Il ap­pe­lait les Gi­lets jaunes à s’ar­mer

Un jeune de 20 ans s’est re­trou­vé de­vant le tri­bu­nal hier soir après avoir ap­pe­lé sur Fa­ce­book les ma­ni­fes­tants à s’équi­per de battes et de barres en fer pour al­ler au­jourd’hui à Pa­ris.

Le Parisien (Val d'Oise) - - LA MÉTÉO - PAR FRÉDÉRIC NAIZOT

Il avait lan­cé un ap­pel à la vio­lence et le re­grette. Un jeune homme de 20 ans ori­gi­naire d’Era­gny a été dé­fé­ré hier soir en com­pa­ru­tion im­mé­diate à l’is­sue de sa garde à vue, pour avoir ap­pe­lé les Gi­lets jaunes à ve­nir ar­més à la ma­ni­fes­ta­tion d’au­jourd’hui, à Pa­ris.

Il a de­man­dé un dé­lai pour pré­pa­rer sa dé­fense. Dans l’at­tente de son ju­ge­ment dans plu­sieurs se­maines, le pro­cu­reur a re­quis sa re­mise en li­ber­té, sous contrôle ju­di­ciaire, et l’in­ter­dic­tion de sor­tir de chez lui toute la jour­née d’au­jourd’hui.

« Je réa­lise mon acte main­te­nant. Je re­grette. » Thi­baud A. a l’al­lure d’un tout jeune ly­céen. Il fê­te­ra ses 21 ans en jan­vier, tra­vaille et n’a ja­mais fait par­ler de lui. In­con­nu de la po­lice comme de la justice, il confie ses re­grets de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Pon­toise. Il com­pa­rais­sait hier soir pour « pro­vo­ca­tion à s’ar­mer contre l’au­to­ri­té de l’Etat », pour avoir pos­té sur sa page Fa­ce­book un ap­pel aux Gi­lets jaunes à s’ar­mer. Un dé­lit pas­sible de cinq ans d’em­pri­son­ne­ment. Le jeune homme, qui vit chez ses pa­rents à Era­gny, des­si­na­teur in­dus­triel en CDD de­puis trois mois et ti­tu­laire d’un BTS en sys­tème in­for­ma­tique, se­ra ju­gé au fond ul­té­rieu­re­ment par le tri­bu­nal.

Sa page Fa­ce­book, ou­verte à son nom, est cou­verte de vi­déos d’émeutes liées aux Gi­lets jaunes et au mou­ve­ment des ly­céens. Il re­laie aus­si des images an­ti­sys­tème mon­trant no­tam­ment des par­le­men­taires en­dor­mis. Mais il y avait aus­si cet ap­pel in­quié­tant, alors que la vio­lence s’im­pose dans les ma­ni­fes­ta­tions des Gi­lets jaunes et ef­fraie tout un pays.

« Ap­pel à tous les Gi­lets jaunes. Pour sa­me­di, il est pré­fé­rable de ve­nir ar­mé », a-t-il ain­si lan­cé sur sa page Fa­ce­book. Avant de pré­ci­ser : « J’en­tends ar­mé le simple fait d’être équi­pé d’un casque au mi­ni­mum ain­si que d’une batte de base-ball ou d’une barre de fer. »

RA­PI­DE­MENT RE­TROU­VÉ ET AR­RÊ­TÉ DANS SA VOI­TURE

Se­lon lui, plus les ma­ni­fes­tants se­ront ar­més, moins les CRS ris­que­ront de s’en prendre à eux ou épui­se­ront leurs mu­ni­tions, et re­cu­le­ront. Avec au fi­nal, le pro­jet d’ins­tau­rer la peur au sein du gou­ver­ne­ment.

Sai­sis de l’en­quête, les po­li­ciers de la sû­re­té dé­par­te­men­tale du Vald’Oise ont ra­pi­de­ment iden­ti­fié et lo­ca­li­sé l’au­teur de l’ap­pel qui n’avait pris au­cune pro­tec­tion pour dis­si­mu­ler son iden­ti­té, avant de le pla­cer en garde à vue. En per­qui­si­tion, deux pis­to­lets à gaz et des billes en acier ont été sai­sis.

« Il res­sort du dossier qu’il n’a au­cune pro­pen­sion à la vio­lence, a plai­dé son avo­cate à l’au­dience. Il a été in­ter­pel­lé dans sa voi­ture. On n’y a re­trou­vé au­cune arme. » Quant au mes­sage de sa page Fa­ce­book, « c’est un co­pier-col­ler d’un mes­sage par­ta­gé », pré­cise-t-elle. « Il n’est res­té qu’une heure. Il l’a re­ti­ré de lui­même à la suite des ré­ac­tions qu’il avait pro­vo­qué. »

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