A Vau­réal, le blo­cus pa­ci­fique des ly­céens se pour­suit

Le Parisien (Val d'Oise) - - VOTRE DÉPARTEMENT - PAR ANNE COL­LIN

«SANS HAINE, SANS VIO­LENCE,

sans arme. » Le slo­gan s’af­fi­chait en gros hier sur les grilles du ly­cée Ca­mille-Claudel de Vau­réal. Pour la troi­sième fois de la se­maine, l’établissement était l’ob­jet d’un nou­veau blo­cus pa­ci­fique des élèves. Mal­gré le froid, une cin­quan­taine d’entre eux, moins que la veille ce­pen­dant, s’est mo­bi­li­sée dès 7 heures de­vant les deux en­trées du ly­cée pour te­nir le pa­vé et as­su­rer la mo­bi­li­sa­tion, dans une am­biance bon en­fant. « C’est très bien or­ga­ni­sé », confirme une en­sei­gnante veillant dis­crè­te­ment à ce que tout conti­nue ain­si.

« Il y a moins de 30 ly­céens à l’in­té­rieur, c’est pas mal sur un ba­hut de plus de 1 200 élèves. Les per­son­nels, eux, on les laisse pas­ser », se ré­jouit une par­ti­ci­pante, qui ad­met ce­pen­dant que le blo­cage ne fait pas l’una­ni­mi­té. « Cer­tains ne com­prennent pas ou ne se pré­oc­cupent pas et sont ren­trés chez eux », souffle un de ses ca­ma­rades. « On tient à ce qui n’y ait au­cune vio­lence », as­sure-t-elle de­vant les bar­rières ins­tal­lées pour l’oc­ca­sion. « On veut bien mon­trer qu’on n’est pas là pour brû­ler des pou­belles. C’est im­por­tant ce­la fait mieux pas­ser nos re­ven­di­ca­tions », pour­suit Zoé.

UNE TREN­TAINE D’ÉTA­BLIS­SE­MENTS IM­PAC­TÉS HIER

Et pour les élèves pré­sents, elles sont nom­breuses : « Par­cour­sup, la nou­velle ré­forme du bac et du ly­cée mais aus­si le ser­vice na­tio­nal uni­ver­sel (SNU) », sou­ligne Théa, l’une des porte-pa­role de la mo­bi­li­sa­tion. Gi­let jaune sur le dos, elle re­ven­dique comme d’autres son sou­tien au mou­ve­ment lan­cé par ses aî­nés « Ça nous concerne aus­si car la baisse du pou­voir d’achat, on la constate tous les jours dans nos fa­milles. Nos pa­rents doivent tout cal­cu­ler tout le temps. On mange très sou­vent des pâtes », sou­ligne cette ter­mi­nale L.

« Le gi­let jaune, c’est de­ve­nu la cou­leur de la ré­volte, ajoute Ca­pu­cine, élève de 1re S. Oui, tout ne date pas d’au­jourd’hui, mais c’est le fruit d’une ac­cu­mu­la­tion, les gens en ont marre d’être pris pour des cons. Et nous, fu­tures gé­né­ra­tions, nous sommes in­quiets pour l’ave­nir. »

Hier, « une tren­taine de ly­cées au to­tal ont été im­pac­tés par les mou­ve­ments ly­céens à des de­grés très dif­fé­rents, par­fois de fa­çon très fur­tive », in­dique l’ins­pec­tion aca­dé­mique du Val-d’Oise, qui main­tien­dra lun­di sa cel­lule de crise mise en place de­puis plu­sieurs jours. Et si des dé­bor­de­ments ont été dé­plo­rés de­vant quelques ly­cées, d’autres éta­blis­se­ments ont vu la ten­sion re­des­cendre quelque peu. Au ly­cée Ro­main-Rol­land de Gous­sain­ville, cette fois-ci, le ras­sem­ble­ment, qui a réuni plu­sieurs cen­taines de ly­céens, s’est dé­rou­lé sous sur­veillance des forces de l’ordre mais sans sou­ci. « Quelques jeunes ont es­sayé de brû­ler une pou­belle mais en ont été vite dis­sua­dés par les autres », se ré­jouissent des pa­rents pré­sents sur place. Le blo­cus a été le­vé vers 11 h 20. De­vant le ly­cée Jac­quesP­ré­vert de Taverny éga­le­ment, la mo­bi­li­sa­tion a conti­nué dans une am­biance fes­tive mal­gré les in­ter­pel­la­tions de dé­but de se­maine. Vers 10 h 30, la plu­part des ly­céens avaient ain­si re­joint les salles de classe dans le calme.

Vau­réal, hier. Des blo­cages du ly­cée Ca­mille-Claudel ont été réa­li­sés lun­di, jeu­di et hier. LP/A.C.

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