Ces images qui in­dignent

La dif­fu­sion des images de l’in­ter­pel­la­tion de 151 jeunes à Mantes-la-Jo­lie (Yve­lines) sus­cite la co­lère. Le Dé­fen­seur des droits vient d’ou­vrir une en­quête.

Le Parisien (Val d'Oise) - - FAIT DU JOUR - PAR VIR­GI­NIE WÉBER

DES LY­CÉENS À GE­NOUX, mains sur la tête ou dans le dos : la vi­déo choc mon­trant l’in­ter­pel­la­tion de 151 jeunes jeu­di, à Mantes-la-Jo­lie (Yve­lines), est de­ve­nue le sym­bole de la contes­ta­tion ly­céenne qui dé­ferle en France de­puis plu­sieurs jours.

Hier, des ly­céens n’ont pas hé­si­té à mi­mer cette in­ter­pel­la­tion de masse en sou­tien à leurs ca­ma­rades ar­rê­tés. Et les ré­ac­tions, dé­non­çant « l’hu­mi­lia­tion », n’ont pas tar­dé à pleu­voir. A com­men­cer par les pa­rents d’élèves, les en­sei­gnants et les ly­céens de Mantes-la-Jo­lie. Hier ma­tin, une soixan­taine d’entre eux se sont ras­sem­blés sur les lieux, de­vant le ly­cée Saint-Exu­pé­ry.

Tous ont condam­né la vio­lence des images. Le conseiller prin­ci­pal d’édu­ca­tion (CPE) du ly­cée, Mi­chel Chas­tan, reste aba­sour­di. « Tout le monde a bas­cu­lé dans l’ef­froi, confie ce­lui qui est aus­si le se­cré­taire gé­né­ral dé­par­te­men­tal de la Fé­dé­ra­tion syn­di­cale uni­taire (FSU). Ce genre d’in­ter­pel­la­tion aus­si hu­mi­liante va nous créer plus de pro­blème sur le long terme car ce­la dé­cons­truit les rap­ports qu’on était en train de créer avec nos jeunes. » Le mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion a dé­bu­té lun­di, quand une cen­taine d’élèves ont blo­qué le ly­cée Saint-Exu­pé­ry. La ten­sion est mon­tée d’un cran les jours sui­vants avec des af­fron­te­ments op­po­sant les ly­céens aux forces de l’ordre. « On a vu ar­ri­ver à par­tir de jeu­di des gens qu’on ne connais­sait pas du tout », ra­conte Mi­chel Chas­tan. Une ver­sion cor­ro­bo­rée par des jeunes qui ont « vu les cas­seurs, à l’aube, en train de mettre leurs ca­goules ».

DES EN­QUÊTES SONT OU­VERTES

Dans la ma­ti­née, les forces de l’ordre les at­tendent. En quelques mi­nutes, les ma­ni­fes­tants sont en­cer­clés et les po­li­ciers leur or­donnent de se mettre à ge­noux, les mains sur la tête ou dans le dos.

Face aux cri­tiques, le préfet, Jean-Jacques Brot, tient à pré­ci­ser : « Il faut voir cette vi­déo dans un contexte de vio­lences ex­trêmes. Ces jeunes étaient là pour cas­ser du flic et brû­ler des voi­tures. J’ai de­man­dé que l’on pro­cède à des in­ter­pel­la­tions ain­si qu’à des fouilles », in­dique le re­pré­sen­tant de l’Etat. Ju­geant « in­ad­mis­sible » et « la­men­table » d’avoir fil­mé les in­ter­pel­la­tions et dif­fu­sé les images, le préfet a an­non­cé hier qu’« une pro­cé­dure ad­mi­nis­tra­tive est en cours afin de re­trou­ver la per­sonne qui a fil­mé et four­ni les images ».

Stu­pé­faits, les ly­céens pré­sents hier ma­tin de­vant le ly­cée re­grettent que « tout le monde ait été mis dans le même sac. » Par­mi eux, Ya­nis, 16 ans. « Clai­re­ment, il y a eu des cas­sages mais il y a aus­si eu des ly­céens pacifistes tout comme des po­li­ciers à bout », ana­lyse le jeune homme.

Le Dé­fen­seur des droits, au­to­ri­té in­dé­pen­dante, a ou­vert une en­quête pour faire la lu­mière « sur les condi­tions dans les­quelles se sont dé­rou­lées ces in­ter­pel­la­tions ».

TOUT LE MONDE A BAS­CU­LÉ

” DANS L’EF­FROI

Mantes-la-Jo­lie (Yve­lines), jeu­di. Des jeunes à ge­noux, mains sur la tête, en­ca­drés par des po­li­ciers… Cette vi­déo choc a fait le tour du Web.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.