao a por­té se­cours à un CRS pris à par­tie près de l’Arc de Triomphe. Au­jourd’hui, ce Gi­let jaune re­vient ma­ni­fes­ter à Pa­ris pour la troi­sième fois.

Le Parisien (Val d'Oise) - - FAIT DU JOUR - PAR ALEXIS BIS­SON MI­GUEL HEN­RIQUES PAIXAO, OU­VRIER ET GI­LET JAUNE

EN UNE SE­MAINE, il est de­ve­nu, un peu mal­gré lui, le « hé­ros » des Gi­lets jaunes. Sa­me­di der­nier, le 1er dé­cembre, Mi­guel Hen­riques Paixao, 42 ans, ou­vrier dans la chi­mie à Pont­Sainte-Maxence (Oise), a ai­dé un CRS à s’ex­traire d’un groupe de ma­ni­fes­tants qui le mo­les­tait sur la place de l’Etoile, à Pa­ris. Au­jourd’hui, il re­vient dans la ca­pi­tale pour la troi­sième fois de­puis le dé­but du mou­ve­ment des Gi­lets jaunes.

De­puis une se­maine, vous faites fi­gure de hé­ros des Gi­lets jaunes…

Je ne suis pas un hé­ros ! Je n’aime pas qu’on me dise ça. En ai­dant ce CRS, j’ai fait un truc nor­mal. Si je re­vois un CRS dans la même pos­ture, je fe­rai la même chose. C’est un homme avant tout. Quand j’ai vu son casque s’en­le­ver et les coups de pied qui pleu­vaient, je n’ai pas ré­flé­chi, je suis par­ti l’ai­der. J’y suis al­lé à l’ins­tinct. J’ai juste fait une bonne ac­tion. Je ne sais pas si je suis fier de moi, mais mon père, lui, le se­rait sû­re­ment.

“QUAND

J’AI VU SON CASQUE S’EN­LE­VER ET LES COUPS DE PIED QUI PLEU­VAIENT, JE N’AI PAS RÉ­FLÉ­CHI, JE SUIS

PAR­TI L’AI­DER

Cer­tains, sur les ré­seaux so­ciaux, ont ten­té de vous faire pas­ser pour un po­li­cier in­fil­tré…

Il y a eu un en­gre­nage, c’est de­ve­nu vi­ral. J’ai été obli­gé de ré­agir. Moi, je ne suis pas un po­li­cier mais un simple ou­vrier dans la chi­mie. A l’usine, on n’ar­rête pas de m’en par­ler, les col­lègues sont fiers. Même le pa­tron m’a fé­li­ci­té. Je lui ai de­man­dé si j’au­rai une prime (rires). Sur les bar­rages, cer­tains me de­mandent même des sel­fies.

Pour­quoi avez-vous fait le choix de re­ve­nir ma­ni­fes­ter au­jourd’hui à Pa­ris ?

J’ai dé­ci­dé de re­ve­nir parce que c’est le mo­ment. C’est main­te­nant que ça se passe, il ne faut pas lâ­cher. J’ai mis mon gi­let jaune de­puis le dé­but du mou­ve­ment, je ne vois pas pour­quoi je chan­ge­rais. Il m’en faut plus pour m’ar­rê­ter. Je re­viens avec la même dé­ter­mi­na­tion pour ma­ni­fes­ter mon mé­con­ten­te­ment.

Vous avez été au coeur des vio­lences il y a une se­maine. Vous n’avez pas peur d’y re­tour­ner ?

Bien sûr, après ce qu’il s’est pas­sé, j’ai hé­si­té, je me suis po­sé des ques­tions. Je vais sans doute faire plus at­ten­tion, en évi­tant de croi­ser les cas­seurs. J’es­père que ça se pas­se­ra le moins mal pos­sible, qu’il n’y au­ra pas trop de dé­gâts. Ces vio­lences, que je ne cau­tionne pas, elles sont des deux cô­tés. Il y a des cons et des bons. Moi, je ne suis pas pour la vio­lence, je n’y vais pas pour cas­ser. J’avais juste lan­cé quelques pommes.

Avez-vous des nou­velles

du CRS que vous avez ai­dé ?

Quand j’ai été iden­ti­fié, le syn­di­cat de po­lice Al­liance m’a ap­pe­lé pour me re­mer­cier et m’a dit que c’était un acte cou­ra­geux. Le CRS, j’ai­me­rais le re­voir, sa­voir s’il va bien. Je lui di­rais tout sim­ple­ment que je suis content de l’avoir ai­dé.

Res­sons-sur-Matz (Oise), hier. Pen­dant la se­maine, Mi­guel Hen­riques Paixao tient des bar­rages près de chez lui.

Sa­me­di 1er dé­cembre, place de l’Etoile à Pa­ris. Mi­guel Hen­riques Paixao a été fil­mé en train de vo­ler au se­cours d’un CRS.

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