Le choc Pa­na­cloc

Avec « l’Etrange Noël de Jeff Pa­na­cloc », le jeune ven­tri­loque et sa ma­rion­nette dé­pous­sièrent les émis­sions de va­rié­tés.

Le Parisien (Val d'Oise) - - LOISIRS TÉLÉVISION - PAR MI­CHAËL ZOLTOBRODA

« EST-CE QUE Kend­ji Gi­rac qui chante Pe­tit Pa­pa Noël, ça va plaire aux té­lé­spec­ta­teurs ? » A quelques heures de la dif­fu­sion de « l’Etrange Noël de Jeff Pa­na­cloc », le ven­tri­loque le plus connu de France a une boule au ventre. Six mois de tra­vail et un bud­get « confor­table » pour mettre en boîte ce pro­gramme de va­rié­tés in­no­vant, qui mé­lange chants de Noël, fic­tions, fausses pubs et in­ter­views va­chardes fa­çon Jean-Marc, sa ma­rion­nette. Pour cette pre­mière, une qua­ran­taine d’ar­tistes et de vi­sages de TF 1 ont ac­cep­té de jouer le jeu. Une pe­tite prouesse.

I RÉÉ­DI­TER LE COUP DE MAÎTRE En juillet 2016, la dif­fu­sion de son pre­mier spec­tacle sur TF 1 avait car­ton­né face à « Fort Boyard » : 4,9 mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs. Dans la fou­lée, la chaîne lui avait com­man­dé une émis­sion in­édite. « On rêve tous d’une pro­po­si­tion comme celle-là », se ré­jouit Jeff Pa­na­cloc. Res­tait à trou­ver la bonne idée. C’est son ma­na­geur qui lui a souf­flé en évo­quant Noël, il y a six mois. « J’ai eu carte blanche, as­sure le ven­tri­loque de 31 ans qui re­gar­dait plus jeune les émis­sions de va­rié­tés de Do­ro­thée. Mon idée, c’était de mé­lan­ger fic­tion et pla­teau, mais à ma fa­çon. »

I COA­CHÉ PAR NI­KOS ALIA­GAS « Lan­cer la pub ou un jeu SMS, c’est bien plus com­pli­qué qu’on le croit, pour­suit l’ar­tiste. Ni­kos (NDLR : qui in­ter­prète son propre rôle) m’a conseillé, pour ne pas me dis­per­ser, de ne pas trop ré­flé­chir. Il faut se mettre en mode ma­chine et se lais­ser gui­der par la pro­duc­tion. » Il a éga­le­ment comme mo­dèle Jean Pierre Fou­cault, qui fait lui aus­si une ap­pa­ri­tion.

I CY­RIL HA­NOU­NA, SON FI­DÈLE AMI « La guerre Ha­nou­na-TF 1, ce n’est pas mes af­faires », lâche Jeff Pa­na­cloc. Au point de ci­ter en dé­but d’émis­sion le nom de l’ani­ma­teur de C 8 et d’ac­cep­ter de ve­nir sur le pla­teau de « Touche pas à mon poste ! » mar­di, contrai­re­ment aux autres ani­ma­teurs de la Une. « J’y suis tou­jours bien re­çu, glisse-t-il. Cy­ril Ha­nou­na reste un ami avant tout, qui a du ta­lent et qui m’a in­vi­té alors que je n’étais pas en­core connu. »

PA­TRICK SÉ­BAS­TIEN, SON PAR­RAIN En 2011, l’ani­ma­teur de France 2 le met à l’an­tenne dans « le Plus Grand Ca­ba­ret du monde ». C’est avec lui qu’il a peau­fi­né ses textes et le per­son­nage de Jean Marc. « J’au­rais bien vou­lu que Pa­trick soit là, mais ça n’a pas pu se faire pour plein de rai­sons, re­grette Jeff Clo­ca­nap, de son vrai nom. C’est com­pli­qué pour lui (NDLR : France 2 a dé­ci­dé de ne pas re­con­duire son contrat). Il a en­vie de souf­fler, de ne plus être dans la lu­mière. Je suis at­tris­té de l’ar­rêt du Plus Grand Ca­ba­ret. Ça per­met­tait à plein d’ar­tistes de dé­cro­cher des contrats. J’y se­rai pour la der­nière, le 31 dé­cembre. Sur l’en­re­gis­tre­ment, je l’ai sen­ti ému. »

PAS­CAL OBIS­PO, SA BONNE ÉTOILE C’est l’autre per­son­na­li­té qu’il vou­lait ab­so­lu­ment avoir en pla­teau. Fan du per­son­nage, Pas­cal Obis­po avait in­vi­té Jeff Pa­na­cloc et sa ma­rion­nette sur un « Vi­ve­ment di­manche », il y a cinq ans. « Le len­de­main, on a fait bug­ger les sites de ré­ser­va­tions, se sou­vient l’ar­tiste. On n’a ja­mais au­tant ven­du de places en 48 heures. De­puis, ça n’a plus ja­mais bais­sé. Je lui dois beau­coup, comme à Mi­chel Dru­cker. »

SES REN­DEZ-VOUS RA­TÉS AVEC « UN IN­CROYABLE TA­LENT » Il avait ten­té le cas­ting de la pre­mière sai­son, mais n’avait pas été re­te­nu. « Peut-être que j’étais mau­vais, avance Jeff Pa­na­cloc. Mais je n’en garde pas d’amer­tume. J’ai même pro­po­sé à Eric An­toine d’être ju­ré le temps d’une soi­rée. Ça au­rait pu se faire si on avait trou­vé une date. » Entre-temps, le sal­tim­banque a re­fu­sé de par­ti­ci­per à la ver­sion amé­ri­caine. « Je ne parle pas as­sez bien an­glais », as­sume-t-il. Et d’ajou­ter : « C’est quand même com­pli­qué d’en­tendre Hé­lène Sé­ga­ra dire que c’est de la merde à un jon­gleur, par exemple, après un nu­mé­ro de deux mi­nutes. »

SON SOU­TIEN AUX GI­LETS JAUNES « J’ai en­vie de les sou­te­nir, même si je vais m’ex­po­ser à des cri­tiques, ra­conte Jeff Pa­na­cloc. On a dé­pas­sé l’en­ten­de­ment sa­me­di der­nier. La vio­lence n’est pas la bonne fa­çon de se faire en­tendre. J’es­père qu’ils vont trou­ver un ac­cord avec le gou­ver­ne­ment. Nous, les ar­tistes, on est pri­vi­lé­giés. Mais je sais d’où je viens, j’ai des proches qui ga­lèrent aus­si. A mon ni­veau, je me bats pour que les places de spec­tacle ne dé­passent pas 50 €. »

« L’Etrange Noël de Jeff Pa­na­cloc » mé­lange chants de Noël, fic­tions, fausses pubs et in­ter­views va­chardes fa­çon Jean-Marc, sa ma­rion­nette.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.