« Le mo­ment est ve­nu de par­ler, de s’écou­ter, de se com­prendre »

Le Parisien (Val d'Oise) - - FAIT DU JOUR -

Dans une tribune au « Pa­ri­sien » - « Au­jourd’hui en France », des Fran­çais, ano­nymes, re­joints par quelques per­son­na­li­tés, plaident pour un re­tour au calme et au dia­logue entre Gi­lets jaunes et exé­cu­tif.

PAR­MI LES SI­GNA­TAIRES

Laurent Ba­zin, jour­na­liste ; Ch­ris­tophe Gi­rard, Sté­phane Bern, élu lo­cal ; Cy­ril Ha­nou­na, jour­na­liste ; ani­ma­teur ; Do­mi­nique Bes­ne­hard, Claude Ha­rout, membre ar­tiste ; du Pacte ci­vique ; Maï­te­na Bi­ra­ben, Pierre Hen­ry, di­ri­geant jour­na­liste ; as­so­cia­tif ; Guillaume Frédéric Bi­zard, Klos­sa, fon­da­teur éco­no­miste et pro­fes­seur ; d’Eu­ro­paNo­va ; Her­vé Al­lain Bou­grain-Du­bourg, Le Bras, dé­mo­graphe ; jour­na­liste ; Pierre Les­cure, Mi­chel Bou­je­nah, ar­tiste ; jour­na­liste ; Clé­ment Cha­pe­lier, Mau­rice Lé­vy, pu­bli­ci­taire ; os­téo­pathe ; Ber­nard-Hen­ri Lé­vy, Mi­chel Chast, mé­de­cin ; phi­lo­sophe ; Chris­tine Gé­rard Ci­cu­rel, re­trai­té ; Le­wis, en­sei­gnante ; Anne Cos­ta, di­rec­trice Thier­ry Lher­mitte, ar­tiste ; d’hô­pi­tal ; Bru­no Ma­sure, jour­na­liste ; Pau­line Del­pech, écri­vain ; Jean-Pierre Mi­gnard, Tes­sa De­shayes, sa­la­riée ; avo­cat ; Sonia Rol­land, Guillaume Du­rand, ar­tiste ; Ro­main Sar­dou, jour­na­liste ; ro­man­cier ;

Valérie Ex­pert, jour­na­liste ; Fa­bienne Ser­vanS­chrei­ber, Valérie Fon­taine, pro­duc­trice ; sans pro­fes­sion ; Jé­rôme Sey­doux, homme Re­né Fryd­man, mé­de­cin ; d’af­faires ;

Clara Gay­mard, femme Aï­da Touih­ri, jour­na­liste ; d’af­faires ; Jean Veil, avo­cat. « LA FRANCE, face à l’his­toire, c’est d’abord le pays qui in­carne la de­vise de la Ré­pu­blique : Li­ber­té, Ega­li­té, Fra­ter­ni­té. Ce qui s’est pas­sé sa­me­di en a été la né­ga­tion.

» La li­ber­té, no­tam­ment celle de ma­ni­fes­ter son opi­nion, était bien celle que vou­laient exer­cer une ma­jo­ri­té de Gi­lets jaunes. Mais la li­ber­té s’ar­rête là où com­mence l’op­pres­sion pour les autres : en em­pê­chant les com­mer­çants de tra­vailler, les ha­bi­tants de cir­cu­ler, en exer­çant une contrainte sur le reste de la po­pu­la­tion, la li­ber­té a été ba­fouée.

» L’éga­li­té, c’est bien celle que re­ven­di­quaient une ma­jo­ri­té de Gi­lets jaunes. C’est le mes­sage po­li­tique fon­da­men­tal du mou­ve­ment, l’ap­pel lan­cé aux pou­voirs pu­blics pour que les ré­formes en­tre­prises le soient avec le sou­ci de plus de justice so­ciale […] L’avoir nié trop long­temps a été une er­reur.

» La fra­ter­ni­té, c’est bien celle que vou­laient ex­pri­mer une ma­jo­ri­té de Gi­lets jaunes et que ce mou­ve­ment au­rait dû in­car­ner. Mais il n’y a pas de fra­ter­ni­té quand on to­lère, ou pire, quand on en­cou­rage la des­truc­tion de biens pu­blics, le pillage de biens pri­vés, l’agres­sion phy­sique contre les forces de l’ordre, l’of­fense aux sym­boles mêmes de la Ré­pu­blique comme la flamme du Sol­dat in­con­nu. La fra­ter­ni­té s’est per­due sa­me­di der­nier et il est urgent de la re­trou­ver.

» Voi­là pour­quoi les images de sa­me­di ont si­dé­ré le monde. Elles nous ren­voient en mi­roir tout ce que nous ne sommes pas, tout ce qu’une im­mense ma­jo­ri­té de nos conci­toyens re­fusent d’être et d’in­car­ner […] avant tout aux yeux de nos en­fants. Est-ce ce­la le pays dont nous sommes fiers et que nous vou­lons leur lais­ser ? […] Non, mille fois non.

» Alors, en ce mo­ment où cha­cun re­tient son souffle dans la pers­pec­tive de ce qui pour­rait ar­ri­ver ce sa­me­di, nous di­sons so­len­nel­le­ment : ce­la doit s’ar­rê­ter et le dia­logue doit prendre le re­lais. Le mo­ment est ve­nu de par­ler, de s’écou­ter, de se com­prendre […] Le gou­ver­ne­ment doit tendre la main, oui.

» C’est au peuple qu’il re­vien­dra de tran­cher, tou­jours, à la fin, mais dans le res­pect des ins­ti­tu­tions que nous nous sommes don­nées. […] Le mes­sage qui cherche à s’ex­pri­mer der­rière le mou­ve­ment so­cial inédit des Gi­lets jaunes existe : il doit être en­ten­du, comme lui-même doit être ca­pable de s’ex­pri­mer dé­sor­mais par la dis­cus­sion. Le temps de la pro­tes­ta­tion vio­lente et ce­lui du dé­ni doivent ces­ser de part et d’autre pour ou­vrir le temps du dia­logue.

» Au fond, notre prio­ri­té col­lec­tive tient en un mot : res­pect. Res­pect pour ceux qui sont en si­tua­tion dif­fi­cile, res­pect pour les ter­ri­toires et pour les élus lo­caux, res­pect pour les ins­ti­tu­tions de la Ré­pu­blique et pour ses va­leurs, res­pect de nous­mêmes et de ceux qui nous sont chers. Eton­nons le monde à nou­veau, en lui mon­trant notre ca­pa­ci­té à trans­for­mer la co­lère en débat, les re­ven­di­ca­tions en so­lu­tions concrètes et à re­nouer ain­si avec ce que nous sommes, la France telle qu’en elle-même. »

“LA

FRA­TER­NI­TÉ S’EST PER­DUE SA­ME­DI DER­NIER

ET IL EST URGENT

” DE LA RE­TROU­VER

Sté­phane Bern, Cy­ril Ha­nou­na et Maï­te­na Bi­ra­ben comptent par­mi les si­gna­taires de cet ap­pel à la paix.

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