Les lé­gumes des an­ti-Eu­ro­paCi­ty bien­tôt fixés sur leur sort

La justice a été sai­sie pour de­man­der l’ar­rêt des cultures, non au­to­ri­sées, sur une par­celle du Tri­angle de Go­nesse. Après quatre ren­vois, l’au­dience a pu en­fin se te­nir mer­cre­di.

Le Parisien (Val d'Oise) - - VAL-D'OISE SARCELLES GARGES-LÈS-GONESSE PERSAN - PAR ANNE COL­LIN

LA CIN­QUIÈME fois fut la bonne. Le tri­bu­nal de grande ins­tance de Pon­toise a pu en­fin se pen­cher en dé­tail, mer­cre­di, sur l’af­faire — ren­voyée à quatre re­prises — op­po­sant le col­lec­tif pour le Tri­angle de Go­nesse (CPTG), hos­tile au pro­jet de complexe de com­merces et de loi­sirs Eu­ro­paCi­ty, et l’établissement public fon­cier d’Ile-de-France (Ep­fif).

En ef­fet, l’opé­ra­teur public a sai­si la justice en mars pour obli­ger le col­lec­tif à dé­bar­ras­ser de toutes plan­ta­tions une par­celle de 1 300 m2 lui ap­par­te­nant et sur la­quelle sur la­quelle le CPTG fait pous­ser di­vers lé­gumes de­puis plus d’un an et de­mi.

« C’est un dossier très po­li­tique. On parle de ra­dis et de ca­rottes, mais en fait c’est une cer­taine vi­sion du monde qui est à l’oeuvre. Ce­la a une por­tée émi­nem­ment sym­bo­lique », a as­su­ré maître Etienne Am­bro­sel­li, l’avo­cat du CPTG, lors de l’au­dience quelque peu re­tar­dée.

col­lec­tif a en ef­fet four­ni à la der­nière mi­nute à la juge des ré­fé­rés une liste de « se­meurs et se­meuses vo­lon­taires » cer­ti­fiant par écrit avoir eux-mêmes plan­té sur cette par­celle, qui ne se­rait donc pas le fait du CPTG, une per­sonne mo­rale, mais d’in­di­vi­dus concer­nés. Il s’agit de per­son­na­li­tés pu­bliques et po­li­tiques, proches du col­lec­tif, telles que l’écri­vaine Ma­rie Des­ple­chin, le conseiller ré­gio­nal d’Ile-de-France (EELV) Ju­lien Bayou, l’ex-mi­nistre de l’éco­lo­gie Del­phine Ba­tho ou en­core Alain Amé­dro, éco­lo­giste et an­cien membre du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’Ep­fif. « C’est l’oc­ca­sion de par­ler de ce qui nous amène ici : la dé­fense des terres agriLe coles, de l’ave­nir, du monde de de­main », a pour­sui­vi le con­seil du col­lec­tif de­vant une ving­taine de ses sou­tiens pré­sents dans la salle.

LA DÉ­CI­SION REN­VOYÉE

EN JAN­VIER

« Ce pro­cès n’est pas po­li­tique pour l’Ep­fif. Il l’est pour le CPTG, qui veut en faire une tribune qui n’est pas du res­sort du juge des ré­fé­rés », a ré­pon­du de son cô­té maître Cé­cile Uzan-Sel­lam, l’avo­cate de l’opé­ra­teur fon­cier, es­ti­mant que les ar­gu­ments de son confrère étaient hors su­jet. « Le débat sur le tri­angle, il a lieu dans les en­quêtes pu­bliques, lors des ju­ge­ments des dif­fé­rents re­cours. Mais au­jourd’hui, il n’a pas de rai­son d’être. Ce n’est pas une ma­ni­fes­ta­tion ci­toyenne, l’oc­cu­pa­tion de ces terres, mais une ma­ni­fes­ta­tion de force et de dé­nis de droit sur le ter­rain d’au­trui », a-t-elle pour­sui­vi.

Et de de­man­der au tri­bu­nal « un titre exé­cu­toire » en bonne et due forme. Mais les lé­gumes de­vront at­tendre un peu avant d’être fixés sur leur sort : la dé­ci­sion a été ren­voyée au 23 jan­vier pro­chain.

Pon­toise, mer­cre­di. Une tren­taine de per­sonnes étaient pré­sentes de­vant et dans le tri­bu­nal pour sou­te­nir le col­lec­tif pour le Tri­angle de Go­nesse.

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